Galoper sur la plage… C’est le rêve de beaucoup de cavaliers.
Les cheveux au vent, l’horizon comme seule limite, la vitesse, la beauté de l’eau et du sable, l’odeur marine…
Alors dans cet article j’ai essayé de vous récapituler les conseils pour profiter à fond de ce moment en toute sécurité.
La plage est-elle autorisée aux cavaliers et aux chevaux ?
Malheureusement, toutes les plages ne sont pas autorisées aux chevaux. Avant de prévoir votre promenade à la plage avec votre poney, votre hongre ou votre jument, il va donc falloir faire une petite recherche administrative pour savoir si la plage que vous visez accepte bien les chevaux. Pour avoir les infos vous avez plusieurs solutions :
contacter la mairie pour poser la question ou votre comité départemental de tourisme équestre
faire un repérage sur la plage pour voir s’il y a des panneaux qui indiquent ce qui est autorisé / ce qui ne l’est pas.
J’en parle plus précisément dans cet article si vous voulez en savoir plus.
L’échauffement et le temps de récupération
Avant le galop
C’est logique, mais mieux vaut en parler quand même. Tout comme on ne se lance pas dans un sprint sans échauffement, on ne va pas galoper sur la plage tout de suite. La meilleure façon de s’échauffer pour le cheval reste de parcourir la plage au pas pendant un moment. Pourquoi pas aussi se lancer dans un petit trot. Bref, on commence en douceur et cela permet en plus de repérer la plage pour votre monture et pour vous.
Après le galop
C’est le moment de reprendre son souffle avec un pas dynamique pour que notre cheval récupère (et nous aussi).
Faut-il prévoir des protections pour les membres des chevaux ?
Cloches, protège boulets, guêtres. ce sont des protections qui ont pour objectif d’éviter les blessures.
Mais à la plage elles seront contre-productives : le sable et le sel risquent de créer des frottements et donc des blessures.
Les bons endroits où galoper sur la plage
Commencer par prendre ses marques
Comme la forêt ou la campagne, la plage comporte quelques dangers spécifiques :
des rochers
des trous (trous d’eau, trous du sable tout simplement)
différents types de sols (sable sec qui s’enfonce sur lequel il ne faut pas galoper, sable trop mouillé qui s’enfonce)
la présence de cerfs volants, de bateaux, des objets auxquels les chevaux ne sont pas forcément habitués.
L’objectif va donc être de faire un repérage. L’idéal c’est de commencer votre balade au pas dans un sens en inspectant les endroits où le sol est ok pour galoper. Comme ça vous êtes sûr du terrain.
Galoper sur la plage : une plage déserte
D’accord on n’est pas Robinson Crusoe ou Alec Ramsay dans L’étalon noir mais une plage sans personne c’est quand même beaucoup mieux, surtout si vous avez envie d’un galop.
Avant de galoper sur la plage, faites un check autour de vous et à l’horizon : le terrain est-il dégagé pour galoper sur la plage ? L’idée est de ne pas se retrouver soudainement avec un promeneur sur votre chemin et un freinage d’urgence à faire. Vous pourriez faire peur et vous faire peur.
Pour cette raison, l’automne et l’hiver sont des saisons parfaites pour aller galoper sur la plage parce que vous aurez beaucoup moins de monde sur la plage.
On peut jouer aussi sur les horaires décalées avec des balades par exemple tôt le matin, au moment où la plage est encore presque vide.
Les horaires des marées
En Méditerranée, pas besoin de regarder mais sur la côte atlantique par exemple vous devez vous renseigner sur les marées. Exemple : vous arrivez et la plage est à marée haute. Votre galop sur la plage sera pour une autre jour car pas question de galoper sur du sable sec sur lequel on s’enfonce dangereusement pour les membres des chevaux. Donc le mieux est de se procurer un horaire des marées. Quand j’étais petite on le regardait pour savoir quand aller à la plage pêcher des crevettes sur la digue. Pour nos grands galops sur la plage, le mieux est de parier sur une fin de marée descendante : on aura un maximum de choix sur les différents types de sable sans avoir les parfois brusques remontées quand la marée commence à monter.
Sur quel sable galoper sur la plage ?
Globalement, on s’approche de la mer. Le sable sec sur laquelle l’eau n’arrive jamais n’est pas conseillé pour les membres des chevaux (risque de chute, de tendinite). Rien qu’au pas on voit que ce n’est pas confortable pour le cheval et on a qu’une envie c’est de se rapprocher de l’eau. Sur le sable mouillé, il suffit de regarder si le cheval s’enfonce ou non. Si le sol parait dur et humide, c’est le mieux pour galoper.
Promenade à cheval : galoper dans l’eau ?
Ma seule chute en extérieur (enfin je crois) a été sur la plage. Plus précisément dans l’eau. J’avais une quinzaine d’années et notre monitrice nous avait emmenés en balade à la plage. C’était en Irlande. Les chevaux étaient les pieds dans l’eau, on s’est lancé dans un galop.
Quand j’ai vu les chevaux devant moi s’écrouler et que le mien s’est effondré à son tour j’ai eu la sensation que tout était normal, que tout était prévu. Mais ça ne l’était pas du tout. On venait de galoper dans une mer avec de grands trous d’eau. Résultat : une dizaine de cavaliers à l’eau et des chevaux qui ont regagné la plage plus vite que nous et se sont enfuis trempés dans le golf d’à coté. Le temps de s’extirper de l’eau (nager tout habillé c’est compliqué) on a pu en rattraper quelques uns qui s’étaient arrêtés sur la plage et nous attendaient sagement, un peu étonnés de ce qui venait de se passer. Pas trop de bobos au final mais un passage aux urgences irlandaises pour certains quand même dont moi parce que dans l’eau je me suis reçue un coup de sabot au genou et que je ne peux plus poser le pied par terre. Après coup il a été dit que cette plage était dangereuse pour la baignade en raison de ses nombreux trous d’eau. Notre monitrice, française, ne connaissait pas la plage. A la nuit tombée, les chevaux avaient tous été récupérés. Alors galoper dans l’eau c’est sûr que c’est une sensation magnifique mais tout peut basculer d’un coup. Quand on galope quelque part on aime connaître le chemin. On aime voir le chemin. Le problème dans l’eau c’est qu’on ne voit rien. Un rocher peut être là, sous l’eau et peu visible. Quant aux courants ils sont très forts par endroits mais complètement invisibles : on ne les remarque pas (je pense aux baïnes de l’atlantique par exemple). L’autre problème c’est que sous l’eau ça bouge, ça évolue, un trou peut se former au gré des changements de courant alors un endroit sans danger peut devenir un endroit dangereux une semaine plus tard.
Bref, le galop dans l’eau demande une réelle expertise et connaissance de la plage sur laquelle vous êtes et de mon côté je préfère largement galoper au bord de l’eau et mettre les sabots dans l’eau mais au pas.
Et en parlant d’eau vous avez aussi la baignade à cheval (voulue cette fois !) qui est possible. Pour tout savoir sur la balade baignade, vous pouvez consulter cet article.
Ne pas avoir peur de la vitesse mais la contrôler : le grand galop sur la plage
La vitesse c’est grisant mais ça peut aussi être effrayant. Pour vous rassurer, dites vous qu’un cheval lancé à pleine vitesse ne rue pas. Il est concentré sur la vitesse, l’encolure allongée vers l’avant. Oui mais est-ce que j’arriverai à l’arrêter une fois qu’il sera lancé à pleine vitesse ? Si vous n’êtes pas sûr de votre réponse à cette question, il vaut sans doute mieux travailler encore le galop dans des situations plus simples et à vitesse moindre.
Quand vous vous sentirez prêt ce sera le moment, et dites-vous pour vous rassurer qu’après un grand galop, votre cheval va être un peu fatigué, peut-être même ralentira-t-il de lui-même.
Pensez aussi à des scénarios pour l’arrêter :
lui parler, utiliser vos aides habituelles
se servir du terrain : faire un cercle sur la plage c’est beaucoup plus facile que faire un cercle dans la forêt
amorcer un ralentissement en vous aidant du bord de l’eau qui le fera ralentir (mais restez près du bord, là où vous avez la visibilité).
Évidemment, on garde en tête que quelque soit l’endroit où l’on est, il faut pouvoir contrôler sa vitesse.
Si vous vous lancez plein galop c’est parce que vous voulez aller plein galop (et votre cheval aussi) et non pas parce que seul votre cheval l’a décidé.
Et enfin, un galop sur la plage lancé à pleine vitesse, plein gaz, plein pot, ça fait un bien fou au cheval et au cavalier. Voilà, c’est le fameux grand galop sur la plage qu’on adore mais qu’on redoute parfois aussi. Mes meilleurs souvenirs sont en Camargue, à Djerba et aussi à Lombock pour les galops sur la plage. On profite mais il faut aussi avoir des yeux partout pour ralentir de suite si vous vous trouvez face à un obstacle, un danger ou si vous voyez que vous avez un promeneur qui se rapproche.
Galoper sur la plage : la position en équilibre
C’est la position la plus confortable je trouve pour galoper sur la plage (et de manière générale en pleine nature). Ce sont souvent des galops assez rapides, alors le fait d’être en équilibre, légèrement en appui sur ses pieds, les mains proches de l’encolure et les rênes ajustées permet de ne pas gêner le cheval. On peut être surpris la première fois mais si vous vous mettez derrière un autre cheval vous risquez de vous retrouver avec du sable dans les yeux. Quelques solutions pour remédier à ça :
de plus grandes distances
galoper plutôt en décalé c’est à dire en se mettant à droite ou à gauche du cheval de devant
venir avec des lunettes de soleil par exemple.
Galoper sur la plage : à l’écoute de son cheval
Le galop sur la plage, le grand galop sur la plage est une expérience magique. Profitez tout en étant en sécurité.
Si vous êtes accompagné, écoutez bien votre guide. Si vous y allez seul ou avec d’autres cavaliers, assurez-vous d’abord de bien connaître vos chevaux et que vos chevaux connaissent déjà les lieux.
Y aller en douceur, tranquillement, en prenant son temps, c’est l’une des choses les plus importantes à cheval.
Si vous voyez déjà qu’au pas votre cheval n’est pas très confiant il faudra peut-être simplement galoper une prochaine fois. La mer peut l’intriguer, le sable aussi et le mouvement des vagues : il n’avait jamais vu ça avant, il entend de nouveaux bruits, de nouveaux sons. Bref, allez-y progressivement, c’est le meilleur moyen de parvenir à vos objectifs. Normalement, chevaux et poneys adorent ce moment.
Au retour de plage, la douche
Après un galop sur la plage, on est plein de sel, plein de sable. Notre dada aussi. On a tous cette sensation de retour de plage après une bonne journée de vacances : on est collant, on a du sable partout, la peau un peu tendue et craquelée par le soleil et le sel. Bref, on rêve d’une bonne douche. Et ça fera aussi le plus grand bien à notre cheval pour enlever le sable et le sel et éviter les irritations. De retour à l’écurie, la ferme équestre, le centre équestre ou le poney-club, direction la douche.
A vos commentaires ! Où recommandez-vous de galoper sur la plage ? Si vous avez des bonnes adresses, mettez-les ci-dessous :-).
Aujourd’hui, on va parler galop et débutant en répondant à quelques questions que les cavaliers débutants peuvent se poser sur cette allure en balade et on va voir qu’apprendre à galoper en balade, c’est possible.
Puis-je galoper en promenade si je suis débutant ?
La réponse n’est pas tranchée : c’est parfois oui, parfois non. Si c’est vraiment votre première balade, la première de toute votre vie, il serait étonnant que votre guide vous propose de galoper. L’idéal est d’avoir fait déjà quelques sorties (je dirais 3 ou 4) pour s’être habitué au rythme du cheval au pas, avoir saisi à peu près la technique du trot enlevé, savoir diriger un minimum le cheval et savoir le ralentir. C’est en tout cas mon avis, certains cavaliers en auront peut-être un autre, il faut de tout pour faire un monde et c’est bien normal.
Quel est le meilleur endroit pour un premier galop ?
La réponse, c’est en fait le guide qui va vous la donner.
Souvent, les accompagnateurs aiment bien choisir un chemin bien encadré à droite et à gauche (haies, buissons, arbres) pour réduire les risques de souci de direction ou de perte de contrôle. En comparaison avec un champ par exemple, où le cheval même s’il est très cool et gentil peut avoir des envies subites de faire la course avec les copains et donc de se placer à coté du copain (voire devant pour carrément le doubler) plutôt que sagement derrière. Et ils choisissent pour vous un cheval calme, gentil, déjà habitué à faire ce type d’exercices, qui sait rester à sa place derrière le cheval de tête tout en gardant une distance de sécurité. Attention néanmoins, il faudra tout de même être prêt à ralentir le cheval si vous voyez qu’il se rapproche trop près des fesses du copain devant.
Apprendre à galoper, oui, mais avez-vous envie de galoper ?
Vous seul avez la réponse et c’est une question à vous poser.
Si vous n’avez pas envie, mieux vaut attendre la fois suivante : le cheval sent l’état d’esprit de son cavalier et un cavalier contracté et peu confiant ne va pas le rassurer. En plus, le premier galop est un grand moment alors mieux vaut le faire quand on se sent prêt, pour profiter vraiment de l’expérience. Normalement, en extérieur, on s’adapte systématiquement à la personne du groupe qui a le moins d’expérience, ça évite pas mal de peurs et de mésaventures. Et soyez rassuré, les accompagnateurs prévoient des balades par niveau, donc si vous êtes un grand débutant, vous serez avec d’autres grands débutants.
Pendant les années passées à Rambouillet, je suis beaucoup partie en balade avec des amis qui débutaient à cheval. Il y en a avec qui on a fait un petit galop. Il y en a avec qui on est juste resté au pas. Il y en a d’autres avec qui on a fait un petit trot. Je faisais confiance aux chevaux car Cheval Nature donnait les chevaux du bon niveau pour chaque cavalier, c’était plutôt par rapport au cavalier, à son envie et à ce qu’il avait déjà compris à cheval ou non.
C’est comment de faire ses premiers galops en extérieur ?
Quelques avantages à faire ses premiers galops en balade :
le cheval devant le votre donne le rythme du galop, attention juste à garder la distance d’un cheval imaginaire entre vous et le cheval devant
pas de problème de direction non plus puisque le cheval suit le cheval devant
le guide peut choisir comme terrain de galop un chemin qui monte un peu ce qui va aider le cheval à avoir un rythme plus cool
le concept de partir au galop à main droite ou à main gauche n’est pas utile, que votre cheval parte à main gauche ou à main droite revient au même puisqu’on galope en ligne droite (ce qui n’est pas le cas en carrière ou en manège).
Pourquoi il peut être plus compliqué de faire ses premiers galops en extérieur :
le terrain ne sera pas parfait, on n’est pas à l’abri d’une petite descente, d’un obstacle à contourner et cela peut déséquilibrer un cavalier débutant (ou confirmé d’ailleurs)
même si le cheval devant vous donne le rythme, il faut réussir à ralentir son cheval pour maintenir une distance de sécurité d’environ un cheval pour éviter par exemple un potentiel coup de pied
les premiers départs au galop sont souvent plus faciles en carrière et en manège où on apprend à partir au galop dans un tournant pour aider le cheval à faire sa première foulée.
Quelque soit l’endroit où vous serez, apprendre à galoper est un moment magique. Profitez du moment et essayez d’être le plus zen et détendu possible.
Voici une petite vidéo pour se rendre compte de l’allure du galop sur un petit chemin de campagne :
Apprendre à galoper : comment on part au galop ?
Je vais vous donner ici les aides classiques du départ au galop mais écoutez surtout votre guide le jour J car il a peut-être un fonctionnement particulier avec ses chevaux. Le dressage du cheval peut varier : par exemple, un cheval dressé en mode western a des codes spécifiques pour partir au galop, qui ne sont pas les codes dont je vais parler ci-dessous.
Quand on débute en équitation, forcément, les premiers départs au galop que l’on va faire ne seront pas très précis, assez souvent le cheval, la jument ou le poney va en fait accélérer en suivant le cheval de devant et il « tombera » en quelque sorte dans le galop sans trop d’équilibre. Ce n’est pas grave, c’est le début.
Le plus important à comprendre au début c’est le rôle des jambes pour demander un départ au galop sans que le cheval accélère le trot :
une jambe un peu reculée,
l’autre jambe à la sangle pour l’impulsion.
Si vous décidez de reculer votre jambe gauche, vous allez vraisemblablement partir au galop à droite.
Si vous décidez de reculer votre jambe droite, vous allez vraisemblablement partir au galop à gauche.
Retenez donc qu’il y a deux types de galop : le galop à gauche et le galop à droite.
Quant à vos mains pour l’instant, essayez juste d’accompagner le mouvement de l’encolure du cheval avec fluidité, sans changer la longueur de vos rênes entre le trot et le galop. Apprendre à galoper c’est aussi apprendre à se décontracter et à suivre le mouvement du galop.
Pour avoir l’ensemble des aides du départ au galop, vous pouvez consulter cet article où je parle aussi des mains et de l’assiette du cavalier.
L’assiette du cavalier ce n’est pas l’assiette qu’il a prévu pour son picnic (même si on adore s’arrêter pour manger) mais c’est la recherche de maitrise de son propre équilibre à cheval, un équilibre qui ne doit pas gêner le cheval mais plutôt accompagner ses mouvements. L’objectif est que chacun se sente bien : le cavalier comme le cheval.
Une fois qu’on est parti au galop, le cheval va trouver sa cadence en s’adaptant à la vitesse du cheval de devant. On appelle cela des foulées. De votre coté, vérifiez juste qu’il ne colle pas le cheval devant lui (il faut laisser au minimum un cheval imaginaire de distance, voire un peu plus au galop) et reste dans la bonne trajectoire.
Galop cheval débutant : quelques astuces pour être plus à l’aise
Voici trois astuces qui je trouve fonctionnent bien :
essayer de se mettre au galop en équilibre (on a les fesses un petit peu au-dessus de la selle), c’est tellement plus confortable pour le cavalier et le cheval
tenir la crinière peut rassurer et éviter de tirer sur les rênes (ce qui veut dire tirer sur le mors et donc tirer sur la bouche du cheval), ça permet de poser les mains
penser au moment de la transition galop trot car c’est en fait le moment le plus déséquilibrant, ne pas hésiter donc à continuer de tenir la crinière un peu plus longtemps et essayer de se redresser (les transitions sont les changements de vitesse et d’allure).
Un conseil serait aussi de penser à fermer la bouche ! Il m’est arrivée une fois, en plein galop, d’avoir une petite bête qui m’a piquée la langue, heureusement ce n’était pas une abeille mais j’ai eu mal pendant plusieurs minutes. J’ai aussi dégusté un peu de terre et de sable certaines fois.
Et le dernier conseil enfin, c’est de profiter ! Le galop est une allure enivrante. Galoper en extérieur est une sensation vraiment à part, un mélange de liberté et de vitesse, c’est grisant. Bref, vous allez adorer.
N’hésitez pas à raconter en commentaire comment s’est passé votre premier galop en promenade à cheval.
Dans un manège ou une carrière, la question du départ au galop sur le bon pied est assez simple à régler :
si on est à main droite, le cheval doit partir sur le pied droit,
si on est à main gauche, le cheval part sur le pied gauche.
Au galop à droite, l’épaule droite du cheval s’avance plus. Au galop à gauche, c’est l’épaule gauche qui s’avance davantage. On est donc sur une allure asymétrique, (ça va être important pour la suite).
Oui mais voilà, comment faire en promenade puisqu’on est en ligne droite ? Il n’y a pas de “on est à main gauche” ou “on est à main droite”. Pas de barrière de carrière ou de mur de manège. Alors faut-il partir au galop à droite ? Faut-il partir à gauche ?
La définition du galop
Pour répondre à la question, on va commencer par une immersion dans l’allure du galop.
Qui dit immersion dit définition. Le galop est donc une allure asymétrique mais c’est aussi une allure naturelle basculée à trois temps suivie d’une phase de suspension (les 4 membres sont en l’air en même temps, d’où cette sensation de s’envoler pour le cavalier et plus encore quand il s’agit de sauter un obstacle au galop). Le mieux pour voir le mouvement : une vidéo de chevaux au galop dans leur pré !
Quand on est en manège ou en carrière, on parle aussi de galoper à juste : c’est un équivalent de galoper sur le bon pied. Quand on est sur le mauvais pied on dit qu’on galope à faux. Un exemple de galop à faux : à main droite, c’est l’épaule gauche qui s’avance plus que l’épaule droite.
Pour plus d’infos sur les allures naturelles des chevaux, je vous conseille cet article.
Les aides du départ au galop
Assez rapidement à cheval, on apprend les aides du départ au galop pour partir au galop par prise d’équilibre et non en accélérant la vitesse du trot pour tomber dans le galop. Voici les aides :
reculer la jambe extérieure
avoir la jambe intérieure à la sangle (c’est la jambe de l’impulsion)
avoir un léger contact avec la rêne intérieure
avoir un contact un peu plus poussé avec la rêne extérieure
laisser aller le bassin au mouvement en avant
ouvrir un peu les doigts sur les rênes.
À la bonne place, les deux jambes agissent en même temps, et c’est le départ au galop.
Vous avez vu, il y a une aide dont je n’ai pas parlé : c’est la voix.
En carrière et en manège, le cavalier l’utilise assez peu. il ne dit pas « galop » à son cheval, sa jument ou son poney. Le moniteur peut le dire, il peut faire aussi ce petit bruit de langue pour pousser l’impulsion quand vraiment le cheval et le cavalier ont besoin d’aide pour passer à l’allure supérieure. Mais globalement le cavalier, lui n’utilise pas la voix. En extérieur, la voix est une aide beaucoup plus utilisée, et le simple mot « galop » peut donner des ailes à votre cheval si vous l’utilisez à chaque départ. Par contre, ce sont les autres aides, notamment les jambes, qui vont dicter au cheval sur quel pied partir.
Comment savoir qu’on galope sur le bon pied ?
On peut baisser un peu le regard, l’histoire d’une seconde, sans modifier son équilibre pour regarder si l’épaule intérieure du cheval avance plus que son épaule extérieure. Si la réponse est oui alors c’est qu’on galope sur le bon pied. Pourquoi est-ce qu’il faut que le mouvement soit très léger : tout simplement pour ne pas déséquilibrer le cheval.
Le réflexe du cavalier
En général, le cavalier, en extérieur, va demander le départ au galop qui est pour lui le plus simple, et c’est souvent le côté qui est le plus facile pour le cheval. Je m’en rends très bien compte avec Oural : instinctivement je lui demanderai toujours un départ au galop à gauche (je vais donc reculer ma jambe droite). Si on ne réfléchit pas à la question, on risque donc, de manière spontanée, de demander toujours le départ au galop sur le même pied.
Pourquoi il est important de galoper à droite et à gauche en extérieur ?
Le galop est une allure qui va muscler le cheval et l’assouplir, faire travailler certains muscles plus que d’autres. Le problème c’est que si on demande toujours des départs au galop du même côté, le cheval ne va pas se muscler de façon symétrique. De la même manière, la souplesse ne sera travaillée que d’un seul côté.
C’est donc au cavalier de penser, avant de préparer ses aides pour un départ au galop, à quel côté n’a pas encore été fait ou est moins travaillé.
Et c’est d’ailleurs exactement la même chose qu’il se passe pour le trot enlevé.
Bref, en extérieur, il est donc tout aussi important de savoir galoper à droite et à gauche, de savoir demander le départ au galop à gauche et le départ au galop à droite pour pouvoir muscler son cheval de façon symétrique.
Galoper sur le bon pied en balade c’est galoper un coup à droite et l’autre fois à gauche
Techniquement, en ligne droite, on ne sera donc pas à faux en balade puisqu’il n’y a pas de mur de manège ou de barrière de carrière pour nous indiquer à quelle main on est. Par contre la bonne pratique est d’essayer de varier les demandes au galop à main gauche et à main droite pour que le cheval puisse se muscler de façon symétrique. C’est comme ça qu’on répond à l’asymétrie de cette allure.
De manière générale, comme la plupart des cavaliers sont droitiers, les chevaux de balade et de randonnée sont plus habitués à galoper à gauche. Après, comme toujours, l’idée est de s’adapter au cheval : si votre cheval a plus de mal à partir au galop à main gauche, il peut être intéressant, en balade, de demander des départs au galop à gauche pour travailler ça.
Le galop en promenade à cheval est un moment magique mais certaines fois il peut devenir un cauchemar, notamment quand le cheval embarque en balade.
Stress, sueurs froides, peur de ne pas réussir à arrêter sa monture qui fait souvent dans les 500 kilos…
L’objectif de cet article va être double : réfléchir aux raisons pour lesquelles un cheval embarque et lister un panel de solutions qui puisse être comme une boite à outils pour le cavalier dans laquelle piocher pour éviter la situation et pour la gérer quand il est trop tard.
Mon cheval embarque : qu’est-ce que ça veut dire exactement ?
Il existe quelques synonymes du cheval qui embarque : on dit aussi qu’un cheval s’emballe ou qu’il prend la main. Le cheval qui embarque décide de partir soudainement et violemment au galop en prenant appui sur le mors, sur la main.
Pour le cavalier et le cheval, c’est donc une situation dangereuse, d’autant qu’en extérieur on ne sait pas sur quoi ou qui on va tomber lancé à pleine vitesse.
Mon cheval embarque en balade : plusieurs explications possibles
Avant de trouver des solutions, la première chose à faire est d’essayer de comprendre pourquoi le cheval embarque. Il y peut y avoir plusieurs raisons :
une douleur physique (problème avec la selle ou le filet, problème physique non causé par le matériel mais qui cause des douleurs aux dents, au dos, énervement à cause des rênes trop ajustées, mouches et taons qui l’asticotent ou le piquent, etc.)
la peur alors votre cheval prend tout simplement la fuite aussi vite que possible en répondant à son instinct de survie et à sa place de proie dans la nature (exemple : il a peur des voitures)
un problème d’équilibre du cheval (qui tentera alors d’accélerer pour essayer de se rééquilibrer par une fuite en avant)
une grande énergie et l’envie de se défouler, de galoper vite
une grande envie de rentrer à l’écurie pour se retrouver en terrain connu et retrouver les autres chevaux avec lesquels il vit
une alimentation trop riche par rapport à son travail quotidien
le froid.
Un cheval qui embarque, c’est donc un cheval qui fait jouer un mécanisme de protection, ou qui matérialise la joie d’aller vite, ou qui tente de régler un problème par lui-même. Les possibilités sont nombreuses, la première chose va être pour le cavalier de poser un diagnostic pour comprendre pourquoi il perd littéralement le contrôle de son cheval, de sa jument ou de son poney. Pas besoin de sortir votre stéthoscope et d’enfiler la blouse blanche, mais par contre une réflexion s’impose pour essayer de comprendre pourquoi le cheval réagit de cette façon. En comprenant pourquoi le cheval prend la main, on va pouvoir trouver la ou les bonnes solutions pour mettre fin à ce comportement dangereux.
Je mets toutes les chances de mon côté pour ne pas me faire embarquer
Et si l’alimentation était trop riche ?
Pas évident de savoir quelle est l’alimentation idéale pour un cheval. Cela va dépendre de son environnement, de son âge, du nombre de ses sorties, etc. N’hésitez pas à demander conseil aux personnes de l’écurie car si une alimentation trop riche peut exciter, une alimentation insuffisante est aussi un problème. Un exemple tout simple : un cheval monté une fois par semaine pour une balade n’a pas besoin de granulés. Au foin ou à l’herbe, avec quelques carottes ou pommes que lui donne son cavalier, il ira très bien.
L’état de santé du cheval
Avant toute balade, il y a ce fameux moment du pansage à l’écurie ou au centre équestre. Un moment important pour énormément de raisons : il permet par exemple de faire connaissance avec son cheval mais aussi de vérifier que le cheval n’a pas de bobo ou de gêne particulière. On ne brosse pas son poney ou sa jument pour le faire beau (ce n’est pas en tout cas l’objectif premier), c’est plutôt pour être à l’affût du moindre bobo. Les deux sont quand même liés : un cheval avec des plaques de boue séchées nécessitera par exemple un cavalier qui nettoie ces fameuses plaques pour éviter de mauvais frottements avec le tapis. Et en prime, le cheval sera tout propre.
Le dos, le passage de sangle, le garrot, les membres, la tête, on essaie de faire attention à toutes ces parties du corps qui vont être au contact du matériel.
Ne pas oublier non plus de regarder la peau du cheval à l’endroit du licol car c’est aussi à cet endroit qu’il y aura plus tard le filet. L’objectif est d’éviter notamment tout frottement.
Enquêter du côté du médical si le cheval embarque
Cela fait plusieurs fois que le cheval ou le poney embarque, et cela fait peut-être un moment qu’il n’a pas vu l’ostéopathe ou le dentiste. On peut penser au vétérinaire aussi si on soupçonne un problème plus profond, ou au maréchal si on suspecte un problème lié aux pieds. Et si, en effet, embarquer était la réponse à une douleur ? Ou le moyen de montrer une douleur ?
Quelle est l’histoire de mon cheval ? Et son éducation ?
C’est une question intéressante à se poser : quelle est l’histoire du cheval ? Quelle a été son éducation ? Comment s’est passé le travail à pied ? Les premières balades en extérieur ? Les suivantes ?
Le passé du cheval peut nous dire beaucoup de son présent, un peu comme pour nous finalement.
C’est en connaissant le passé qu’on va pouvoir comprendre le présent et construire le futur du cheval.
Le matériel du cheval
Un matériel inadapté peut provoquer des douleurs. Le cheval peut vouloir tenter de faire passer ou diminuer la douleur en accélérant. Pour avoir un cheval bien dans sa tête, bien dans son corps, il faut un matériel qui lui soit adapté, qui ne lui fasse pas mal. Ce peut donc être une piste à creuser.
Réfléchir à son choix de balade
L’endroit où on galope en balade est crucial. J’en parle longuement dans cet article. Dans notre réflexion sur le cheval qui embarque, il va falloir prendre garde à ne pas galoper dans des endroits où le cheval risque de s’exciter, principalement sur le chemin du retour. Au galop à l’aller, les chevaux sont souvent beaucoup plus tranquilles parce qu’ils ne savent pas encore combien de temps la promenade va durer et qu’ils savent qu’ils ne sont pas encore sur le chemin du retour pour retrouver les copains. C’est le meilleur moment pour envisager un galop. La deuxième règle à suivre c’est de ne pas galoper toujours au même endroit. Galoper toujours sur le même sentier, il n’y a rien de mieux pour exciter les juments, chevaux et poneys qui vont avoir envie de partir de façon systématique plein gaz. Dans ses balades il faut donc essayer de trouver différents endroits ou galoper, et ne pas toujours y galoper. La troisième règle, si on sent son cheval chaud, c’est de parier sur le trotting si le terrain le permet. Dans cette allure plus soutenue, le cheval va se détendre au fur et à mesure tout en utilisant son énergie.
Une balade à cheval a de nombreux paramètres et voici une autre question à se poser : quand est-ce que mon cheval embarque ? Quand je me balade seul avec lui ? Quand je me balade en groupe ? Si quand vous vous baladez seul avec votre cheval tout va bien mais qu’il embarque quand vous sortez à plusieurs chevaux/cavaliers, je vous conseille de lire aussi cet article.
Travailler l’équilibre du cheval
Pour éviter de se faire prendre la main par son cheval et de perdre le contrôle, une bonne solution pour travailler en amont, est de travailler sur les transitions, notamment les transitions descendantes : du galop au trot, du trot au pas, et du pas à l’arrêt. Ainsi le cheval apprend à reporter son poids sur l’arrière-main. Les déplacements latéraux, qu’on travaille beaucoup en équitation classique sont aussi une bonne idée puisqu’ils vont permettre au cheval de travailler son équilibre.
Détendre son cheval en carrière, en manège ou dans le rond de longe
Vous sentez que votre cheval est bouillant d’énergie ce matin, pourquoi ne pas le laisser se défouler une demi-heure dans le rond de longe ou faire une demi heure de carrière pour commencer à faire quelques allures en terrain connu ? Cette astuce est encore plus intéressante l’hiver, quand il fait froid, et que le cheval qui peut avoir un peu froid aussi a envie de se réchauffer en avançant. Il sera ensuite beaucoup plus calme pendant la promenade.
Je me souviens d’un prof de poney que j’avais quand j’étais petite, je devais avoir 8 ans. Les matins d’hiver, avant de nous donner les poneys à brosser et à préparer, il les mettait une demi-heure dans le manège pour qu’ils puissent “péter un coup” et être plus calmes ensuite. Il faut dire que les poneys sortaient d’une nuit au boxe, clairement pas l’idéal pour un animal à 4 pattes.
D’ailleurs, c’est vrai qu’un cheval au pré ou dans un paddock un peu grand a la liberté de se défouler quand il le souhaite, contrairement à un cheval en boxe. Avoir son cheval qui vit dans un grand espace peut être aussi un atout dans cette recherche de ne pas se faire embarquer.
Rester zen et travailler la confiance du cheval en son cavalier
C’est un leitmotiv dans pas mal de mes articles, je m’en rends compte. Pour moi, il est essentiel qu’en tant que cavalier on garde son calme et on soit détendu. Le cheval est une éponge, il ressent nos émotions, y compris la peur, le stress. L’objectif du cavalier, c’est donc d’essayer de garder son calme, quoiqu’il arrive. Sauf que… ça ne marche pas tout le temps… Et je l’expérimente de temps en temps sur Oural, notamment quand je me retrouve surprise par quelque chose en promenade. Souvent c’est un chien qui apparait de nulle part en aboyant. Ma réponse c’est la surprise, un éclair de stress. Et c’est systématique, Oural sursaute, on sursaute en même temps. On a notre petit stress en même temps, qui passe assez vite avec des caresses, la voix pour rassurer et le fait qu’on continue notre balade comme si de rien n’était. Bref, ce n’est pas facile, mais il faut essayer d’être calme, serein et détendu à cheval, de montrer au cheval que même devant un potentiel danger on garde son calme. L’objectif c’est aussi que le cheval fasse confiance à son cavalier et se sente en sécurité avec lui. C’est donc un véritable travail de fond, sur la durée, mais qui va être payant et tellement magique une fois installé.
Galoper derrière un cheval calme si votre cheval embarque
L’une des options pour parer au risque de se faire embarquer est d’essayer de partir en se mettant derrière un cheval tranquille et calme au galop. Comme ça, quand on tente un galop, on est derrière le cheval calme, qui agit comme une barrière à ne pas dépasser pour le cheval.
Pour cela, il faut être sûr du calme du cheval et du cavalier qui viennent avec vous, même si on ne peut pas l’être à 100% (éviter un cheval qui botte par exemple ou qui peut s’énerver s’il sent que derrière lui le cheval s’excite).
Ne pas hésiter à galoper vite de temps en temps
Un gros galop c’est un moment sympa à partager avec son cheval et cela permet de connaître les sensations du galop à pleine vitesse. Quand les conditions de sécurité sont là, que le terrain s’y prête et si en plus de ça le cheval a vraiment très envie, un grand galop est bénéfique pour tout le monde, du moment que c’est le cavalier qui en fait la demande et que le départ au galop se fait dans le calme.
Un cheval qui a de l’allant peut faire peur, mais en le bridant systématiquement c’est là qu’on risque de se faire embarquer. À certains moments, il faut savoir lui demander d’avancer pour éviter d’avoir l’effet cocotte minute. Et profiter de ce petit shot d’adrénaline !
Habituer son cheval à l’extérieur
Plus le cheval sort en extérieur plus il sera calme et confiant dehors, une façon d’éviter par exemple qu’il prenne peur à chaque croisement et démarre au triple galop pour fuir ce qui est pour lui à cet instant précis un grand danger. Quand j’étais petite, puis ado, je montais dans un club en région parisienne où les balades se faisaient rares. Elles étaient quasi inexistantes toute l’année et souvent, au mois de juin, pour le dernier cours, on partait en balade dans la forêt. Et c’était folklorique. Les chevaux étaient sur l’œil, ils regardaient partout autour d’eux, quand l’un deux faisaient un écart les autres étaient tout aussi apeurés, et je dois l’avouer, j’avais peur moi aussi à certains moments. Le b.a.-ba des balades tranquilles en extérieur, c’est des balades régulières. Le problème c’est qu’on peut vite être confronté à un cercle vicieux : les chevaux ont peur en balade alors on ne part pas en balade et quand un jour on décide de réessayer, c’est avec un peu de stress et on repart de 0.
Savoir reconnaître le moment juste avant de se faire embarquer
Il va y avoir un laps de temps très bref, une à deux secondes, avant de se faire prendre la main. Ce laps de temps très court, si on agit à ce moment-là, peut éviter de se faire embarquer.
Mais quoi faire à cet instant ? Plusieurs possibilités qui dépendent du cheval : lui demander de partir pour un trotting, lui proposer un exercice à faire pour lui enlever l’idée du triple galop, lui demander justement de galoper pour faire baisser la tension, etc. C’est le moment où il va falloir occuper le cheval avec des exercices qui vont le canaliser et lui faire oublier l’idée qu’il avait quelques secondes plus tôt. Cette astuce des exercices peut même se faire bien avant ce moment pour les chevaux qui ont besoin de variations pour rester au calme.
Je me fais embarquer, comment arrêter mon cheval ?
Penser à se redresser en pleine nature
La première chose quand on se fait embarquer, c’est de penser à se redresser puisqu’on veut en quelque sorte redresser son cheval. Le poids du corps qui se met un peu en arrière, le fait de se redresser, sont autant d’indications qui vont dire au cheval qu’il faut ralentir.
La voix pour calmer le cheval qui prend la main
Même lancé au triple galop, le cheval vous entend encore et la voix, même si elle sera sans doute inefficace seule, peut être une aide à associer à d’autres actions pour ralentir. Parlez calmement à votre cheval, rassurez-le, tentez de le calmer à la voix tout en lui demandant l’ordre auquel vous l’avez habitué, ce peut être “doucement”, “au trot”, “ralentis”, etc.
La solution du cercle quand le cheval prend la main
C’est une solution que j’ai beaucoup utilisé quand je montais en carrière et en manège et c’est une solution qui peut fonctionner aussi en extérieur à certains endroits c’est-à-dire sur des terrains dégagés comme un champ.
Mettre le cheval en cercle permet de l’inscrire dans un terrain délimité. Au début, le mieux est de faire un cercle assez grand, qu’on va essayer de réduire un peu. De cette façon on ne déséquilibre pas le cheval. En cercle, le cheval va ralentir, se calmer au fur et à mesure, retrouver une optique de travail. C’est une façon assez douce finalement de reprendre le contrôle. Sur les sentiers de forêt, cette solution ne fonctionnera pas car s’il faut en plus gérer le slalom entre les arbres tout en étant lancé au triple galop on se met dans une situation encore plus dangereuse.
Le demi-arrêt quand le cheval embarque
C’est une technique qui fonctionne assez bien quand on est bloqué en ligne droite et que la mise en cercle n’est pas possible. Elle permet d’arrêter son cheval droit, sans risquer donc de le déséquilibrer. Le demi-arrêt est une action d’une main, brève, légère et éphémère, de bas en haut et sur des rênes ajustées, qu’on associe à un grandissement du buste : le cavalier se redresse, parce qu’il va demander à son cheval de se redresser.
L’objectif du demi-arrêt est de rééquilibrer le cheval sur les hanches, de le redresser, un peu comme si on voulait faire grandir son cheval. C’est une solution d’urgence, qui a fait ses preuves pour ralentir les chevaux qui embarquent. Comme pour toute action, l’important va être le dosage. Et de relâcher la pression après le demi-arrêt, quitte à en refaire un pour continuer à ralentir. Avec cette solution, on arrête son cheval droit.
Demander à son cheval d’avancer s’il prend la main ?
Là vous devez vous dire que je devrais peut-être faire une pause dans l’écriture de l’article : on parle de comment arrêter un cheval qui embarque et j’écris de le faire avancer… Cela peut sembler complètement contradictoire. Mais pas tant que ça parce que si vous commencez à donner des jambes quand votre cheval vous a pris la main, vous faites passer un message de contrôle au cheval : en fait ce n’est pas toi qui choisit d’accélérer, c’est moi. Et ensuite, vous demandez de ralentir, comme vous faites d’habitude. Attention, cette solution ne fonctionne pas pour tous les chevaux et dans tous les environnements, il faut que le terrain soit galopable sans danger pour s’y risquer. L’autre intérêt c’est que cela peut permettre à votre cheval de lâcher le gaz pour être ensuite plus calme.
Une technique efficace avec les réformés qui embarquent
J’ai monté beaucoup de trotteurs à Rambouillet et une méthode qui fonctionnait bien était le principe de relâcher vraiment la pression des rênes pour qu’ils ne puissent plus s’appuyer sur le mors. Cela peut paraître là encore contradictoire : quand on se fait embarquer par son cheval on a plutôt envie de raccourcir ses rênes au maximum pour reprendre le contrôle. Mais le problème c’est qu’en racourcissant les rênes on va donner plus d’appui au cheval et du coup il va accélérer. Je ne suis pas jockey mais il me semble que pour un trotteur qui fait des courses, tirer sur les rênes veut justement dire “plus vite”. C’est valable pour tous les chevaux mais encore plus avec des trotteurs et des galopeurs, tirer sur les rênes est contre productif. Du coup l’idée est de faire varier la tension dans les rênes : relâcher les rênes, puis reprendre, relâcher, puis reprendre. Attention : on ne se retrouve pas rênes longues, c’est plus un travail dans les doigts : ouvrir les doigts pour rendre les rênes, fermer les doigts pour reprendre. Une vraie gymnastique des doigts, peut-être que les pianistes et les guitaristes y arrivent particulièrement bien !
La technique de Véronique de Saint Vaulry quand le cheval embarque
Si vous êtes un ou une adepte du PAD et de l’équitation sous contrat, Véronique de Saint Vaulry propose une méthode pour les chevaux en appui sur la main au galop : “La règle de base, pour un rythme modéré, c’est de jeter les rênes et d’attendre. À la moindre accélération, reprenez aussitôt, ramenez-le dans un rythme légèrement inférieur à celui que vous souhaitez, et jetez les rênes. Puis reprenez la surveillance… Il faudra sans doute fréquemment intervenir au début, puis le cheval apprendra à se tenir tout seul, sans dépasser la limite.” (extrait du livre Le cheval d’extérieur, L’éduquer, le dresser). Son astuce pour que le cheval comprenne plus rapidement est d’augmenter à chaque fois la durée des galops pour que le cheval ou le poney ou la jument comprenne qu’il va y avoir un effort à fournir sur la durée.
L’arrêt d’urgence en pleine nature
Attentionà cette solution qui en fait n’en est pas une quand le cheval est déjà parti plein galop, plein pot. Je suis assez frileuse avec cet arrêt d’urgence, dont le nom correspond pourtant à ce qu’on souhaite faire : un arrêt d’urgence. La technique consiste à ramener la tête du cheval à gauche ou à droite à l’aide d’une rêne, il s’agit donc d’une flexion d’encolure très poussée qui empêche le cheval d’avancer. Le souci c’est que :
le cheval doit déjà connaître cette action pour y répondre correctement, et parfois on ne sait pas si le cheval qu’on monte la connaît
c’est une technique qui risque de déséquilibrer le cheval, et un cheval déséquilibré au triple galop en extérieur (terrain pentu, glissant, inégal), c’est un cheval qui risque tout simplement de tomber en entraînant son cavalier dans sa chute
son utilisation risque de bloquer l’articulation lombo-sacrale du cheval.
Donc lancé au triple galop on oublie l’arrêt d’urgence.
Tester un mors différent
C’est une solution souvent dénigrée car elle peut être jugée comme brutale : conseiller de changer de mors pour prendre un mors un peu plus fort peut pourtant être une bonne idée. Se faire embarquer en promenade est dangereux : que se passe-t-il si on se rapproche d’une nationale à un rythme effréné ? Comment faire si on fonce droit vers un arbre ? Il va falloir être sûr de pouvoir arrêter son cheval, et parfois très vite. Un mors un peu plus fort peut sauver la vie d’un cavalier et de son cheval. C’est alors une utilisation d’urgence. Choisir un mort fort ne veut pas dire qu’on est un cavalier brutal. On pourrait plutôt dire qu’un mors est sévère selon l’utilisation qu’on en fait. Ce peut être dans ce cas simplement se préparer à une potentielle situation d’urgence. Le reste du temps,
le cheval est au pas, le cavalier est rênes longues (90% du temps)
le cavalier trotte ou fait des petits galops avec très peu d’actions de main (9% du temps).
Je vais vous faire une confidence. À tort peut-être pour certains cavaliers, en tout cas ça a été ma décision : quand j’ai acheté Oural, il était monté en pelham et j’ai gardé le pelham. Il y a eu un moment de test où j’ai pris un mors simple, pour essayer. J’ai attendu de faire plusieurs balades pour prendre une décision, et garder le pelham était je pense la meilleure décision. Avec le pelham, je montais avec très peu d’actions de main. Remonter un peu les mains sur les rênes suffisait pour dire à Oural de trotter. Fermer mes doigts sur les rênes était suffisant pour qu’il ralentisse et fasse les transitions descendantes. Avec le mors simple, tout était à réapprendre (nos habitudes étaient chamboulées) et mes actions de main perdaient en légèreté et en fluidité. J’ai trouvé ça dommage alors on est repassé au pelham qui a pas mal de solutions de réglages :
on peut par exemple avoir une gourmette lâche ce qui fonctionne très bien pour nous et réduit la puissance du mors
on peut aussi choisir de mettre les rênes sur le grand anneau du milieu pour adoucir les effets du mors.
Quand on parle de mors il y a donc deux questions à se poser :
la question de la dureté du mors
la question de l’usage du mors par le cavalier (il faut avoir une main douce et légère, une sorte de main fantôme avec des mors plus forts et pouvoir être très souvent rênes longues.)
Le pelham, le goyo aga et le pessoa peuvent donc être des mors à tester dans le cas de chevaux avec beaucoup de sang ou difficiles à contrôler, avec des cavaliers qui ont une main légère et douce et savent monter rênes longues.
Pour conclure cet article fleuve sur le cheval qui embarque
Pas de solution magique quand le cheval prend la main
La bonne solution pour arrêter un cheval lancé en plein galop et qui n’a pas prévu de ralentir ne va donc pas être la même pour tous, il n’y a pas de solution magique, idéale, qui va marcher pour tous les chevaux (ce ne serait pas drôle non ?). Elle va varier selon :
le cheval (chaque cheval ne réagit pas de façon identique aux actions d’un cavalier, il a un passé, une éducation, son caractère)
la raison pour laquelle il embarque
le terrain (en forêt par exemple faire un cercle alors qu’on est entouré d’arbres est plus dangereux qu’autre chose).
Là encore, le cavalier doit faire preuve de vraies capacités d’adaptation. Il n’est pas face à une moto ou à vélo, mais face à un être vivant, et c’est ce qui fait à la fois la beauté et la complexité de l’équitation.
Calmer un cheval qui embarque n’est pas facile : la première chose à faire va être de réfléchir très vite à la raison pour laquelle il embarque pour choisir la bonne solution pour le calmer. Et peut-être devoir changer de solution, jusqu’à trouver la bonne.
Après la tempête, le calme
De retour à une allure contrôlée, relâcher la pression est la meilleure chose à faire pour que le cheval réussisse à se détendre et à comprendre que quand il est à l’écoute, la situation est bien plus confortable pour lui aussi. Ce n’est parfois pas évident après un triple galop qui nous a fait peur, mais quand le cheval obéit, il est vraiment important de relâcher la pression, comme une première récompense qui lui indique qu’il a bien réagi en ralentissant et qu’on lui fait encore confiance. Une fois qu’on est remis de ses émotions, l’objectif est d’essayer de tirer du positif de ce moment désagréable : sur quoi peut-on travailler pour qu’à l’avenir le cheval ne prenne plus la main au galop en extérieur ?
À vos commentaires, quelle est la solution qui pour vous fonctionne le mieux pour réussir à calmer et ralentir un cheval qui embarque son cavalier ?
Dans les précédents articles, je parle beaucoup d’une allure : le pas. Mes balades avec Oural, ou plus encore mes randos quand elles s’étalent sur une ou plusieurs journées ont souvent un rythme vraiment tranquille. La plupart du temps on trotte peu, on galope peu. Mais peu ne veut pas dire jamais, et les quelques galops qu’on se fait ensemble sont des moments juste géniaux.
Dans cet article, j’ai eu envie de réfléchir aux conditions idéales pour un galop en balade.
Quand galoper et quand ne pas galoper ? La question du timing
Il y a quelques moments pendant la balade à cheval où le galop n’est pas une bonne idée :
galoper dès la sortie de l’écurie puisque le cheval n’est pas échauffé
galoper sur le chemin du retour, et surtout proche de l’écurie car à cet endroit, le cheval sait qu’on est proche d’arriver et peut être excité, sans compter la transpiration qui n’aura pas le temps de sécher le temps d’arriver à l’écurie
galoper sur un chemin passant (vélos, promeneurs, etc.).
Pour résumer, en gros, le galop se fait plutôt au milieu de la balade à cheval sur des chemins où on est comme un Robinson Crusoe sur son île : seul au monde.
Le dernier conseil sur le timing du galop, qu’on entend souvent, c’est de ne pas galoper toujours au même endroit. C’est un conseil à appliquer parce qu’il permet d’éviter aux chevaux de chauffer en arrivant au fameux endroit où on galope à chaque fois. Mieux vaut donc galoper, selon les promenades à cheval, dans des endroits différents.
Galop cheval : quel est le sol idéal ?
Sur quels sols galoper et lesquels éviter ?
On peut galoper sur différents terrains. Pour galoper en extérieur, une petite inspection du sol s’impose néanmoins.
Voici quelques sols où il faut éviter de galoper :
constellé de cailloux
sol de feuilles mortes (très glissant)
avec de nombreuses flaques
sol gelé l’hiver (risque de glisser)
sol trop dur (le bitume par exemple)
sol trop mou (sable en haut des plages par exemple)
chemin avec des ornières (grosses traces d’engins à moteur), des pierres, des souches, des trous
Du coup, les meilleurs endroits pour galoper sont :
des chemins en terre ou en herbe (pas trop mouillés)
des terrains sableux qui ne s’enfoncent pas trop (le cheval sur la plage au bord de l’eau, on a tous cette image un peu cliché du galop parfait)
au niveau du dénivelé, privilégier les chemins plats et les montées
des terrains un peu souples mais pas trop (herbe, bord de l’eau)
des terrains au sol un peu durs mais pas trop (chemins de terre secs, sable tassé).
Pour vérifier tout ça, le mieux, avant de faire un galop sur un chemin, une piste ou un sentier, c’est de l’avoir déjà parcouru au pas, en mode Sherlock Holmes ou Hercule Poirot. C’est sûr, d’une balade à l’autre du temps aura passé et le chemin peut changer mais globalement il restera le même.
Petit exemple d’un terrain idéal pour galoper avec ce chemin en terre avec une bande d’herbe au milieu :
ça dépend des régions mais en France, il y a des endroits où les chemins sont en majorité de la caillasse. C’est le type de chemins que j’ai en Provence mais la bonne nouvelle c’est qu’avec une astuce toute simple vous pouvez arrêter de marcher dans les cailloux : la solution c’est simplement de se mettre en hors piste. Pas de risque d’éboulement ou de déchausser à cause de la poudreuse et vous vous retrouvez avec un sol tout à fait convenable pour galoper ! Regardez la photo ci-dessous : on quitte les cailloux des chemins pour un petit hors piste à quelques mètres du chemin avec un sol tout à fait acceptable pour galoper. Il faudra juste regarder bien où on va pour ne pas foncer dans un arbre.
S’adapter à son cheval quand on galope en extérieur
Selon la sensibilité du cheval, on va aussi s’adapter, et c’est en ça que l’équitation est magique (et complexe) :
pour un cheval aux tendons sensibles, les chevaux seront plus à l’aise sur des sols un peu plus durs
une jument ou un poney avec des problèmes d’articulations pourra se sentir mieux sur des sols mous.
Pour plus d’infos, vous pouvez consulter cet article sur l’impact du sol dur et du sol mou sur la locomotion du cheval.
Galop cheval : le super pouvoir du regard perçant ?
Au galop, on va plus vite, il va donc falloir se concentrer sur la visibilité que l’on a devant soi (devant et sur les côtés) en étant prêt à tout moment à repasser à l’allure inférieure, voire au pas, voire à s’arrêter.
On a besoin d’une vue dégagéepour repérer rapidement si des promeneurs arrivent ou s’il y a des endroits avec des branches basses ou autres obstacles à contourner : diriger son cheval et avoir une réponse immédiate va être essentiel pour la sécurité.
Un cavalier d’extérieur travaille constamment son regard :
le regard envoie une première direction au cheval avant même une quelconque rêne d’ouverture ou rêne d’appui
il analyse sans cesse le terrain varié sur lequel on passe
et le cheval, la jument ou le poney qu’on monte pour capter son humeur.
Observation laser : rapide car l’allure est rapide et complète car on ne peut pas laisser passer un paramètre.
Quelles précautions prendre quand on est plusieurs cavaliers au galop ?
Le galop les uns derrière les autres
Quand on fait une balade en groupe, le maître mot est de garder ses distances. Et ça s’applique aux moments de galop pour plusieurs raisons :
ne pas énerver le cheval devant et risquer un coup de pied
la distance permet d’avoir un temps de réaction (si le cheval devant ralentit, la distance permet de ne pas se retrouver dans ses fesses et d’avoir un tout petit peu d’espace pour le temps de ralentir)
sans distance, on risque de se prendre en pleine figure des projections de boue, des cailloux, des mottes de terre ou de sable.
Quand on parle de distance, on parle souvent d’un cheval imaginaire entre le cheval devant et mon cheval, au galop, vous pouvez même en prendre un peu plus pour être à l’aise.
Quand on a un jeune cheval, ou un cheval qui n’est pas sorti beaucoup en extérieur, partir avec un ou deux cavaliers dont les chevaux sont habitués à la promenade et galopent dans le calme est une bonne stratégie pour de premiers galops. Le couple cheval cavalier, dans un environnement détendu, pourra expérimenter le galop en se sentant en sécurité.
Une autre technique pour les cavaliers qui contrôlent bien leurs chevaux est de galoper en gardant ses distances mais en se mettant un peu sur le côté gauche ou sur le côté droit pour ne pas être complètement derrière le cheval de devant. La difficulté c’est que le cheval ne se mette pas en tête qu’il s’agit d’une course, que les chevaux sont lâchés et qu’on peut doubler les copains.
Le galop côte à côte
Super sympa aussi, ça peut être un galop tranquille mais pourquoi pas aussi une petite course pour rigoler si le chemin est assez large pour deux chevaux en même temps. Là encore, il faut pouvoir contrôler son cheval et surtout lui faire comprendre ce qu’on veut : un galop tranquille ou une course.
Pour les courses, la période des chaumes est particulièrement adaptée dans les campagnes. Le chaume qu’est-ce que c’est ? C’est la partie de la tige des céréales qui reste dans le champ après la moisson. Si l’agriculteur est d’accord et que le champ ne comporte pas de trous (il va falloir donc faire une reconnaissance méticuleuse au préalable pour vérifier que le terrain n’est pas dangereux), c’est l’idéal pour s’organiser une petite course de galop. La sensation de l’accélération du galop est impressionnante, on sent vraiment le cheval changer de position, allonger l’encolure, l’étendre. Il n’y a plus qu’à le laisser faire tout en continuant à gérer la direction et en étant prêt à s’arrêter en fin de course. Partir au triple galop, faire une course au galop peut faire peur : peur de tomber, peur de la vitesse, peur de ne pas savoir arrêter son cheval, sa jument ou son poney. Ce qui est sûr, c’est qu’un cheval au grand galop va se concentrer sur sa vitesse plutôt que sur une éventuelle bêtise (écart, coups de cul). Après, bien évidemment, il faut être encore plus attentif à tous les paramètres pour ne pas se mettre en danger et avoir déjà un certain niveau d’équitation.
Pour les chaumes comme pour tout, quelques points de vérification sont essentiels : l’agriculteur a-t-il donné son accord pour un galop ? Le champ permet-il de galoper en sécurité ?
Comme je le disais précédemment pour les chemins, parcourez d’abord le champ au pas et même à terre pour vérifier la nature du sol (absence de pierres, d’ornières).
Et prenez garde au retour de balade à inspecter encore plus méticuleusement que d’habitude les membres de votre cheval. Le mien ne s’est jamais blessé lors des chaumes mais cela peut arriver comme partout d’ailleurs.
Seul en balade avec son cheval ou son poney, est-ce qu’on tente un galop ?
Celui qui a la réponse à la question, c’est vous. Est-ce que vous vous sentez prêt ? Est-ce que votre cheval est prêt aussi :
faites-vous souvent des galops en extérieur avec d’autres cavaliers ?
les derniers galops se sont-ils bien passés ?
votre cheval est-il en bonne forme aujourd’hui et en confiance ?
Au besoin vous pouvez demander aussi conseil à votre moniteur ou à des cavaliers avec qui vous sortez régulièrement et qui maitrisent le galop seul avec leur cheval.
Et évidemment, pour votre sécurité, faites encore plus attention à tous les autres paramètres : le terrain, la visibilité mais aussi le matériel (sangle correctement attachée, rênes en bon état) etc..
Pour mes premiers galops seule avec Oural, j’ai choisi des chemins que je connaissais bien, des galops assez courts, que je faisais après avoir fait deux ou trois trots pour bien saisir l’humeur du jour.
Voici quelques exercices de galop pour les cavaliers seuls en balade :
s’assurer d’abord d’un départ au galop, d’un galop et d’un retour au trot dans le calme
travailler plus précisément la transition ascendante et la transition descendante
travail de la direction au galop
travail de l’amplitude du galop, etc.
En travaillant ces exercices, on gagne en maîtrise du galop au fur et à mesure. Ces exercices, je les ai toujours faits en petite quantité. Pour Oural notamment, au début de nos balades ensemble, j’avais repéré qu’un trop gros travail sur les transitions l’énervait plus qu’autre chose. On faisait dont 3-4 belles transitions, je le félicitais, et le travail au galop s’arrêtait là pour aujourd’hui. Chaque cheval est différent donc c’est le cavalier qui doit essayer de trouver le juste milieu pour le cheval : avancer dans l’apprentissage sans pour autant dégoûter, fatiguer ou énerver. Quand un cheval fait très bien, on félicite et on arrête l’exercice, l’idée est de rester sur une très bonne impression plutôt que de vouloir plus et se retrouver parfois avec moins.
Pour plus de conseils sur les sorties seuls avec votre cheval, n’hésitez pas à consulter cet article.
Les aides du départ au galop sont-elles les mêmes qu’en manège ?
J’utilise les mêmes aides que j’ai apprises en manège et en carrière pour faire galoper mon cheval. Le plus simple est de partir du trot enlevé (un trot enlevé pas trop rapide pour que le cheval ait un bon équilibre). Ensuite :
une jambe à la sangle au contact, léger contact avec la rêne de ce côté
une jambe qui se recule légèrement, un peu plus de contact avec cette rêne
la voix qui peut dire “galop” par exemple
le poids du corps droit et à la verticale (ne pas se pencher en avant car cela déséquilibre les épaules).
Si c’est difficile de partir au galop, on peut essayer de le faire à un moment du chemin qui tourne un peu pour aider le cheval ou dans un chemin qui monte.
Il m’est arrivée à Rambouillet de monter des chevaux qui faisaient de l’extérieur depuis peu de temps et venaient du monde des courses de trot. Je me souviens de Taghemani, un trotteur qui avait encore beaucoup de mal à galoper (il partait au grand trot à toute vitesse). La solution pour avoir quelques foulées de galop avait été de le mettre derrière un copain qui galopait et sur un chemin qui montait. Dès la première foulée de galop, on félicite beaucoup car ces chevaux dans leur vie d’avant avaient interdiction de galoper, ils doivent donc comprendre maintenant qu’ils en ont le droit et que le cavalier ou la cavalière peut leur demander.
Pour répondre à la question du galop sur le bon pied en balade, c’est par ici.
Galop cheval : comment passer du galop au trot ?
La transition du galop au trot
Pendant le temps de galop, le cavalier se tient prêt à repasser au trot et au pas rapidement. Un galop peut être stoppé pour plein de raisons différentes, en voici quelques-unes :
un promeneur est visible sur le chemin
un obstacle se trouve au milieu du chemin
la chute d’un cavalier
un cavalier ou une cavalière qui demande à repasser au trot.
Les aides pour repasser au trot
On peut tenter au début des aides assez douces : fermer les doigts sur les rênes en levant un peu les mains, redresser son buste pour avoir son poids du corps plus en arrière, demander à la voix “au trot” ou “trot”. Et si ça ne marche pas, faire la demande de manière un peu plus ferme en félicitant et en relâchant les rênes quand le cheval a effectué la transition.
Quel rythme pour mon galop en pleine nature ?
Les différents rythmes sont possibles, il faut simplement tenir compte de son cheval et du terrain. On peut décider de faire :
un galop de travail (rythme tranquille, petites foulées)
un galop moyen (on sent que le cheval place sa tête un peu plus en avant de la verticale, rythme plus rapide, amplitude plus grande)
le galop allongé ou grand galop (foulées s’agrandissent, grande vitesse).
De petites pointes de vitesse au galop, j’en fais de temps en temps avec Oural, il adore et moi aussi !
Quel que soit le rythme du galop, je me mets toujours en position en équilibre (on dit aussi galop en suspension). C’est la position idéale je trouve pour
bien voir vers l’avant
être mobile et avoir un bon équilibre
le confort du cheval
absorber les chocs lié au terrain qui peut être inégal.
Quelle durée pour mon galop en extérieur ?
La durée du galop va dépendre de facteurs multiples là encore :
le terrain,
l’endurance du cheval, son âge, sa forme physique
la vitesse choisie pour le galop,
la durée de la balade ou rando à cheval.
Il n’y a donc pas vraiment de réponse, juste une nécessité d’adaptation du cavalier à énormément de paramètres et une écoute de son cheval pour guetter les signes de fatigue (effort dans la respiration, augmentation de la durée de la foulée, difficulté à maintenir la cadence). Pour plus d’infos sur ces signes de fatigue, vous pouvez consulter de document qui parle notamment des études de Johnson et Pugliese et al.
Galop cheval en balade : en conclusion
Si on devait retenir les deux principaux points de ce article, ce serait je pense l’importance du choix du sol et de la bonne visibilité tout en s’écoutant et en écoutant son cheval pour trouver le bon rythme. L’objectif, c’est que le cavalier et le cheval s’amusent, mais sans se mettre en danger. L’important est de maîtriser le galop en balade. Lors des randonnées équestres on galope d’ailleurs assez peu pour préserver le cheval souvent déjà chargé (sacoches et cavalier). Des randonnées à cheval de plusieurs jours sont forcément plus fatigantes pour le cheval qu’une balade de trois heures une fois par semaine.