Catégorie : Le travail à pied

  • Travail à pied cheval : la méthode PAD pour le cheval d’extérieur

    Travail à pied cheval : la méthode PAD pour le cheval d’extérieur

    Bonjour !
    Vous commencez à travailler votre cheval à pied ? Ce guide gratuit à télécharger vous partage 16 astuces concrètes pour que vos balades soient le prolongement naturel de cette connexion. 🙂

    Je parle plus souvent d’équitation montée que d’équitation à pied mais l’article d’aujourd’hui va inverser la tendance puisque j’ai envie de vous parler du PAD de Véronique de Saint Vaulry.

    Cette méthode synthétisée en trois lettres est décrite comme la base du travail du cheval d’extérieur dans Le Cheval d’extérieur, L’éduquer, le dresser.
    Et il s’agit donc d’un travail 100% à pied pour les chevaux et poneys. Parce que la passion du cheval ne passe pas que par l’équitation montée, mais aussi l’équitation à pied.

    L’équitation d’extérieur et ses moments à pied

    Le premier constat de Véronique de Saint Vaulry est d’ordre pratique et logique : en balade, en randonnée à cheval, on est souvent pied à terre et je pense qu’on est tous d’accord.
    Voici quelques situations : 

    • on prépare son cheval
    • quand on le met au pré ou en paddock, qu’on l’attache à un arbre, qu’on le nourrit
    • s’il faut passer un endroit compliqué (raide, étroit, avec trop de branches basses)
    • pour ne pas trop fatiguer son cheval (longue montée caillouteuse)
    • si son cheval (ou son poney ou sa jument) a très peur, il peut être rassuré d’avoir son cavalier entre lui et ce qui lui fait peur (mais d’autres chevaux seront plus rassurés avec le cavalier qui reste à cheval, c’est mon cas avec Oural, question d’habitude je pense)
    • pour faire boire son cheval dans un seau par exemple
    • si un autre cavalier tombe, il peut être nécessaire de descendre de cheval
    • quand on a envie de faire pipi ou de s’arrêter cueillir une jolie fleur :-).

    On doit donc pouvoir faire confiance au comportement de son cheval quand on met pied à terre autant que quand on est à cheval pour des questions évidentes de sécurité. 

    Les avantages du travail à pied du cheval sont multiples : 

    • ça permet de travailler la relation avec son cheval : confiance, respect, écoute, fiabilité, on fait équipe, on affronte ensemble les difficultés de terrain et ses peurs et le cheval apprend à suivre son cavalier partout. 
    • on travaille sa sécurité : un cheval qui écoute à pied permet d’éviter de nombreux accidents
    • le cheval nous voit (à cheval il ne nous voit pas).

    complicite cheval cavaliere

    Le PAD qu’est-ce que c’est ?

    La définition du PAD

    Véronique de Saint Vaulry a mis en place une méthode qu’elle a nommé PAD pour parler des trois piliers de l’éducation au sol : 

    • Politesse au repas
    • Avant-main légère
    • Distances sous contrat.

    Quand travailler le PAD ? 

    Par exemple :

    • au début de la relation avec son cheval, sa jument, son poney, que ce soit de jeunes chevaux ou des chevaux plus âgés
    • quand on a une difficulté avec son cheval (besoin de travailler sur des problèmes particuliers comme une peur précise, de l’excitation, etc.)
    • et à n’importe quel moment finalement car l’éducation à pied est la base de l’éducation du cheval.

    Il y a des moments, dans la relation avec le cheval, où on a d’ailleurs plus envie de travailler à pied : cela peut être une façon de se rassurer (pour ses premières balades seul avec son cheval par exemple), de découvrir en douceur le cheval, ou encore cela peut coller à ses capacités physiques du moment (pour le cheval comme pour nous).
    Quand j’étais enceinte par exemple, j’ai fait pas mal de séances à pied avec Oural, notamment en liberté. À l’époque, je n’avais pas encore découvert la méthode PAD. 

    Les outil du travail à pied 

    Les parties du corps

    • les pieds “la force tranquille du langage gestuel”, avec une règle : ne jamais reculer devant le cheval
    • une fois les pieds installés, viennent les bras : “ouvrir les bras, lever les mains, faire un moulinet de corde ou de rêne, c’est parler plus fort”
    • et pour parler encore plus fort, augmenter les mouvements (rapidité, plus de bruit).

    Vous l’avez compris, pas besoin en fait de toucher le cheval. Et on utilise ses rênes ou une corde/longe avec la main et le cheval en licol. Pas besoin de plus de matériel.

    La voix 

    L’idée est d’installer un signal simple pour le cheval, pour qu’il comprenne de suite que les gestes lui sont adressés. Le signal de la méthode de Saint Vaulry c’est le claquement de langue.
    L’avantage : si vous vous mouchez, ou si vous prenez de quoi boire dans votre sacoche, le cheval sait que ce mouvement ne lui est pas adressé puisqu’il n’y a pas eu de claquement de langue.

    Deuxième élément de voix : ce sera des mots choisis par vous pour un ordre précis. Exemple de mot pour arrêter le cheval : « arrêt » ou « stop ». Évidemment, une fois qu’on a choisi « arrêt », mieux vaut s’y tenir pour que le cheval comprenne bien ce qu’on lui demande.

    Des étapes de travail qui se basent sur l’espace choisi

    Les étapes du travail à pied dans l’espace sont assez simples : 

    • travailler d’abord dans un espace clos et sécurisé dans l’écurie ou au centre équestre
    • puis peu à peu faire de courtes balades à pied et les allonger.

    cheval bai oreilles en avant

    Regardons maintenant plus en détail le PAD 

    Travail à pied cheval : la politesse au repas

    L’idée ici, c’est que le cheval reste à sa place et ne bouscule pas celui qui le nourrit. Si la politesse est bien établie au repas, le cheval n’aura pas de remise en question globale de cette politesse : ne pas pousser le cavalier au moment du pansage, à pied en balade, etc.
    La politesse doit être globale et la hiérarchie claire.

    Voici l’exercice proposé dans le livre, à faire dans un endroit clos, avec juste le cheval et un repas pas forcément hyper tentant (plutôt du foin que des granulés ou des carottes et des pommes).
    L’idée de l’exercice va être en fait de prendre possession du foin et d’en écarter son cheval, un peu comme si vous vouliez lui piquer son repas (oui je sais, c’est pas sympa mais en vrai vous n’allez pas lui piquer son repas, juste le faire patienter).

    Les étapes :

    • commencer à claquer de la langue à 6 mètres
    • au deuxième claquement de langue, commencer à frapper le rouleau de corde contre sa cuisse tout en continuant à faire des claquements de langue 
    • à 3 mètres, si le cheval n’a pas bougé, on jette l’extrémité de sa corde vers le cheval, on recommence en le touchant s’il n’a toujours pas bougé
    • normalement il s’est écarté, on prend possession du foin
    • une fois que le cheval a accepté cette prise de possession du foin par le cavalier, on peut se retourner et lui donner une indication vocale (“ok mange”, “régale-toi”, etc) et s’écarter à plusieurs mètres pour le laisser manger. Ouf, il est rassuré, on ne lui a pas piqué sa ration !

    Travail à pied cheval : l’avant-main légère

    Trois exercices vont permettre d’obtenir les distances et de contrôler précisément la position du cheval : la navette, le reculer et l’envoi latéral.

    La navette

    L’objectif va être de marcher sans que le cheval ne bouge. 

    On se met face à son cheval, la corde traîne par terre au sol, on tient la suite de la corde d’une main. On est assez proche du cheval.
    On lui donne deux indications avant de reculer : 

    • une indication vocale, un mot que vous avez choisi (“là” “pas bouger”)
    • lever brièvement une main à hauteur de son oeil.

    Et on recule d’un pas.
    Si le cheval n’a pas bougé, on peut le féliciter et pourquoi pas essayer de reculer de deux pas la fois suivante.

    Quand le cheval a bien compris, on peut essayer de ne garder que l’indication vocale (on ne lève plus la main).

    Le reculer

    On peut essayer de se mettre le long d’une barrière par exemple ou le long d’un côté de carrière ou de manège pour faciliter le reculer. On est devant son cheval, face à lui.

    Voici les trois étapes à  suivre pour faire reculer votre cheval : 

    • un claquement de langue 
    • un geste des deux mains comme pour pousser de la fumée ou un moulinet de corde, à refaire plus bruyamment si le cheval ne commence pas à reculer
    • le renforcement tactile s’il n’a toujours pas reculé : faire onduler la corde en l’agitant jusqu’au reculer.

    À noter : dès que l’un des sabots recule, il faut arrêter toute stimulation et féliciter. Puis recommencer.

    L’envoi latéral

    On est toujours face au cheval et le jeu va être de faire partir l’épaule à droite ou à gauche. L’idée c’est que le cheval soit bien mobile au niveau des épaules et qu’il sache quand vous voulez qu’il se décale à droite ou à gauche en extérieur, selon le terrain.

    La gestuelle :

    • on est face au cheval, et en étendant ses bras on crée un effet de mur en allongeant les bras des deux côtés
    • le bras du côté de l’épaule qui va tourner en étant étendu va indiquer la direction avec une légère tension dans la longe
    • on utilise le fameux claquement de langue pour dire au cheval qu’il va se passer quelque chose
    • le bras de l’autre côté fait un petit moulinet pour indiquer qu’il ne faut pas aller de ce côté-là.

    Là encore, dès que le début de mouvement s’amorce, il faut arrêter toute stimulation et laisser la corde se détendre. Et on recommence.

    L’utilité principale de cet exercice c’est de permettre au cheval de se concentrer quand il a justement perdu sa concentration (peur, excitation) en montrant que le cavalier est là, en entier donc à distance de lui. 

    Travail à pied cheval : les distances sous contrat 

    Pourquoi enseigner les distances ?

    Un cheval pèse 500 kilos, un poney c’est 300 kilos en moyenne. Et s’il vous marche dessus, ça peut faire mal. Je sais de quoi je parle, car dans ma vie de cavalière si j’ai par exemple récolté des flots après des parcours d’obstacles réussis, j’ai aussi eu mon lot de bobos aux pieds. Comme tous les cavaliers…

    Très classiquement j’ai appris à me tenir à côté de mon cheval, côté gauche, et à marcher à côté au niveau de sa tête et de sa fin d’encolure.
    La lecture du livre Le cheval d’extérieur a été une révélation pour moi de ce côté là : en fait cette position à côté du cheval ne fonctionne pas vraiment avec l’extérieur pour plusieurs raisons : 

    • le cheval ne voit pas son cavalier en entier 
    • en étant à côté du cheval on bouche son champ de fuite côté gauche
    • et on le gêne s’il veut regarder quelque chose car il aura du mal à tourner la tête.

    Une meilleure position, c’est d’être assez loin devant. Pour le coup les avantages sont multiples : 

    • c’est le cavalier qui donne la direction, il est un peu comme le cheval de tête
    • le cheval voit son cavalier en entier 
    • le cheval peut tourner la tête à droite ou à gauche, il n’est pas gêné.

    Marcher devant son cheval (ou sa jument, ou son poney) : le déplacement miroir

    Comme on a déjà travaillé les trois exercices de l’avant-main légère, on peut commencer à travailler le déplacement miroir : vous marchez devant votre cheval et il marche derrière vous. Quand vous vous arrêtez, il s’arrête. La distance entre lui et vous doit rester la même.

    Si le cheval continue à avancer, on fait l’exercice du reculer pour qu’il se remette à la bonne distance

    Si le cheval se déplace sur le côté, on le replace droit.

    Pour conclure sur le travail à pied du cheval

    Le pad, “un système de priorité spatiale”

    L’ensemble des exercices permet de travailler la sécurité avec 

    • la mise en place d’un système de distance quelle que soit la situation
    • un cercle personnel d’1m50 dans lequel le cheval n’a pas le droit de mettre les pieds : c’est le cavalier qui va faire les deux derniers pas pour s’approcher, ainsi on évite de se faire écraser le pied.

    Une main de fer dans un gant de velours

    L’expression s’y prête bien : pour travailler le PAD, il va falloir faire preuve de fermeté mais sans être agressif au risque de détériorer la relation avec son cheval. Un exemple quand on se déplace en miroir avec son cheval (on est devant, le cheval suit) : la longe ou la rêne n’est pas complètement tendue pour éviter des réflexes d’opposition.
    L’idée est vraiment de faire confiance à son cheval et donc de le laisser relativement libre (libre de regarder à droite ou à gauche) du moment qu’il écoute bien les consignes. 

    De la même façon, on peut se souvenir de cette règle essentielle : quand le cheval réagit bien et fait ce qu’on lui demande, il faut arrêter tout de suite toute stimulation. 

    Une adaptation constante

    Quelle que soit la méthode et les exercices qu’on choisit pour travailler avec son cheval, il va falloir s’adapter à son cheval et à soi-même, écouter des deux côtés. Que ce soit à pied ou à cheval d’ailleurs.
    Pourquoi s’adapter ? Parce que nous ne sommes pas des robots et nos chevaux ne sont pas des machines : des deux côtés il y a des émotions, des facilités, des difficultés. Il va donc falloir écouter : s’écouter et écouter le cheval.
    Le travail à pied ne se fera pas au même rythme pour chaque cheval et chaque cavalier puisqu’il va falloir

    • s’adapter aux difficultés et aux progrès du cheval
    • s’adapter aux difficultés et aux progrès du cavalier.

    Il va donc falloir être patient aussi et ne pas trop se presser. C’est comme si on essayait de forcer un enfant qui apprend à nager à sauter dès les premières séances dans le grand bain alors qu’il a peur et que la première des étapes serait déjà de lui faire aimer l’eau, de lui montrer qu’on peut jouer avec l’eau, là où on a pied.

    Travail à pied cheval : des exercices qui doivent devenir une habitude

    Pour que l’apprentissage soit complet, Véronique de Saint Vaulry conseille que ces exercices deviennent une vraie routine quotidienne. Chaque moment est un exercice : quand on va par exemple du pré à l’aire de pansage, on pense aux distances.
    Le PAD c’est en fait bien plus que quelques exercices à faire avec son cheval, c’est une philosophie de vie pour la relation avec son cheval.
    Et soyons d’accord, il en existe plein d’autres.

    Le travail à pied essentiel dans chaque discipline

    Il y a beaucoup de disciplines en équitation (voir le site de la FFE qui les liste). On peut en nommer quelques unes : saut d’obstacles, dressage, équitation western, endurance, voltige, randonnée à cheval, polo, hunter, pony games, etc.
    Ce qui est amusant, c’est que le travail à pied est en fait la base de toutes ces disciplines, et est nécéssaire pour toutes.
    Et c’est vrai que parfois, en club, on l’oublie ou elle peut intéresser moins les cavaliers quand pourtant, on vient de le voir avec par exemple la méthode du PAD, le travail a pied a de multiples avantages.

    N’hésitez pas à vous procurer le livre Le Cheval d’extérieur, l’éduquer, le dresser. C’est une mine d’or pour travailler la relation avec son cheval et son éducation. Une lecture vraiment intéressante pour tous les amoureux des chevaux.
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    Livre Le cheval d 'extérieur

    Et vous, avez-vous un exercice à pied avec votre cheval qui vous a permis de construire une relation fiable, stable et sécurisée ?

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  • Balade avec mon cheval : les conseils pour sortir seul

    Balade avec mon cheval : les conseils pour sortir seul

    Bonjour !
    Sortir seul à cheval, ça se prépare. Téléchargez gratuitement le guide des 16 conseils pratiques pour des balades en toute confiance. 🙂

    Parfois, au fil d’une discussion, quand je raconte que je pars me balader seule à cheval, la personne en face me regarde avec des yeux ébahis, étonnés, apeurés ou épatés. La vérité, c’est que je ne pars pas vraiment seule : je pars avec Oural, et c’est ce que je dis souvent dans la suite de la conversation.

    En tant que cavalier ou cavalière, franchir le cap de partir seul se promener à cheval n’est pas forcément évident et pourtant on en a envie. Vous voyez cette scène de Raiponce, regardez ci-dessous.

    Maintenant, imaginons que Raiponce a envie de partir se balader seule avec son cheval : 

    • “Me balader avec mon cheval, en pleine nature, rien qu’avec lui, choisir les chemins, les allures, découvrir de nouveaux endroits, ce serait le plus beau jour de ma vie !”
    • “Partir seul à cheval, mais je suis folle ? Et si je tombe ? Et si je me perds ? Et si je me fais embarquer ? Mais quelle horreur. Je vais rester à l’écurie.”

    Ensuite, n’oublions pas que votre cheval aussi va peut-être vivre des émotions contraires : le contentement de partir se balader et la peur de partir sans ses copains. Et oui, chevaux et poneys sont des animaux grégaires.

    Alors l’objectif de cet article, aujourd’hui, c’est de vous donner le plus d’astuces possibles pour préparer votre sortie avec votre cheval en extérieur seul à seul avec lui et en faire un moment magique pour tous les deux.

    Pourquoi c’est génial de pouvoir sortir seul avec son cheval ? 

    L’indépendance

    La première chose c’est que vous n’aurez pas tous les jours quelqu’un avec qui partager vos balades, et ce serait dommage de se priver de promenade pour la simple raison que vous n’avez trouvé aucun cavalier pour vous accompagner.
    Depuis qu’on se balade avec Oural, on a changé d’écurie trois fois : Rambouillet, Sausset les Pins, Ventabren.
    Quand on arrive dans une nouvelle écurie, ce n’est pas toujours facile de trouver quelqu’un qui est dispo comme nous le dimanche 5 février de 9h à midi pour une balade à cheval. Et la complexité devient ardue quand il s’agit de trouver un cavalier ou une cavalière avec qui le feeling passe et avec qui ça se passe bien.

    Est-ce que je vous raconte la fois où une cavalière derrière moi m’a doublée sur la droite au galop quand j’étais au pas avec Oural ? Surprise ! Bon, je ne lui ai plus proposé de repartir… On en parlera ci-dessous mais parfois, certains cavaliers vous diront qu’ils sont beaucoup plus en sécurité en partant seul avec leur cheval ou leur jument plutôt qu’en étant mal accompagné. Et ils ont raison.

    sortir seule a cheval

    La complicité

    Ensuite, partir vous balader avec votre cheval va renforcer votre complicité avec lui. Vous allez compter l’un sur l’autre, découvrir ensemble de quoi va être faite votre balade. Partir seul avec votre cheval vous permet de travailler votre confiance mutuelle.
    Votre cheval vous écoute, et vous l’écoutez aussi.
    Dans nos balades, quand Oural hésite à passer à un endroit, je réfléchis avant de foncer : est-ce qu’il a raison ? Parfois non et parfois oui et en fait je suis hésitante, comme lui à ce moment là.
    L’idée est de trouver le juste milieu entre écouter l’instinct de son cheval et s’écouter si on est sûr
    que le passage choisi est sans danger (et dans ce cas il faudra bien rassurer son cheval pour passer).

    Le développement personnel

    Au niveau personnel, partir seul avec votre cheval va vous apporter énormémént. On gagne : 

    • en maturité : vous leadez votre balade, c’est à vous de prendre toutes les précautions, d’être vigilant et de prendre les bonnes décisions
    • en estime de soi : partir seul en balade à cheval c’est quand même un sacré truc vous ne trouvez pas ? Tout le monde n’ose pas mais vous oui. Vous pouvez être fier
    • en confiance en soi : vous gérez votre balade (allure, tracé, horaire) et vous avez un animal de 500 kilos qui vous écoute !

    La liberté

    On éprouve une sensation de liberté magique quand on part se promener seul avec son cheval.
    J’adore partir avec d’autres cavaliers aussi et parler de plein de choses tout en profitant des paysages.
    Les balades seules ne sont pas les mêmes. On est comme relié à la nature et à son cheval. C’est le coeur de la balade.

    Une connaissance des cartes IGN est un gros + quand on part seul et même si on s’oriente via une application mobile comme Iphigénie, Outdoor Active ou Visorando cela aide toujours à comprendre la signalisation des cartes.
    Si la lecture des cartes IGN vous intéresse, notamment pour trouver des sentiers équestres, cet article devrait vous plaire et vous donner des infos utiles.
    Quand on maitrise les données de navigation on est beaucoup plus serein à cheval et on peut se concentrer davantage sur son cheval et sur la beauté des paysages. Bref, la gestion de l’itinéraire à cheval est une compétence importante pour le cavalier et se poser en amont sur son itinéraire permet de bien préparer la balade.

    seul a cheval en extérieur

     

    Balade avec mon cheval : préparer sa balade seul avec son cheval 

    J’aime bien faire les choses petit à petit, étapes par étapes.
    Avant de partir seul avec votre jument ou votre hongre, voici quelques actions et réflexions à mener.

    1 La balade avec d’autres cavaliers

    Essayez de partir en extérieur sans moniteur et sans guide. Partez avec d’autres cavaliers : 1, 2, 3, 4. Vous allez vous partager avec ces autres cavaliers la responsabilité de la balade (tracé, sécurité, allure) et c’est déjà un bon début.

    2 S’interroger sur son niveau d’équitation

    Partir seul à cheval c’est une sacrée responsabilité. Pour ne pas se mettre en danger inutilement, mieux vaut avoir un bon niveau d’équitation : un galop 5 est je pense un minimum.
    Ce qui va compter aussi : est-ce que vous êtes habitué à sortir en extérieur ou est-ce que jusqu’à présent vous avez fait plutôt de la carrière ou du manège ?

    Vous devez être capable de faire avancer votre cheval là où vous souhaitez aller, de le faire accélérer, ralentir, s’arrêter, tout cela en terrain varié. Si vous avez ce contrôle, alors c’est parti !

    3 Balade avec mon cheval : connaitre le code de la route

    C’est rassurant, sécurisant et le moment venu indispensable : comment se comporter quand on est à cheval sur une route ? Comment faire quand on croise une voiture ? Sur quelle route a-t-on le droit d’aller ? Quels panneaux me concernent ? 

    Si vous vous posez ces questions, n’hésitez pas à consulter mon article sur le code de la route du cavalier.

    4 Mesurer l’instinct grégaire de son cheval

    Regardez comment votre cheval (ou votre poney ou votre jument) se comporte quand il quitte les copains. Il peut y avoir plein d’exercices différents pour cela : 

    • vous l’emmenez seul dans la carrière ou le manège pour un travail en solo
    • vous partez faire un petit tour en main dans votre écurie ou votre centre équestre
    • vous faites une petite balade en main autour de l’écurie ou du centre équestre.

    Que se passe-t-il quand la jument quitte ses voisins de paddock ? Et quand votre poney quitte ses colocs de pré ? Mais qu’il reste quand même en territoire connu (l’écurie).

    L’idée est d’essayer de cerner si votre cheval va être étonné, embêté, effrayé ou à l’aise de partir seul. Selon le comportement de votre cheval, votre première sortie seul avec lui sera dans plus ou moins longtemps et plus ou moins longue. Il va falloir y aller à votre rythme : à son rythme et au votre. Au début, il s’agira peut-être de se promener dans les écuries et les fois prochaines vous pourrez partir un peu plus loin.

    5 Bien connaître votre cheval et avoir déjà fait de l’extérieur avec lui

    Vous êtes déjà parti plusieurs fois avec lui mais accompagné : avec d’autres cavaliers et d’autres chevaux. Vous avez donc engrangé des connaissances, vous savez comment il peut réagir à des imprévus (un chien qui aboie, une voiture qui va trop vite, une route fermée, un gland qui tombe sur ses fesses), des changements d’allure, le chemin du retour. Bref, vous savez à peu près comment il va réagir à ce qu’il connait et à ce qu’il ne connait pas, vous savez comment il gère les situations. 

    Par exemple, que fait-il quand il a peur ? Est-ce qu’il se fige, est-ce qu’il veut fuir ? Est-ce qu’il va faire un écart ? La réponse à cette question va conditionner votre réaction, et va faire que vous aurez la bonne réaction le moment venu. 

    6  Testez des balades à pied avec votre cheval en main

    Parfois on est plus rassuré en étant pied à terre. Pourquoi ne pas tenter de courtes balades avec son cheval en licol et en longe ?
    ça va être l’occasion de travailler le respect de certaines règles avec le cheval : ne pas dépasser, ne pas se mettre à brouter à n’importe quel moment, contrôler l’allure, faire des exercices d’arrêt, etc.
    Si en plus votre cheval n’a pas l’habitude d’être séparé des autres, le fait de lui proposer des petits exercices va lui changer les idées et l’occuper.
    Vous pouvez aussi l’encourager avec des carottes, des pommes ou une pause pour brouter. L’idée c’est que votre cheval associe la balade à un bon moment.
    De cette façon, vous allez aussi faire un travail qui va être très utile quand vous partirez en balade sur votre cheval. À certains moments, on a besoin de mettre pied à terre (grosse montée caillouteuse ou besoin d’aller faire pipi) et le travail fait à pied va vous aider à avoir un cheval calme et à l’écoute si vous mettez pied à terre pendant la balade.

    Si vous êtes intéressé par le travail à pied, je vous suggère cet article où je parle de la méthode Pad de Véronique de Saint Vaulry. C’est une méthode de travail à pied tout à fait adaptée au cheval d’extérieur.

    promener son cheval en main

    7  Balade avec son cheval : positivez !

    Visualisez vos balades seul avec votre cheval : ce sont des balades qui se passent bien, où votre cheval est dynamique mais détendu. Pensez à un scénario qui se passe bien et qui finit bien. 

    Balade avec mon cheval : le jour J

    Le grand jour est arrivé, voici 10 conseils pour vous et votre cheval.  

    1 Balade avec mon cheval : la météo 

    C’est vite fait, mais le jour d’avant, regardez la météo. Certains éléments météorologiques peuvent compliquer les balades : un grand vent (pas agréable et qui peut exciter votre cheval), des gelées importantes qui rendent le terrain glissant ou tout simplement une grosse pluie qui ne rendra la balade confortable ni pour l’un ni pour l’autre.
    Pour votre première balade, essayez d’avoir des conditions idéales.

    2 Votre cheval est-il en forme ?

    Pendant que vous le préparez (pansage, curage des pieds), vérifiez que votre cheval n’a pas de problème (blessure, fer qui bouge, etc.) ou de choses qui le gênent.

    Un exemple : à la fin du printemps et en été, j’ai déjà trouvé dans la bouche d’Oural des spigaous coincés qui le gênaient. Ce sont des sortes d’épis de graminées sauvages qui peuvent se coincer notamment dans la bouche et que le cheval n’arrive pas à enlever tout seul. Avant de mettre le filet, regardez bien la bouche de votre cheval pour vérifier que tout va bien.

    Cela arrivera c’est sûr : il y a certaines fois où on ne peut pas sortir (ou on ne peut pas monter) et même où on appelle le vétérinaire…

    3 Pourquoi pas parier sur une demi heure de détente en carrière avant de partir ? 

    Si votre cheval ou votre poney est un peu chaud, pour différentes raisons, peut-être que le détendre en carrière pourra être une bonne idée, ou alors le longer dans un rond de longe. Cela permet de commencer à le mettre en mouvement pour le détendre et libérer son énergie.

    tour en carriere avant une balade

    4 Misez sur la sécurité pour partir serein

    La première chose, c’est d’emporter votre téléphone chargé et de le garder dans l’une de vos poches qui ferme bien

    Ensuite, prévenez que vous partez en expliquant où vous allez et quand vous rentrez : 

    • prévenez ceux qui sont dans l’écurie,
    • dites-le à un proche.

    Avec mon chéri j’ai partagé ma localisation sur Google Maps. Il suit donc à la trace mes balades. Pratique.
    Enormément d’applications proposent cette fonctionnalité, j’ai d’ailleurs fait un article sur le sujet où je vous liste les 18 principales applications qui permettent de partager sa position en temps réel.

    5 Choisissez un court tracé que vous connaissez par coeur

    Pour une première balade seul, choisissez un tracé d’une demi heure à une heure sur des chemins que vous avez déjà pratiqué des dizaines de fois et où vous n’avez jamais vu de difficultés apparentes.
    L’objectif des premières balades seules c’est de multiplier les expériences courtes et positives pour que vous et votre cheval preniez confiance. On y va étapes par étapes sans se brûler les ailes.

    Vous l’avez compris : la rando à cheval d’une journée ou le week-end avec bivouac, ce n’est pas pour tout de suite. Pour le moment, l’idée est de faire une petite promenade à cheval qui se passe bien. La pratique de l’équitation apprend la patience et l’écoute.

    6 Observez votre cheval

    Regardez comment votre cheval ou votre jument se comporte : est-ce que la séparation d’avec les copains se passe bien ? Ou est-ce qu’il hennit, tourne la tête vers la maison ? Est-ce qu’il est plutôt calme et détendu ?
    Si vous voyez que c’est compliqué pour lui, il y a plusieurs options qui peuvent marcher selon les chevaux : 

    • tenter un trot, le changement d’allure peut lui changer les idées et le faire se concentrer sur autre chose
    • le rassurer avec des caresses, lui expliquer ce que vous êtes en train de faire ensemble et que vous allez bientôt rentrer
    • lui donner quelques friandises tout en le félicitant
    • écourter un peu la balade si vous sentez que ça va faire trop pour lui : encore une fois, l’idée est d’y aller étape par étape, balade après balade.

    7 Balade avec mon cheval : une balade tranquille 

    Mes premières balades seule, j’ai fait très peu d’allures et donc beaucoup de pas. C’était une première étape pour moi. Les allures, je les ai rajoutées plus tard. D’abord je voulais vérifier que les balades au pas se passaient bien.

    Par contre, il peut arriver qu’on ait un cheval en pleine forme, hyper dynamique, qui a envie d’y aller, qui a besoin de bouger. ça m’arrive parfois avec Oural, et dans ce cas, plutôt que de l’avoir à fond au pas avec l’énorme envie de trotter, je fais un bon trotting assez rapidement après être partie (si le terrain le permet et après avoir marché au moins un bon quart d’heure). Et ensuite ça va beaucoup mieux !

    Si vous vous demandez par exemple quel est le bon terrain pour galoper alors cet article devrait vous intéresser.

    8 Le bon équipement 

    Quand je parle d’équipement il s’agit d’être sûr : 

    • de l’équipement de votre cheval (par exemple, pensez à resangler avant de monter, à checker que vos étriers sont à la bonne longueur, vérifiez que votre filet est correctement ajusté, etc.)
    • de votre équipement de cavalier ou cavalière : êtes-vous à l’aise ? Avez-vous les bons éléments de sécurité (bombe ou casque, chaussures adéquates, gilet jaune, etc.)
    • que vous emmenez les bons accessoires.

    Pour plus de détails, vous pouvez consulter mon article Tout savoir sur l’équipement pour faire du cheval en extérieur.

    Avant de monter à cheval, regardez votre matériel pour vérifier qu’il est en bon état et qu’il n’y a pas de risque de cassure. 

    9 Balade avec mon cheval : être zen et détendu

    Le cheval ressent nos émotions. Si vous êtes zen et détendu, il va être rassuré et se sentir en sécurité.

    Quelques idées qui je trouve marchent très bien : 

    • vous pouvez  monter les rênes un peu longues (vous les gardez dans les mains, prêt à les ajuster si besoin ou ajustées mais sans avoir les doigts serrés dessus)
    • parlez à votre cheval, rassurez-le, racontez-lui plein de choses et prévenez-le quand vous voyez qu’il va se passer quelque chose (vélo qui arrive par derrière, chiens droit devant, camion sur le chemin, etc.)
    • caressez votre cheval
    • asseyez-vous confortablement sur la selle, dans une position naturelle, sans crispation
    • je l’utilise moins mais récompenser avec des carottes peut aussi fonctionner.

    10 Tout en ayant une concentration maximale

    Deux maitres mots : observer et anticiper pour ne pas être surpris.

    Il faut regarder partout : en hauteur (les branches), par terre (il peut y avoir des barbelés, un flaque d’eau gelée, un trou, etc.), à droite et à gauche, tout droit, derrière (le cycliste qui arrive). En gros il faudrait avoir des yeux partout.
    A ne pas oublier non plus : connaitre la vue du cheval. C’est ce qui va vous permettre de savoir ce qu’il voit de ce qu’il ne voit pas arriver.
    Le cheval a un champ de vision large : avec ses deux yeux il a un champ de vision de 340 degrés sur les 360. Là où il ne voit pas c’est derrière lui et juste devant lui.  Pour en savoir plus, je vous conseille cet article de l’IFCE

    vision du cheval

    11 Partir avec un autre cavalier qui est à pied ?

    C’est une bonne idée si on veut tester comment se comporte le cheval sans copain à côté et si en tant que cavalier on a besoin d’une présence amie. L’idée est d’y aller vraiment pas à pas, alors si avant de partir seul vous avez besoin de cette étape, ne la négligez pas. On s’écoute et on écoute son cheval pour avancer au meilleur rythme.

    12 Balade avec mon cheval : le retour à la maison

    ça y est, on est rentré ! Avant que votre cheval retrouve ses copains, n’oubliez pas de vérifier qu’il ne s’est pas blessé.
    Les principaux points à surveiller : 

    • les sabots pour vérifier notamment que rien ne s’est bloqué dans la sole et la fourchette
    • les membres (pas de blessure ouverte ou de gonflement)
    • le passage de sangle
    • le garrot
    • la tête.

    Mes premières sorties seule avec Oural

    Quand j’étais à Rambouillet, je montais beaucoup avec mes amis et mon chéri, on partait à 2 ou 3, et parfois à 6 ou 7. Les premières fois où j’ai commencé à monter seule, c’était en été, pour des balades de 20h à 22h, en pleine semaine. À l’époque je travaillais du coté de la BNF, je quittais donc le boulot en plein milieu d’après-midi (17h ;-)), c’était de temps en temps les mercredis soirs. Je trouvais génial de profiter de la douceur de la fin de journée avec la chaleur qui décline enfin, le coucher de soleil et en plus de ça la sortie de tous les animaux de la campagne et la forêt. Je n’ai jamais vu autant de chevreuils et de lapins de toute ma vie !
    Bref, vous avez compris, j’avais besoin d’une parenthèse de nature, d’une respiration avec mon cheval en milieu de semaine, d’être émerveillée par la beauté des fleurs, le bruit du vent sur les blés et la nuit tombante.

    Alors j’ai commencé par des petites balades : 1 heure, sur des chemins que je connaissais par cœur. Au pas. J’avais mon téléphone avec moi, calé dans ma poche. Plusieurs personnes savaient où je partais. 

    Les cavaliers qui préfèrent partir seuls

    Il y en a et pour plusieurs raisons : 

    • leur cheval est plus détendu, calme et à l’écoute s’il est seul, avec d’autres chevaux il peut chauffer
    • il n’est pas bon de partir en balade avec n’importe quel cavalier car oui certains cavaliers peuvent vous mettre en danger
    • on est seul à maitriser les conditions de sa balade, on compte sur soi
    • les chevaux peuvent parfois se disputer la première place de la balade et s’énerver mutuellement
    • on voit plus d’animaux sauvages parce qu’on est plus attentif à la nature environnante et à son cheval (et puis forcément on parle moins).

    En fait, quand certains cavaliers ont du mal à sortir seul avec leur cheval, il y en a d’autres qui ont du mal à sortir accompagnés. Je partage d’ailleurs dans un autre article 7 astuces pour calmer le jeu quand un cheval s’énerve en groupe.

    Vous le voyez ce lonesome cowboy au coucher du soleil ? Et bien voici la version féminine pour changer un peu 😉 

    promenade avec son cheval

    Partir seul peut être addictif. La balade à cheval en solitaire est une expérience extraordinaire. Mais partir bien accompagné aussi. Ce ne sont pas les mêmes promenades à cheval, c’est vraiment deux expériences différentes.

     

    À vos commentaires, avez-vous déjà franchi le cap de la balade à cheval seul à seul avec votre cheval ? Ou de la randonnée équestre en solo (weekend avec votre cheval par exemple) ?

  • Le cheval qui a peur des voitures

    Le cheval qui a peur des voitures

    Bonjour !
    Un cheval qui réagit aux voitures, ce n’est pas rare… et ce n’est pas le seul défi en extérieur. Téléchargez gratuitement le guide des 16 conseils pour vivre des balades à cheval plus sereines. 🙂

    Une balade à cheval sans croiser de voitures c’est plutôt rare à notre époque. Que ce soit à Rambouillet, à Sausset les Pins ou à Ventabren qui sont les trois endroits où je me suis le plus baladée à cheval, je n’ai pas fait une seule balade sans croiser de voitures. Dans le Luberon on a aussi croisé des voitures, pareil en Camargue. Il est rare, en fait, de faire des promenades à cheval en pleine nature sans jamais croiser de véhicules à moteur.

    Là où cela peut poser problème, c’est si votre cheval, votre poney ou votre jument a peur des voitures. Vos randonnées équestres ou vos promenades à cheval peuvent alors devenir compliquées.

    On l’oublie parfois, mais chevaux et poneys, à l’état sauvage, sont du côté des proies et leur défense principale est la fuite pour se protéger. Un cheval qui a peur, c’est normal. Cela peut lui arriver comme cela nous arrive à nous. Et apeuré, le cheval va suivre son instinct premier : souvent la fuite.
    La peur des voitures peut venir à tout moment : cela peut arriver à un jeune cheval mais aussi à un cheval adulte après avoir vécu une mauvaise expérience.

    Dans cet article, j’ai compilé plusieurs conseils et astuces pour habituer le cheval aux voitures, aux motos, aux camions. L’objectif c’est que le cheval réussisse tout comme le cavalier à gérer cette peur, pour qu’elle s’atténue ou disparaisse.

    Vous pouvez consulter mon article sur le code de la route à cheval pour en savoir plus sur la signalisation concernant les chevaux sur les routes et les règles auxquelles cavaliers et chevaux sont soumis. C’est toujours rassurant de bien connaitre ces règles, et on va le voir, en tant que cavalier il va falloir qu’on soit confiant et rassuré pour rassurer à notre tour notre cheval.

    Quelques conseils pour les cavaliers 

    Un travail sur la durée

    Il va falloir travailler et cela va prendre du temps.
    Travailler souvent, lors de séances courtes car c’est en croisant des voitures que le cheval va peu à peu s’habituer et se détendre petit à petit.
    Calme et patience seront vos deux alliés et avant de faire des exercices à cheval, il y a de nombreuses idées d’exercices en liberté et à pied pour démarrer.

    Comprendre pourquoi mon cheval a peur des voitures

    C’est toujours mieux d’avoir une idée des raisons pour lesquelles votre cheval a peur. Est-ce qu’il a eu une mauvaise expérience avec les voitures ? Est-ce qu’il n’en a presque jamais vu et est donc surpris, apeuré à la vue de cette chose qu’il ne connaît pas ? Quel est son degré de peur : petite peur de temps en temps s’il est surpris, peur moyenne, peur totale ?
    Ensuite, on peut essayer de se demander qu’est-ce qui fait peur exactement au cheval :

    • l’objet en lui-même : la vue de la voiture
    • le bruit de la voiture
    • l’odeur de la voiture
    • les mouvements de la voiture (quand elle arrive par devant, quand elle arrive par derrière)
    • le package voiture dans sa globalité.

    Pour vos premiers exercices, commencez facile : une voiture à l’arrêt ça fera déjà très bien l’affaire. Les prochains jours vous pourrez la faire démarrer pour corser un peu l’exercice, puis la faire bouger grâce à un ami qui peut vous aider à habituer le cheval.

    Etre zen et détendu (même si ce n’est pas facile)

    C’est souvent plus facile à dire qu’à faire mais le cavalier doit être détendu, zen, tranquille pour rassurer son cheval au maximum. En d’autres termes, on ne peut pas avoir peur quand on monte à cheval, ou en tout cas, le cheval ne doit pas sentir notre peur.
    Si quand une voiture arrive le cavalier monte en tension et se contracte, le cheval va le sentir et risque de stresser et se crisper aussi.
    L’idée n’est pas de se voiler la face devant le potentiel danger mais de tenter de rassurer votre cheval au maximum pour que ce « potentiel danger » pour lui devienne « un truc normal ».

    L’idée est d’essayer de rester décontracté pour que le cheval comprenne qu’il s’agit d’une situation normale. Je parle beaucoup à mon cheval et dans ce genre de cas, je lui dis des choses de ce type “ Regarde Oural, on a une voiture qui arrive tu vois, comme la dernière fois, donc on reste bien sur le côté ».
    Au moindre signe de décontraction, je le félicite. L’idée est qu’il comprenne qu’en étant décontracté, tout va bien se passer. Pourquoi pas aussi lui donner des friandises pour le féliciter mais je dois avouer que je le fais très peu à cheval.

    Plus vous allez partir en extérieur avec votre cheval, plus vous allez créer un rapport de confiance avec lui. Cette confiance va être essentielle, parce qu’elle va vous rassurer vous et rassurer votre cheval en même temps.

    La voiture qui fait partie du paysage

    Le premier objectif ne va pas être de travailler à cheval, ni de travailler à pied. ça va plutôt être d’amener les voitures dans l’environnement du cheval pour l’habituer. L’idée c’est que la moto, la voiture ou le camion doit être un élément classique, un élément habituel dans le paysage de votre cheval, de votre jument ou de votre poney.

    habituer le cheval aux camions

    Quelques idées :

    • changer de pré quand c’est possible pour avoir un pré plus proche de la route : les voitures font partie intégrante de sa vie, de loin, et votre cheval sera plus vite serein s’il voit que les chevaux à côté ne réagissent pas quand les voitures passent
    • amener une voiture dans le pré de votre cheval, cela peut être l’occasion de l’habituer, plus près, à la forme des voitures, au fait qu’elle roule mais sans être dangereuse et pourquoi pas avoir mis dans le coffre la ration de nourriture du matin ou du soir : nourrir près des choses effrayantes va permettre de dédramatiser et la présence de la voiture sera associée à un bon moment
    • trouver un paddock  ou un box plus proche du parking de l’écurie comme ça le cheval va assister au ballet des voitures et motos qui arrivent, se garent, etc.

    Cela permet de commencer tout doucement à travailler et le cheval, comme il est en liberté, peut lui même doser sa réponse : si c’est trop d’émotion, si la voiture est trop proche, il peut s’écarter de lui-même.
    Observez : comment réagit le cheval quand il a peur ? Fuite au galop ? Demi-tour ? Ecart ?

    cheval au bord d'une route

    Le cheval qui a peur des voitures : quel travail à pied spécifique ? 

    Une autre possibilité que vous avez réside dans le travail à pied et là encore vous avez plein d’exercices possibles.

    L’idéal est de faire déjà pas mal d’exercices en terrain connu et en sécurité donc à l’écurie ou au centre équestre et au pas au début.

    Quelques idées :

    • aller visiter le parking des voitures avec votre cheval, y marcher, le laisser s’imprégner des odeurs, sentir les voitures (hum cette bonne odeur d’essence ou de diesel), le laisser voir la voiture arrêter, puis dans un second temps entendre la voiture démarrer, ouvrir et fermer une portière etc pour qu’il s’acclimate aux bruits des voitures
    • faire brouter votre cheval à côté d’une voiture, pour qu’il associe la voiture à un moment sympathique (manger)
    • se promener sur la route de l’écurie ou du centre équestre pour croiser de temps en temps des voitures, en rassurant son cheval, en le caressant, pourquoi pas même demander à un ami de conduire la voiture pour répéter l’exercice plusieurs fois et pourquoi pas féliciter votre cheval avec des pommes ou des carottes que le conducteur donnera tout en étant encore au volant
    • sur la route de l’écurie ou de votre ferme équestre, tester toutes les possibilités : la voiture qui arrive par devant, celle qui arrive par derrière, celle qui arrive par le côté, suivre une voiture pendant un moment, se croiser, faire un bout de la route côte à côte etc.

    Pour se sentir en confiance et en sécurité, le cheval a besoin de sentir qu’il peut bouger sans contrainte sa tête pour voir la situation à laquelle il doit faire face, du coup pensez à ne pas le tenir trop serré, la longe doit être assez lâche.

    Si tout se passe bien à l’écurie, c’est le moment de tester dehors lors d’une petite balade à pied. Vous pouvez aussi corser l’exercice en faisant l’exercice dans l’écurie mais cette fois-ci au trot.

    Pour en savoir plus sur le travail à pied (TAP), vous pouvez lire l’article sur la méthode PAD de Véronique de Saint Vaulry.

    travailler le cheval qui a peur des voitures

    Le cheval qui a peur des voitures : astuces pour vos balades 

    La première astuce, qui aide à tous les coups si les chevaux ont peur de quelque chose en particulier, c’est de partir avec un cheval qui n’a pas cette peur et va se mettre devant pour leader la balade.

    Ensuite, quand vous devez longer ou traverser une route, pensez toujours à demander aux automobilistes de ralentir en leur faisant signe.

    Pensez à chaque fois à prévenir le cheval qu’une voiture arrive, surtout si elle arrive par derrière. C’est une info à donner de façon neutre au cheval, pour qu’il ne soit pas surpris. Je n’hésite pas aussi à le caresser pour le rassurer tout en lui parlant. Et évidemment, le cavalier doit rester zen et détendu pour aider le cheval à être lui même zen et détendu.

    Se faire aider 

    Les livres spécialisés

    Je vous conseille les livres de Véronique de Saint Vaulry, une cavalière passionnée par la psychologie du cheval, qui a écrit notamment “Le cheval d’extérieur, l’éduquer, le dresser”. 

    Dans Cheval Magazine, en septembre 2001 elle a écrit un article sur le sujet : “Apprivoiser la circulation”. Dans cet article, elle donne une technique simple à suivre par le cavalier face à ce que le cheval considère comme un danger  :

    • trouver une aire spacieuse pour s’écarter de la chaussée (pas toujours facile mais parfois faisable, ça dépend de là où on est)
    • orienter sa monture face au danger pour qu’elle puisse voir le danger, détendre les rênes pour qu’elle se sente libre de regarder comme elle souhaite le véhicule en approche
    • faire pivoter le cheval pour qu’il reste face au danger quand la voiture passe, il doit continuer à la voir
    • ne pas hésiter à caresser et rassurer le cheval à chaque étape et garder son calme.

    La technique ci-dessus fonctionne pour des chevaux qui ont dit-elle “une peur modérée”.

    Se faire aider par un cavalier plus expérimenté 

    Parfois cela peut être intéressant aussi de donner la main à un autre cavalier. Il peut y avoir des cavaliers galops 6 ou 7 en demande de monter d’autres chevaux pour s’entraîner, qui pourraient donc essayer d’habituer votre cheval aux voitures.
    Confier son cheval à un autre cavalier n’est pas chose facile, à vrai dire je ne l’ai jamais fait… Et si je devais le faire, je prévoirais d’être là au moins les deux ou trois premières séances.

    Se faire aider par un professionnel

    Une autre solution, c’est de rencontrer un professionnel qui pourrait désensibiliser votre cheval pour qu’il n’ait plus peur des voitures, motos et camions.
    Les exercices qu’on a vus plus haut sont des exercices de désensibilisation, mais si vous manquez de temps ou d’expérience ou si votre cheval a vraiment très peur, il peut être intéressant et nécessaire de demander de l’aide à un professionnel.
    La désensibilisation, c’est l’action d’habituer le cheval à un stimulus répété. Dans notre cas ce stimulus c’est la présence des voitures. L’objectif est que lorsque la voiture passe, le cheval réussisse à contrôler ses émotions, à dépasser sa peur.
    L’idée est d’y aller vraiment progressivement mais souvent pour ne pas braquer le cheval et toujours finir la séance par un succès. 

    Si la peur est profonde, l’aide d’un professionnel est vraiment un grand atout parce qu’il a déjà utilisé la méthode plusieurs fois et peut donc savoir plus facilement à quel moment arrêter le stimuli pour ne pas braquer le cheval. En gros, il faut savoir doser, et respecter la capacité du cheval à affronter ses peurs.

     

    Est-ce que votre cheval a déjà eu peur des voitures ? Sinon, de quoi peut-il avoir peur en promenade ? Racontez-moi 🙂
    Avec Oural, c’est les chiens de temps en temps qui surgissent par surprise et nous font sursauter tous les deux en même temps.