Catégorie : Bien être du cheval

  • Anti stress chevaux : comprendre le stress et aider son cheval à s’apaiser

    Anti stress chevaux : comprendre le stress et aider son cheval à s’apaiser

    Bonjour !
    Cheval stressé, ambiance tendue, et pourtant on rêvait d’une balade à cheval dans le calme et la confiance… Ne manquez pas le guide des 16 astuces simples pour des balades plus calmes et plus sûres. Un concentré de conseils utiles à télécharger gratuitement juste ici ! 🙂

    Le stress chez le cheval est fréquent. La peur aussi. Il n’y peut rien. C’est une proie. Le stress, la peur, lui ont permis de survivre face aux prédateurs depuis plusieurs millions d’années.

    C’est toujours important de se souvenir de ça car il est normal qu’un cheval ait peur ou soit stressé : c’est l’activation d’un instinct de survie ancestral.

    Alors on pourrait se dire : mais comment faire ? La lutte est perdue d’avance. Mais en réalité il ne s’agit pas de chercher à supprimer à tout prix le stress du cheval.
    Le véritable enjeu est plutôt de comprendre ce qui le déclenche, ce qui l’amplifie et d’être en tant que cavalier celui qui va savoir accompagner son cheval pour l’aider à s’apaiser et éviter l’escalade de la peur et du stress.

    Chaque être humain est différent. Chaque cheval aussi. Et ce qui stresse l’un peut laisser l’autre complètement indifférent : Oural est stressé par les plaques d’égoût et le vent, Ecume, une jument avec qui je me baladais quand j’étais adolescente avait peur des papillons et de l’orage et je suis sûre que votre cheval a ses propres sources de stress que vous avez déjà identifiées : stress en croisant des voitures en balade, stress quand un chien surgit de nulle part, stress quand il entend les tirs des chasseurs, etc.

    Chaque cheval est différent, oui mais il existe heureusement des leviers concrets, liés à l’environnement, au travail, au matériel ou encore au comportement du cavalier qui permettent de réduire le stress et d’installer plus de sérénité au quotidien et pendant ses balades à cheval. C’est ce dont on va parler dans cet article : j’ai essayé de lister les antistress chevaux qui fonctionnent. 

    Comment s’expriment le stress et la peur chez le cheval ?

    L’idée ici est de regarder les premiers signes pour pouvoir désamorcer plus facilement la situation. Voici des exemples d’expression d’un début de stress chez le cheval : 

    • un port de tête qui se redresse, en vigilance, une encolure qui se tend
    • un petit changement de cadence
    • une respiration qui devient un peu saccadée ou plus rapide
    • les oreilles qui se figent
    • un cheval qui fait plus de crottins que d’habitude
    • une difficulté à rester immobile.

    Savoir reconnaître comment son cheval exprime les premiers signes de stress est essentiel parce que cela va vous permettre d’éviter une situation d’escalade : 

    • cheval qui refuse d’avancer
    • cheval qui fait demi tour
    • cheval qui se cabre
    • cheval qui embarque, etc.

    Comme les chevaux ne réagissent pas tous pareil, essayez aussi de décrypter à quelle catégorie votre cheval appartient plutôt : 

    • le stress le rend explosif
    • le stress le fige
    • le stress le fait le replier sur lui-même, il continue d’avancer mais il est moins présent (il répond moins aux aides, il est stressé intérieurement mais le montre très peu).

    Qu’est-ce qui peut faire stresser mon cheval ?

    On peut regrouper les différents stress en trois grandes familles. 

    Le stress vient du cavalier

    On dit souvent que les chevaux sont des éponges et c’est vrai. Avec un cavalier confiant, rassuré, souriant, il aura tendance à être beaucoup plus détendu et calme. Avec un cavalier stressé, qui a peur, le cheval va sentir les émotions négatives et le cavalier lui envoie alors un mauvais message. 

    Monter à cheval c’est difficile et c’est beau. Le cavalier, avant de s’occuper des émotions du cheval, doit d’abord gérer les siennes sinon ça ne fonctionnera pas. 

    Le stress vient de l’environnement

    Un véhicule qui klaxonne, l’effet de surprise d’un chien qui apparaît au détour d’un chemin, un cycliste qui arrive par derrière, le vent qui fait tournoyer puis tomber les feuilles, une odeur qu’on ne sentira pas mais que votre cheval a bien senti lui : en balade à cheval, les sources de stress sont multiples.
    Essayez de vous demander : y a t il des éléments qui perturbent davantage votre cheval ? D’autres qui au contraire ne sont pas stressants pour lui ?

    Petit exemple de ce à quoi vous pouvez vous retrouver confronté avec votre cheval en balade : l’automobiliste qui klaxonne…  Heureusement c’est rare mais si vous vous baladez souvent à cheval, cela vous est déjà sans doute arrivé au moins une fois.


    Le stress vient d’un inconfort ou d’une douleur 

    On oublie parfois la question du matériel mais on peut enquêter aussi sur cette thématique, se renseigner auprès d’un saddle fitter ou d’un bit fitter. Du matériel qui blesse, qui est inconfortable est une source de stress pour le cheval.
    De petits signes peuvent vous indiquer qu’il y a peut-être une piste à suivre : cheval qui couche les oreilles au moment de mettre le filet ou au moment où on pose la selle sur son dos.
    Si vous pensez qu’il y a un inconfort, une séance d’ostéopathie pourrait aussi aider votre cheval : un faux mouvement au pré est vite arrivé, on ne peut pas suivre 24 heures sur 24 les faits et gestes de nos chevaux. 

    Bref, notre cheval a besoin de bien-être physique pour se sentir bien. Malheureusement il ne parle pas notre langue, alors il va falloir décrypter la sienne, faire attention aux signes, aux gestes.

    Anti stress chevaux : les solutions pour apaiser son cheval

    Anti stress chevaux : les actions qu’on peut mener sur l’environnement

    Est-ce que vous connaissez les 3F ? C’est une façon très synthétique de décrire les besoins essentiels d’un cheval : 

    • le f de forage/food (foin ou herbe à volonté)
    • le f de freedom (de l’espace et une vie en extérieur, le pré étant l’idéal)
    • le f de friends (la vie en troupeau, dans un troupeau où les chevaux s’entendent bien).

    Imaginons un cheval qui vit en boxe, sans possibilité de trop se déplacer, sans grand lien avec l’extérieur et sans autres chevaux. Imaginons maintenant un cheval qui vit au pré et en troupeau : quelle sera sa réaction quand il entendra le TGV passer ? Quand il verra un oiseau s’envoler précipitamment ? Il sera beaucoup plus détendu que le cheval au box qui n’aura pas ces habitudes : l’oiseau qui s’envole, le bruit du TGV qui passe. Sans compter que le cheval au pré aura pu marcher et sera plus détendu que le cheval qui est resté au boxe toute la journée et n’a qu’une envie : de l’espace, du mouvement là maintenant.

    Bref, un cheval détendu c’est un cheval dont on respecte les besoins. D’où l’important de remettre au centre ces fameux 3 F. 

    Quand on part en balade à cheval, on ne peut pas tout prévoir. Il va y avoir des imprévus, des sources de stress contre lesquelles on ne peut rien. Pour affaiblir ces imprévus, créer une routine est une bonne solution, grâce à des sorties régulières, en utilisant les mêmes chemins, tout cela va avoir un effet rassurant sur son cheval. 

    Dans la vidéo ci-dessous par exemple, on se retrouve malheureusement sur le pont au moment où le TGV passe dessous. Le principal problème c’est le bruit que fait le TGV en passant : un bruit vraiment stressant pour les chevaux. C’est l’exemple même d’une situation qui peut être stressante pour le cheval. Ici elle l’est un peu : on voit Oural qui est attentif, qui agite les oreilles qui regarde en direction du TGV mais il n’y a pas d’escalade de stress en partie parce que son pré, quand même assez proche des rails, fait qu’il entend très souvent le bruit lointain du TGV qui passe. Il s’est habitué. Un autre point aussi c’est que je le rassure avec ma voix (on regardera ensemble les solutions du cavalier pour rassurer un peu plus bas).

    Anti stress chevaux : adapter les sorties en tenant compte de son cheval 

    Beaucoup de cavaliers cherchent une solution anti-stress pour leur balade alors que c’est souvent la préparation de la balade qui peut déjà faire  la différence

    • un cavalier bien dans ses bottes (confiant, calme, heureux)
    • une préparation du cheval tranquille et détendue (brossage, pieds, mettre la selle et le filet)
    • du travail à pied pour construire une relation de confiance.

    Une fois en extérieur, le travail continue : être le guide de son cheval, lui montrer que vous vous occupez bien de lui et que vous avez les bonnes réactions dans des situations pas simples, voilà qui va au fur et à mesure construire une confiance de votre cheval en vous. Cette confiance va tout changer : votre cheval va s’en remettre à vous.

    Une autre astuce consiste à partir en balade avec un autre cheval, déjà assez mûr dans les sorties en extérieur, qui fait un bon duo avec son cavalier. C’est le top pour rassurer un cheval stressé.
    Attention là encore, si vous choisissez l’option de partir en groupe, à plusieurs, cela pourra avoir des vertus apaisantes pour votre cheval mais cela pourrait l’exciter aussi (voir cet article sur le sujet).
    Il y a aussi des chevaux beaucoup plus sereins quand ils sortent seuls avec leur cavalier (question d’habitude, de caractère aussi) donc cela dépendra de votre cheval, mais aussi de vous : quelle situation vous détend car cette situation détendra aussi votre cheval. 

    Anti stress chevaux : notre Comportement de cavalier en extérieur 

    On l’a dit plus haut : le cheval est une éponge pour nos émotions. Il ressent les émotions positives, les émotions négatives. Et comme vous l’imaginez, il sera beaucoup plus en confiance avec un cavalier zen. Ce n’est pas toujours facile d’être zen, surtout dans des situations compliquées, mais voici quelques conseils pour travailler sa zénitude et montrer à son cheval que l’on est son guide et qu’il peut compter sur nous : 

    • lui parler pour le rassurer
    • comprendre quelles réponses de notre part le sécurise davantage : par exemple, est-il plus à l’aise quand on passe un passage difficile à cheval ou en descendant et en se mettant à côté de lui ou devant lui ?
    • travailler sa posture et sa respiration pour rester calme (des exercices de respiration qui peuvent se faire avant de monter à cheval, mais aussi pendant, et l’un d’eux peut être de chanter !)
    • être focus sur l’instant présent pour anticiper et gérer les potentiels soucis : ce n’est pas le moment de penser à ce qu’on va faire pour le dîner de ce soir, ni de regarder sur son portable si le kiné a confirmé le rendez-vous du jeudi… à la place on regarde ce qui est devant nous, sur les côtés, derrière, et on profite du paysage en même temps
    • faire confiance à son cheval, notamment avec des rênes détendues qui lui permettent de pouvoir par exemple tourner l’encolure pour qu’il puisse regarder s’il a par exemple entendu quelque chose.

    L’ultime graal de tout cela, c’est d’avoir un cheval qui nous fait confiance et un cavalier qui fait confiance à son cheval : cette confiance mutuelle c’est le meilleur antistress. Cela prend du temps, mais c’est tellement magique que ça en vaut la peine. 

    Dans cette vidéo, on se retrouve face à un environnement qui a changé : il a beaucoup plu alors le passage (déjà compliqué) pour passer sous le TGV avec le canal d’un côté est devenu une gigantesque flaque d’eau. Oural n’aime pas trop mettre les pieds dans l’eau dans ce genre de flaques car il ne voit pas où il va mettre les pieds. Il est hésitant, on sent que le stress pourrait arriver. Alors je le rassure avec la voix, je lui laisse le temps, tout en lui demandant d’y aller pour ne pas qu’il hésite trop longtemps (il y a quand même le TGV qui pourrait arriver).

    Compléments antistress pour chevaux ? Faut-il tester ? 

    Il existe énormément de compléments pour les chevaux, naturels, à base de plantes, avec pour objectif de réduire le stress. On va en parler pour terminer cet article.
    Quelques cas où des compléments antistress pour chevaux peuvent aider : 

    • un stress ponctuel
    • un transport
    • déménagement d’une écurie à une autre et changement d’environnement. 

    Compléments antistress chevaux : quelques principes à garder en tête : 

    • toutes les plantes ne sont pas bonnes pour la santé donc bien se renseigner avant
    • il faut donner la bonne dose pour que le complément soit efficace
    • un cheval sera plus ou moins sensible à telle plante, tel complément

    Se rapprocher d’un professionnel est donc une bonne idée soit pour valider son choix qu’on a fait grâce à des recherches ou en s’inspirant d’autres expériences de cavaliers.

    La solution qui revient le plus souvent 

    En lisant de nombreux groupes et forums, j’ai noté que la solution qui revenait le plus était l’utilisation de la fleur de Bach qui détend et apaise les chevaux.
    Il en existe un pour animaux : Fleurs de Bach rescue, sans alcool.
    Plusieurs cavalières l’utilisent elles aussi pour elles-mêmes en rappelant que pour un cheval détendu il faut un cavalier détendu.

    Le magnésium, cité plusieurs fois

    Une cure de magnésium, plusieurs cavalières en parlent pour réduire l’énervement et l’anxiété de leur cheval, souvent des juments.
    Ce peut être juste du magnésium ou un complément à base de magnésium comme Sectolin equivital nervo ou les pellets de magnésium d’Annimally avec de la vitamine B 12 et de la vitamine E en plus.

    Anti stress chevaux : les autres compléments 

    Chaque cavalier cite le sien : 

    • le complément Cura naturale Relaxant, utilisé notamment pour le transport et le changement de pension par une cavalière, il revient quand même à trois reprises (composition : macérats de bourgeons de figuier, tilleul, olivier, sous forme liquide à donner directement ou intégré à la ration)
    • Silent 4 chez Ron Fields Nutrition Europe (poudre végétale composée de ocimum sanctum, racines de withania somnifera, bacopa monnieri, phyllanthus emblica, racines de gingembre, nardostachys jatamansi)
    • Equistress des Laboratoires ESC composé là encore de plantes (camomille matricaire, angélique, aubépine, chicorée, escholtzia, houblon, lithothamne, mélisse, menthe poivrée, chlorure de magnésium, carbonate de calcium) à incorporer dans la ration
    • Magic qui existe en poudre, en liquide ou seringue, peut être donné en mélangeant à la ration (composition 100% naturelle : oxyde de magnésium, farine d’herbe, houblon, millepertuis, carbonate de calcium, huile de colza, levure de bière, graines de fenugrec, oligofructose, extraits de  saccharomyces cerevisiae)
    • Zzen d’Audevard, en format liquide ou seringue (composition : chlorure de magnésium, sorbitol, monopropylène glycol, mélasse de canne à sucre, sel de sodium d’acides organiques/benzoate de sodium)
    • RG zen, cette fois-ci on est sur des huiles essentielles (vétiver, lavande, patchouli, vanille, huile de coco)
    • Trypto stress de chez Equibao sous format liquide (composition : eau, houblon, chlorure de magnésium, anémone, aubépine, camomille romaine, jasmin sambac)
    • Distri cool chez Distri Horse 33 à base de plantes apaisantes et sous forme liquide (camomille, passiflore, valériane, L-tryptophane : 1000 mg/L, vitamine B12 : 100 mg/L et arôme pomme verte.

    anti stress pour chevaux

    Anti stress chevaux : LPC Anxious flash pour un trajet en van

    Dans le cas où vous cherchez quelque chose pour limiter le stress de votre cheval lors d’un trajet en van, plusieurs cavaliers ont testé et conseillent LPC anxious flash en format seringue à donner le jour du trajet.

    Les compléments anti stress chevaux sont-ils une solution miracle ? 

    Difficile de répondre à cette question.  Dans certains cas ponctuels comme le transport du cheval cela peut très bien fonctionner : le produit va faire effet et le cheval sera plus serein et plus décontracté pour son voyage en van ou en camion.
    Mais il faut garder en tête que le complément ne va pas régler la cause : il va simplement réduire le stress à un moment donné.
    Comme solution pour un cas isolé et stressant ça peut donc être intéressant, mais si le stress de votre cheval est quotidien, il va falloir en trouver les causes et travailler sur des solutions comme celles que l’on a vu plus en haut dans l’article. 

    En gros les compléments ne remplacent pas un diagnostic vétérinaire, ne corrigent pas un problème de fond, ni ne traitent une douleur ou un inconfort qui viendrait de la selle, du filet ou d’une partie du corps bloquée.

    Anti stress chevaux : pour conclure

    La bonne nouvelle c’est qu’il existe plusieurs anti stress pour nos chevaux, on vient de le voir. 

    L’objectif de cet article, c’était aussi de vous proposer déjà un cheminement : avant toute solution, déjà comprendre votre cheval pour pouvoir adapter votre réponse et l’accompagner vers moins de stress. 

    Chaque cheval est différent, la façon dont vous allez l’observer va beaucoup vous aider et là encore, n’hésitez pas à faire appel à des professionnels.

  • De la carrière aux sentiers : 9 raisons d’adopter la balade à cheval dans sa vie de cavalier

    De la carrière aux sentiers : 9 raisons d’adopter la balade à cheval dans sa vie de cavalier

    Bonjour !
    Si vous aimez l’équitation d’extérieur, vous voudrez sans doute lire le guide des 16 astuces simples pour réussir ses balades à cheval. Cliquez ici pour télécharger le guide gratuitement ! 🙂

    C’est le printemps, les températures se radoucissent et dans la campagne les premières fleurs pointent le bout de leur nez. Une brise légère caresse notre visage, portant avec elle l’odeur fraîche de l’averse passée quelques heures plus tôt. L’air est pur, limpide. Notre cheval, les oreilles pointées vers l’avant avance, on entend le bruit rythmé de ses sabots. À cet instant précis, plus de stress, plus de routine : juste nous, notre cheval et la nature.
    Et puis c’est déjà l’automne, ses feuilles de toutes les couleurs qui transforment les paysages en une aquarelle rouge et or, vous entendez les pas feutrés de votre cheval qui avance sur un tapis de feuilles et l’air frais vient vous saisir les joues. À cet instant précis, plus de stress, plus de routine : juste nous, notre cheval et la nature.
    Et l’été, et l’hiver… Chaque saison est belle à cheval. 

    Au-delà du simple plaisir d’une promenade, les balades à cheval ont des effets bien réels et positifs sur nous mais aussi sur nos chevaux.
    C’est le sujet de cet article : passer en revue, ensemble, 9 bonnes raisons d’adopter la balade à cheval dans sa vie de cavalier. 

    Une autre façon de travailler son cheval 

    Travailler le renforcement musculaire sans s’ennuyer

    Alors c’est vrai que parfois on imagine la balade à cheval comme une activité pépère, pas sportive et peu énergique. Mais c’est mettre de côté un nombre important de bienfaits physiques pour le cheval : 

    • le renforcement musculaire au pas qui est un entraînement profond (notamment des muscles dorsaux et abdominaux) et tout en douceur, 
    • le travail plus intense en cas de dénivelé (montées, descentes)
    • aller vers un pas qui gagne en amplitude : en étant au pas, rênes longues, votre cheval peut s’étendre davantage et augmenter l’amplitude de son pas (intéressant en dressage notamment)
    • les vertus déjà connues du trotting car on peut bien sûr décider du niveau de sportivité de ses balades. 

    Du coup, la balade peut être particulièrement intéressante pour des jeunes chevaux, des chevaux plus âgés et des chevaux convalescents. 

    La balade peut aussi être un moment 100% détente où seul va compter le plaisir partagé de se promener ensemble : la balade est vraiment modulable, on peut y intégrer un travail spécifique ou non. 

    On va aussi parler un peu du cavalier, on entend parfois encore dire que l’équitation n’est pas un sport alors imaginez la balade et la rando à cheval ! Et pourtant, l’équitation est un sport complet et la discipline de la balade à cheval l’est tout autant avec par exemple : 

    • un travail très complet au niveau des jambes, qui alterne entre être à cheval et marcher à côté de son cheval, par exemple dans des montées ou des descentes raides
    • l’engagement des muscles profonds en selle (abdos, lombaires) pour s’adapter constamment aux mouvements du cheval.

    Un bon entraînement cardio

    On a parlé des muscles mais pas de tous : il y a aussi l’élément cardio à prendre en compte. Les balades à cheval permettent de faire bosser le cœur de nos chevaux et leur capacité respiratoire de manière progressive et naturelle. C’est un effort de fond, qui développe l’endurance, et qui complète donc très bien des séances plus courtes et intenses en carrière ou manège. 

    Dans cet effort de fond, le cheval doit aussi adapter son effort à plusieurs éléments : 

    • les sols variés (cailloux, terre, sable, herbe)
    • les montées et les descentes. 

    Ces mêmes éléments permettent de travailler l’équilibre des chevaux, ce qui est aussi un super avantage. 

    Pour nous, c’est un peu la même chose, la balade à cheval nous permet de travailler notre cardio et notre équilibre.  Sans oublier qu’à cheval on travaille certains muscles, notamment au niveau des jambes, des abdos et du dos. 

    Et il y a également les passages à pied. Il y a une balade que j’adore faire avec Oural, qui fait 15-16 kilomètres et dans laquelle au bout de 8-9 kilomètres il y a une montée impressionnante. Elle est longue et très raide. Je descends systématiquement de cheval pour la faire à pied et je peux vous dire que quand j’arrive au bout, dix minutes plus tard, j’ai vraiment bossé mon cardio ! 

    trotting un jour de vent

    Briser la routine qui peut parfois s’installer en carrière

    Comme toute activité que l’on répète souvent, une certaine lassitude peut arriver : de la part du cavalier, de la part du cheval, parfois même des deux.
    Si vous remarquez des signes d’ennui de votre cheval en carrière ou en manège, la balade est une excellente alternative parce qu’elle va proposer autre chose que la routine tout en faisant travailler votre cheval différemment, dans un autre cadre.

    En fait, en extérieur, on peut faire énormément de choses :

    • pourquoi pas sauter un tronc d’arbre si l’abord et la réception conviennent
    • travailler les transitions
    • faire des exercices de direction
    • faire le choix du trotting 
    • travailler le reculer tellement utile quand il faut rebrousser chemin et que le chemin est étroit
    • bosser les déplacements latéraux quand les chemins sont larges
    • travailler l’arrêt et habituer le cheval à rester immobile rênes longues, etc.

    Une école grandeur nature

    L’apprentissage du calme de de l’adaptation

    On va commencer par parler du cavalier. Monter à cheval en extérieur développe énormément de qualités : 

    • des qualités d’adaptation : avec toute la dose d’inattendu qui peut arriver en extérieur, le cavalier doit s’adapter à la situation en un temps record (exemple d’un oiseau qui s’envole ou d’un chien qui se met à aboyer) mais aussi adapter sa façon de monter par rapport à la carrière ou au manège (rênes longues, utiliser encore davantage son ressenti, sa voix et son assiette) et au type d’environnement (campagne, forêt, route, plage, etc.)
    • réussir à garder son calme dans des situations qui peuvent être stressantes, pour rester le guide tranquille et rassurant de son cheval
    • un travail de mémoire pour gérer l’orientation et rentrer à l’écurie au moment souhaité
    • un travail de longue durée sur la gestion des émotions et du stress
    • le développement de ses capacités d’observation visuelle mais aussi auditive (entendre de loin un vélo qui arrive par derrière par exemple pour pouvoir rassurer son cheval au bon moment).

    C’est le cas aussi pour le cheval qui est habitué à partir en balade : 

      • il s’adapte aux différents terrains (montées, descente, cailloux, terre, sable, etc.) et au côté inattendu des balades (rencontres, événements)
      • il apprend pas à pas à gérer les imprévus et rester plus calme face aux rencontres soudaines ou événements inattendus (animaux sauvages, bruits soudains, objets qui bougent avec le vent, etc.)
      • il améliore sa concentration et son écoute du cavalier tout en restant attentif à son environnement.


    Un grand bol de nature

    En balade à cheval, on est propulsé en pleine nature : campagne, forêt, plage, montagne… On découvre des paysages magnifiques qui évoluent au fil des saisons. Je crois que c’est l’un de mes trucs préférés en balade : cette sensation d’harmonie, cette impression d’avoir trouvé ma place dans la nature, d’y être connectée.

    Ensuite, il y a toutes les sensations éprouvées : 

    • l’observation des premières fleurs du printemps, les belles feuilles colorées d’automne 
    • le parfum des plantes après la pluie ou après une journée de grosse chaleur, l’odeur iodée à l’approche de la plage
    • pouvoir écouter le tintement du vent dans les feuilles ou le chant des oiseaux
    • la rencontre avec des animaux sauvages (chevreuils à Rambouillet, écureuils, lapins, oiseaux, grenouilles, canards, etc.).


    Vivre l’instant présent

    Dans la vie, je suis plutôt du genre à foncer, à tenter de faire plusieurs choses en même temps pour gagner du temps, à vouloir faire rentrer dans une journée beaucoup trop de choses.
    Mais à cheval c’est différent, c’est un moment de pause où il m’est très facile d’être dans l’instant présent, d’oublier le passé ou le futur et d’être juste là, à l’endroit où je suis, pour observer, écouter, respirer, être là pour mon cheval.
    Et ce genre de moments j’en ai vraiment besoin. Il me permet de me reconnecter à moi-même et de retrouver en quelque sorte ma place sur terre.
    Monter à cheval, c’est une vraie réflexion sur la temporalité, une sorte de philosophie qui prend son temps, à contrecourant du stress et de la rapidité du monde d’aujourd’hui. C’est en tout cas ce que je ressens quand je suis en extérieur avec mon cheval Oural. Est-ce que vous ressentez ça parfois aussi ?

    Une expérience unique

    Le bonheur de balader ensemble : avec d’autres cavaliers, avec son cheval

    J’adore quand on part à deux en balade. Alors bien sûr on a tous plus ou moins des préférences au niveau des personnes qu’on côtoie mais assez souvent, avec la passion de l’équitation en commun, on passe de bons moments avec un autre cavalier, voire de très bons moments. Une balade à cheval à deux peut même devenir un moment de thérapie ou un de ces fameux moments où on refait le monde ! J’aime beaucoup ces moments de partage. Et d’ailleurs, les conversations peuvent être tellement prenantes qu’il arrive qu’on oublie même de trotter ou galoper, car le pas est la meilleure allure pour parler en s’évitant les points de côté !

    Dans les plus grands groupes c’est différent, on a moins cette intimité de quand on est à deux forcément, mais c’est aussi hyper agréable, il y a souvent une belle convivialité : on discute avec différents cavaliers, on fait le picnic ensemble le midi, etc.

    Et quand on part avec son cheval, en duo, c’est magique ! La balade va être différente, et ce sont pendant ces balades là que je sens une vraie connexion avec mon cheval et la nature, parce que je suis juste concentrée là dessus. Ce sont des moments que j’adore et qui permettent d’étoffer la complicité cheval/cavalier.

    Construire une relation de confiance cavalier/cheval

    La promenade est une discipline géniale pour construire et développer la relation de confiance entre un cavalier et son cheval. C’est partir à l’aventure ensemble, découvrir de nouveaux environnements, prendre le temps… et, au fil des kilomètres, tisser des liens plus forts parce qu’on apprend à se connaître et à faire front ensemble.
    La balade développe une connexion puissante entre un cheval et son cavalier :

    • la balade est faite d’inattendus, de rencontres et le cavalier, en rassurant son cheval, devient un repère sécurisant, à chaque situation affrontée ensemble, le duo peut gagner en confiance s’il a mis en place les bons outils de communication et de gestion des imprévus
    • le cheval est plus libre : il est dans un espace ouvert et on monte les rênes plus longues donc il peut regarder autour de lui et avoir un pas plus libre, il est plus autonome, le cavalier lui fait confiance et lui laisse de la liberté
    • en extérieur le cavalier utilise beaucoup plus sa voix que ses mains, la voix devient notamment un outil qui va rassurer, sécuriser et donner la marche à suivre
    • une balade qui se passe bien permet au cheval d’associer à son cavalier une nouvelle expérience agréable.

    Alors évidemment toutes les balades ne sont pas idylliques et toute cette complicité et ce calme ne se construisent pas en deux heures. 
    Une balade qui se passe dans le calme et où cavalier et cheval se régalent, cela peut paraître simple, mais c’est en fait, bien souvent, beaucoup de travail accompli et le résultat de nombreux ajustements, d’apprentissage et d’écoute mutuelle.
    C’est un bel objectif à travailler avec son cheval, sur la durée et en prenant le temps.


    Aventure et méditation !

    Partir seul en balade avec son cheval est une expérience magique qui donne une sensation de liberté et apporte une belle confiance en soi. Se retrouver en pleine nature, seul avec son cheval est une sensation enivrante et magnifique. C’est la liberté : la liberté des allures, la liberté des directions (tout en gardant en tête sa sécurité et celle de son cheval et les règles de sécurité en extérieur bien sûr). C’est vraiment quelque chose à vivre pour les amoureux des chevaux.

    Et en même temps qu’on ressent cette liberté, peut survenir aussi un effet méditatif et une pleine conscience à cheval. Je sais que ce sont des mots forts, mais c’est vraiment ici du ressenti dont je vous fais part. Le rythme du pas et la proximité avec la nature pendant mes balades à cheval, sont je trouve un environnement et des conditions parfaites pour penser à notre place dans le monde par exemple, ou sentir à côté des nous des personnes que nous aimons et qui ne sont plus là.
    Pour le terme de pleine conscience employé, c’est juste une impression que j’ai à certains moments (pas à toutes les balades et de façon furtive) d’être à ma place sur cette terre et d’y être connectée là à cet instant.

    Tout ça ce sont des sensations, des impressions, des émotions. Et je suis heureuse de pouvoir les vivre dans mon sport, avec mon cheval.
    J’ai parlé d’aventure tout à l’heure et c’est vrai que j’ai juste abordé les balades où on part seul avec son cheval. Mais dans la balade, l’aventure et la découverte sont partout et c’est notamment un moyen génial pour visiter une région ou un pays, en prenant son temps et en allant dans des endroits parfois reculés pour découvrir autrement.
    Je l’ai vécu à Elko quand j’étais étudiante : Elko est une petite ville du Nevada, j’y suis restée quelques semaines, dans un ranch, où j’ai vécu au rythme de vie des cowboys et du déplacement du bétail. Pendant toute la durée de mon séjour là-bas, je m’étais occupée de Denny, un petit cheval mustang qui m’a appris à remettre en question toute mon équitation classique pour découvrir l’équitation western. Une expérience qui est encore aujourd’hui un de mes plus beaux souvenirs de voyage.

    monte western dans un ranch

    Conclusion 

    Avec cet article, j’ai eu envie de déconstruire un peu le côté simple qu’il peut parfois y avoir quand on dit “balade à cheval”.
    La balade à cheval, c’est une expérience complète où les bienfaits psychologiques et physiques se mêlent.  C’est un moment d’apprentissage, de connexion avec son cheval, de liberté, c’est aussi un grand moment de courage car c’est partir à l’aventure sans savoir la dose d’inattendu et d’imprévu qu’il va falloir gérer.

    Bref, que vous soyez déjà cavalier d’extérieur, ou plutôt cavalier de carrière ou de manège, la balade à cheval peut apporter je crois à tous les cavaliers et aussi à tous les chevaux.
    Je ne dis pas que travailler en carrière ou en manège n’apporte rien, non non, ce que j’ai juste voulu écrire dans cet article c’est les bienfaits des balades à cheval, tout en sachant qu’il y a des bienfaits aussi au travail en carrière ou en manège mais vous avez bien compris qu’avec le nom de mon site, ce n’est pas ici que vous aurez un article sur ce sujet.

    Et vous, qu’est-ce que vous aimez dans vos balades à cheval ?

  • Selle de randonnée cheval : 8 conseils pour bien la choisir

    Selle de randonnée cheval : 8 conseils pour bien la choisir

    Bonjour !
    Si vous aimez l’équitation d’extérieur, vous voudrez sans doute lire le guide des 16 astuces simples pour réussir ses balades à cheval. Cliquez ici pour télécharger le guide gratuitement ! 🙂

    Avoir trouvé le cheval de ses rêves est une première étape sur la route du bonheur. Trouver le bon matériel pour lui est une étape toute aussi importante. Dans cet article, on va parler du choix de la selle pour l’équitation d’extérieur (balades, randonnées).

    Une selle adaptée évite des blessures au cheval et au cavalier et garantit donc une balade sereine et agréable pour tout le monde. Pas d’inconfort, un cheval bien dans sa tête et dans sa selle, c’est aussi un risque de chute qui diminue !

    Selle de randonnée cheval – Conseil numéro 1 : pensez à votre cheval avant tout

    Une selle de randonnée pour notre cheval, c’est comme des chaussures ou un pantalon pour nous. On a tous le souvenir d’avoir mal aux pieds dans une paire de chaussures ou de se sentir mal dans son pantalon (trop serré ça fait mal au ventre, s’il est lâche on le perd et ce n’est pas plus confortable). Bref, l’idée est de trouver une selle qui va correspondre au dos de son cheval. 

    Je le vois quand j’achète des chaussures à mes enfants : on parle de pointure. La pointure c’est la longueur du pied, vous êtes d’accord. Mais on devrait aussi s’intéresser à la largeur du pied vous ne trouvez pas ? Il y a des pieds larges et d’autres très fins et c’est un peu la deuxième étape quand on essaie une chaussure de la bonne pointure : voir si au niveau de la largeur ça ira ou non.

    Pour le cheval, c’est pareil, plusieurs aspects du dos du cheval rentrent en compte : 

    • la largeur et la forme du dos
    • le type de garrot (gros ou petit)
    • la longueur du dos.

    C’est là que l’on comprend que choisir une selle pour un cheval est un choix complexe qui demande une belle précision et une bonne connaissance de la morphologie des chevaux et de son cheval en particulier. 

    achat cheval promenade

    Conseil numéro 2 : faites appel à un spécialiste

    Il y a des spécialistes dans tous les domaines, et le milieu de la sellerie ne fait pas exception. Avoir l’avis extérieur d’un professionnel pour choisir sa selle peut vous éviter de nombreux soucis.
    Vous pouvez faire appel à un saddle fitter (compter 60 à 120 euros pour une consultation) qui s’occupera de faire les mesures de votre cheval, de parler avec vous des disciplines que vous pratiquez avec votre cheval, à quelle fréquence et quelle intensité, de votre niveau aussi.

    C’est son métier : trouver la bonne selle pour chaque cheval. Il vous fera des propositions de selles, des essais et ce qui est intéressant c’est qu’il ne travaille pas pour une seule marque de selles. Il pourra donc vous proposer des selles différentes. Pour trouver le bon ou la bonne saddle fitter dans votre région, n’hésitez pas à poser par exemple la question sur des groupes Facebook consacrés à l’équitation dans votre département ou votre région : les cavaliers pourront vous indiquer des noms. Dans votre écurie aussi, il y aura peut-être déjà des cavaliers qui font appel à un saddle fitter en particulier.

    Si vous êtes curieux à propos du déroulement d’un rendez-vous avec un saddle fitter, je vous conseille cet article où je vous raconte comment ça se passe.
    Le prix d’un rendez-vous est moindre si on le compare à un mauvais choix de selle, qui peut mener à des problèmes de locomotion du cheval, à des séances d’ostéopathie ou aux rendez-vous avec le  vétérinaire sans compter la gêne du cheval, son inconfort et les risques que cela peut engendrer. Vient ensuite la selle qu’il faut changer : vendre celle qui ne va pas, en racheter une autre.
    Bref, je vois vraiment ce rendez-vous comme un moyen de gagner du temps et de l’argent en préservant le confort du cheval et en s’évitant pas mal de potentiels problèmes.

    Selle de randonnée cheval – Conseil numéro 3 : penser à son confort aussi

    On a beaucoup parlé du confort du cheval mais on n’a pas encore parlé du confort du cavalier qui est tout aussi important. À cheval, l’un des objectifs est de ne pas se retrouver par terre et pour être stable et à l’aise, il va falloir trouver une selle dans laquelle on se sent bien.

    Heureusement, les selles se trouvent avec différentes tailles de siège pour permettre au cavalier d’être bien assis sans être trop serré dans le siège ni sans être trop perdu sur un siège qui serait trop grand. 

    Conseil numéro 4 : selle avec siège enveloppant ou siège classique ? 

    Les selles camarguaises et les selles westerns ont des sièges qui remontent beaucoup plus que les selles classiques et tiennent donc davantage le cavalier. C’est plus rassurant. 

    Il y a des cavaliers qui aiment bien parce qu’ils se sentent tenus, d’autres qui aiment moins parce qu’ils ne retrouvent pas toute leur liberté de mouvement. C’est à chacun de tester pour voir ses préférences. 

    De mon côté j’ai opté pour une selle avec un siège assez classique.

    renes longues pour la balade

    Selle de randonnée cheval – Conseil numéro 5 : selle en cuir ou selle synthétique ? 

    La selle en cuir est encore considérée comme l’eldorado des selles : 

    • matière noble, chaude, douce au toucher, 
    • solide et résistante
    • confortable.
      Quelques inconvénients néanmoins : le cuir a besoin d’être entretenu régulièrement pour éviter qu’il se dessèche, qu’il se fissure ou qu’il perde en souplesse. Les selles en cuir sont également souvent assez lourdes, c’est donc un peu plus à porter pour le cheval. La question du prix entre aussi en compte : une belle selle en cuir est un sacré budget, la selle peut se révéler même être plus chère que le prix de son cheval…

    Si on regarde maintenant les selles synthétiques, et bien c’est un peu tout l’inverse des selles en cuir : 

    • elles sont beaucoup plus faciles d’entretien
    • souvent plus légères que les selles en cuir
    • dotées souvent d’une bonne résistance à l’humidité (intéressant en cas de météo capricieuse)
    • moins chères.

    Par contre, elles ont une durée de vie plus courte et côté esthétique et sensation, on ne retrouve pas la chaleur et l’apparence du cuir, forcément.

    Conseil numéro 6 : n’oubliez pas les petits anneaux

    En balade, en rando, on aime bien partir avec quelques affaires. Regardez bien sur votre selle si elle a des anneaux qui permettent d’installer facilement et confortablement des sacoches pour emmener ce dont vous avez besoin.
    Il existe bien sûr des tapis de randonnée à poches, mais ils ne sont pas conseillés car pas terribles pour le dos du cheval.
    Je n’en parle pas ici car l’idée était de se concentrer sur la selle mais il va falloir aussi choisir le bon tapis, la bonne sangles, les bons étriers. Pour plus d’infos sur tous ces accessoires de la selle, je vous propose de lire mon interview de Sonia Platon, saddle fitter en Provence

    Selle de randonnée cheval – Conseil numéro 7 : essayer plusieurs selles

    Même si on se sent bien dans la première selle, le mieux est d’en essayer plusieurs pour pouvoir comparer et analyser : 

    • dans laquelle est-ce que je me sens le mieux
    • et surtout : comment se comporte mon cheval avec cette selle : est-ce qu’il est à l’aise, est-ce qu’il a des sensations d’inconfort, comment est sa locomotion.

    On teste au pas, au trot, au galop, en montée, en descente, en étant forcément hyper précautionneux avec la selle. 

    Conseil numéro 8 : et après ?

    ça y est, vous avez trouvé la selle adéquate et c’est génial. Pas de blessure pour votre cheval, il est à l’aise et vous êtes aussi ravi de la selle qui est hyper confortable. On pourrait croire que l’histoire s’arrête là et qu’il s’agit d’un happy end. Sauf que pas vraiment.
    L’idée n’est pas de vous démoraliser mais de penser à l’évolution de nos chevaux. Comme nous ils changent. Ils gagnent ou ils perdent en muscle, leur morphologie se modifie avec l’âge, un rythme de travail qui change, un changement d’alimentation, un déménagement, etc. 

    Donc si vous sentez que votre cheval a changé, il va peut-être y avoir besoin d’adapter votre selle. Et c’est là que les selles adaptables sont tout simplement géniales : elles sont prévues pour ça, elles permettent assez facilement de s’adapter à la nouvelle morphologie de votre cheval grâce aux arcades et aux matelassures modifiables. Ce ne sont pas des selles françaises pour l’instant, mais des marques comme Thorowgood ou Loxley

    Selle de randonnée cheval : en conclusion 

    L’achat de sa selle c’est quelque chose ! Un sacré budget, une alchimie à trouver pour qu’elle convienne au cheval et au cavalier. Un équilibre à trouver pour de futures balades et randonnées tout confort et plus sûres.

    Dernier petit conseil : prenez votre temps, même si parfois, je le sais, ce n’est pas évident…

  • Selle randonnée cheval : interview de Sonia Platon, saddle fitter en Provence

    Selle randonnée cheval : interview de Sonia Platon, saddle fitter en Provence

    Bonjour !
    Choisir le bon matériel, c’est essentiel mais ça ne fait pas tout. Ce guide gratuit vous donne 16 clés pour préparer des balades au top. 🙂

    Il y a quelques mois, j’ai fait une première séance avec Sonia Platon, une saddle fitter, pour avoir un avis extérieur et professionnel sur ma selle par rapport à la morphologie d’Oural.

    Seller son cheval est un sujet vaste et souvent plein de questionnements pour les cavaliers. 

    Sonia a gentiment accepté que je l’interviewe sur son métier et le thème passionnant des selles pour les chevaux (selle randonnée cheval, mais aussi selle de dressage, selle d’obstacle, etc.).

    Voici l’interview organisée en 4 parties : 

    • pour ceux qui ont déjà leur selle 
    • pour les cavaliers qui cherchent une selle
    • un focus sur le métier de saddle fitter
    • une réflexion sur le matériel autour de la selle (tapis de selle, sangle, sacoches, étrivières, étriers).

    Sonia Platon Provence selle

    Selle randonnée cheval : on a sa selle depuis plusieurs années

    Tous les combien faudrait-il vérifier idéalement sa selle pour voir si elle convient encore à son cheval ? 

    “ça dépend vraiment du cheval et de la selle. Pour donner une sorte de régularité, on va se dire tous les ans. Un peu comme on va se dire : l’osthéo c’est tous les ans, le maréchal c’est toutes les 6-8 semaines, etc. Si il faut donner vraiment une fréquence on va se dire que tous les ans faire un contrôle c’est intéressant.

    Après y a des chevaux types jeunes chevaux, chevaux qu’on met au travail, chevaux qui changent de mode de vie, qui vont changer dans la morphologie, ceux-là peut-être qu’au départ il faut les accompagner tous les 6 mois par exemple.

    Sur la majorité des cas, une fois que le matériel il est checké une première fois, adapté, qu’il y a rien de trop gênant, une régularité d’une fois par an c’est pas mal.”

    Est-ce qu’une selle peut se dégrader sans que ce soit visible à l’oeil nu ? 

    “Oui, complètement. Le gros problème principal qui va vraiment être rédhibitoire pour l’utilisation de la selle ça va être un arçon qui se casse. ça peut être lié à un accident, à une chute, à un cheval qui va se rouler avec la selle, ça peut être aussi une contrainte technique (problème de qualité). Un arçon cassé ou vrillé (si on fait toujours un montoir du même côté en chaussant l’étrier ça peut vriller l’arçon ou un défaut de conception) c’est rédhibitoire, normalement là la selle on la jette. 

    L’arçon cassé, ça se voit pas à l’œil nu. L’arçon vrillé ça peut se voir mais c’est un peu délicat, il faut vraiment prendre le temps de bien regarder. Pour un cavalier classique qui utilise son matériel de manière habituelle, il ne va pas forcément le voir.

    Il y a des choses moins rédhibitoires comme l’usure des matelassures (au bout d’un certain temps les matelassures en mousse vont se dégrader et c’est normal). Il faut donc les changer au bout d’un certain temps, 10 à 15 ans suivant les matières, parce qu’elles vont perdre leur côté amortissant et moelleux. Elles vont se dégrader, ça peut être le cas pour la laine aussi où les fibres longues vont finir par se casser et devenir plus friables et du coup être moins amortissantes. Dans ce cas là, il faut envisager une réfection de la matelassure. Pour les panneaux en mousse ça va se faire en atelier : il faut refaire toute la matelassure. Pour les panneaux en laine ça peut souvent se faire à l’écurie et dans ce cas là on ne change que la laine, pas le panneau en lui-même.”

    Est-ce qu’il y a un test simple qu’on peut faire avec son cheval pour voir si la selle correspond encore bien à la morphologie du cheval ?

    “Un test simple, pas forcément. C’est plutôt plein de petits points de contrôle.

    Déjà être sûr que quand on pose sa selle sans tapis, même non sanglé, qu’on ait au moins 4 doigts entre le garrot et le pommeau de la selle, qu’il n’y ait pas un trou au niveau des trapèzes (si on a un espace à cet endroit ce n’est pas correct) et que l’arrière de la selle ait une forme cohérente avec le dos du cheval (on a souvent des arçons courbés à l’arrière alors qu’on a des chevaux qui ont des dos plutôt droit).

    Un dernier point de contrôle facile ça va être l’équilibre du siège, c’est à dire que le siège ont doit l’imaginer vraiment pour poser le bassin verticalement. Le siège doit donner l’impression d’être horizontal.

    ça c’est des points de contrôle, ça veut pas dire qu’une fois que ça a l’air correct la selle est forcément adaptée car il se passe beaucoup de choses aussi sous la matelassure mais c’est déjà des premiers points qui sont importants parce que s’il en manque un, clairement il faut adapter la selle.”

    Quelles sont les erreurs les plus fréquentes quand on selle son cheval ?

    “J’en verrai deux principales. La première c’est de mettre la selle trop en avant, un petit peu sur le garrot. En fait il faut vraiment que la selle dégage la scapula : l’os de l’épaule. Quand on parle de la selle qui doit dégager la scapula c’est vraiment l’arçon en lui-même (la partie qui répartit le poids). Si le quartier qui lui est souple vient sur l’épaule, ça c’est pas grave. Mais vraiment, au niveau de la pointe d’arçon on doit être en arrière de la scapula, idéalement deux doigts en arrière de la scapula.

    Une deuxième erreur qui est un peu liée à la première : c’est qu’on veut parfois que les contre-sanglons des selles tombent verticalement pour arriver au passage de sangle. En fait, ça conduit souvent à avancer la selle car on a souvent des selles de fabrication française qui vont avoir des contre-sanglons très reculés. Donc pour pallier à ça on les avance mais ce n’est pas correct. Il faut mettre la selle à sa place et ensuite le contre-sanglon soit on le met un petit peu en biais pour que la sangle soit au passage de sangle, soit c’est pas compatible parce qu’ils sont fixes et dans ce cas là malheureusement la selle ne convient pas. On n’avance pas une selle pour positionner les contre-sanglons au passage de sangle. »

    Est-ce que tu as un conseil à donner pour entretenir sa selle ?

    Un stockage correct dans une pièce sèche et sur un porte-selle qui soit idéalement plein comme un bidon ou comme un porte selle en bois qui a une forme de toit ou qui soit juste un tube central pour que les matelassures soient posées à plat. Éviter les porte selles en fer (trois tubes en fer). Si on a ça prendre un vieux tapis de selle, le plier et poser en dessous pour répartir la pression et qu’il n’y ait pas un point d’appui qui vienne après marquer la matelassure.

    Un autre point d’entretien important : faire ses cuirs quand on a une selle en cuir. Un entretien mensuel c’est bien et ça permet de vérifier les points de sécurité de la selle donc ça ça vaut aussi pour une selle synthétique : une fois par mois, un petit coup de nettoyage pour regarder aussi que les contre-sanglons sont en bon état, que les couteaux d’étrivière sont en bon état, que les étrivières ne sont pas en train de se déchirer.”

    selle posee dehors

    Selle randonnée cheval : le cas où on veut acheter une selle

    Quel critère prendre en compte dans son choix ? 

    Les gens contactent maintenant les saddle fitters quand ils cherchent une selle. C’est devenu la majorité de nos consultations. On établit ce qui va et ne va pas sur le matériel actuel et en parallèle on fait aussi des essais de selle : 

    • soit on veut changer la selle parce que ça ne convient pas
    • soit on veut acheter une selle complémentaire.

    La plupart du temps on est sur de la recherche de selle. 

    Les critères des cavaliers : 

    • leur confort et celui de leur cheval car c’est lui qui va supporter le plus de contraintes physiques et mécaniques
    • le budget et en général les personnes se sont déjà posées la question (et avec une bonne selle on voit moins l’ostéo, on a moins de soucis vétérinaires donc on s’y retrouve un petit peu).

    Après il faut rester ouvert dans ses critères : je vais écouter leurs besoins mais je vais avoir les contraintes que vont m’imposer le cheval dans sa morphologie et sa sensibilité et après je vais aussi ouvrir à d’autres recherches parallèles parce que je sais que la solution peut être ailleurs. Et en fait très souvent les gens sont ouverts d’esprit, ils essaient, ils sentent la différence et finalement ils partent pas forcément sur le choix de départ. 

    Est-ce que la discipline peut aussi être un critère ?

    “Bien sûr, si on fait du dressage il faut partir sur des selles de dressage. Parfois si je vois que la contrainte est trop délicate au niveau du cheval et du cavalier je peux orienter vers une selle qui va être type endurance ou mixte parce que je sais que la personne va pouvoir pratiquer son dressage avec ce cheval là dans cette selle là.

    Pareil pour les selles de randonnée : parfois on me dit je veux une selle de randonnée, mais une selle de dressage qui va permettre aussi une bonne descente de jambe et d’attacher des sacoches, si on part pas pour du voyage à cheval ça peut largement suffire et offrir un confort très intéressant pour le cheval, plus que sur certaines selles typées très randonnée où parfois on est un peu limité au niveau technique ou pour des chevaux au gabarit extrême.” 

    Est-ce que les selles sont toutes modifiables pour devenir sur-mesure pour les chevaux ?

    Non, pas du tout. Certaines sont figées et c’est la majorité de ce qu’on trouve actuellement sur le marché français. Idéalement il faut pour pouvoir moduler sa selle avec une arcade modifiable et des matelassures modifiables parce que le cheval s’il évolue cela peut être sur des nuances ou des gros changements.

    Malgré ça il faut que l’arçon soit bien choisi : il faudrait idéalement avoir le choix de plusieurs arçons. Nous c’est ce qu’on fait en ayant un panel de différents modèles chez différents fabricants. C’est pour avoir différents arçons, le squelette de la selle, on le choisit et en fonction de ça si on peut moduler c’est merveilleux.

    Souvent on a des selles qui sont pas modifiables. Donc si l’arçon va à l’instant T au moment de l’achat de la selle c’est super mais par contre si le cheval évolue derrière on peut pas du tout faire suivre. »

    Mais alors pourquoi y a-t-il une majorité de selles qui ne sont pas modifiables alors qu’on sait que le cheval va changer au fur et à mesure de sa vie et que du coup la logique voudrait que ce soit modifiable ? 

    Je pense qu’on a un manque d’informations des cavaliers.  Au moment de l’achat, du choix du matériel, le cavalier souvent ne sait pas que les selles ne vont pas être modifiables, il ne s’imagine pas forcément que son cheval va changer dans le temps et pourtant quand on fait des mesures on le voit vraiment fréquemment. On ne leur donne pas l’information aussi que certaines selles ne sont pas adaptables facilement, on peut les faire adapter quand même à l’atelier mais ça va coûter cher. Typiquement les matelassures en mousse en général on ne les fait pas trop évoluer parce que ça coûte assez cher donc on le dit pas trop. Manque d’information et souvent en France, très souvent, les cavaliers quand ils achètent une selle, ils ont pas forcément la notion de confort du cheval sur le long terme. »

    Selle randonnée cheval : selle en cuir ou selle synthétique ?

    Peu importe du moment que la selle est bien conçue, que les matériaux sont qualitatifs et qu’elle est adaptable et qu’elle peut suivre l’évolution du cheval, qu’elle est confortable et pour le cheval et pour le cavalier, y a pas de préférence sur l’un ou l’autre, sachant que maintenant certaines selles en synthétique sont vraiment très confortables au niveau du matériau aussi. Ce qui va faire la différence souvent ça va être le budget et l’envie ou non d’entretenir ses cuirs. Souvent le cuir est préféré pour le côté chaleureux, si y a une griffure aussi souvent on met un peu de crème et ça s’estompe, ça se patine. Le synthétique va être un peu plus froid mais plus facile à l’utilisation, à l’entretien. D’un point de vue technique maintenant il y a de très bonnes possibilités dans les deux.

    selle cuir

    Recommandes-tu l’achat d’une selle d’occasion, à quoi faut-il faire attention sachant que du coup il faut qu’elle soit modifiable maintenant qu’on a l’info ?

    La selle d’occasion ça peut être une bonne alternative, par contre il faut faire super attention à ce qu’elle soit en bon état. Et pour ça il faut être sûr que l’arçon soit pas cassé. Il y a des modèles où ça va se vérifier facilement en les démontant, d’autres qui vont être très compliqués à démonter donc ça va induire un budget pour demander à un professionnel le démontage. C’est fondamental que l’arçon ne soit pas abîmé. Après c’est important de faire une consultation pour faire adapter la selle si elle est adaptable.

    On peut acheter une selle d’occasion qui allait à un cheval, notre cheval est un peu différent : il faut changer l’arcade, retoucher les matelassures, c’est pas grand chose à faire mais si on ne le fait pas on a une selle qui n’est pas adaptée et un cheval inconfortable. 

    Selle randonnée cheval : nouveau cheval : changement de selle ? 

    Pas forcément. On a des chevaux parfois, même de races très différentes qui vont avoir des morphos types assez semblables donc qui se ressemblent. Si on a une selle pas adaptable, bien sûr les chances sont moins grandes de pouvoir vraiment prendre la même selle. Si on a une selle adaptable, sur des chevaux qui ont des dos assez ressemblants, souvent on peut adapter : changement d’arcade, retouche de la laine et la selle peut tout à fait convenir. Après, souvent, dans le cadre d’un changement de cheval on se dirige vers des chevaux un peu semblables, typiquement quelqu’un qui a eu son petit cheval arabe pendant des années va peut-être s’orienter vers un autre cheval arabe et au final déjà ça peut aider.

    Souvent maintenant, les gens achètent un cheval et font le check : véto, ostéo, dentiste. Ils mettent tout à jour. Maintenant petit à petit, il y en a qui se disent aussi : je fais venir le saddle fitter parce que je veux partir sur de bonnes bases. C’est bien. Je ne le dis pas parce que j’ai besoin d’argent et qu’il faut faire bosser les saddle fitters, on a tous du boulot mais vraiment les chevaux ils ont besoin. ça ne coûte pas si cher que ça quand on noie tous les frais qu’on a avec les chevaux et par contre ça va vraiment limiter de nombreux problèmes : même des problèmes de comportement notamment si le cheval a mal. On règle des problèmes comportementaux juste avec une selle différente.

    Est-ce qu’il y a des marques de selles ou des pays de conception de selles qui sont en ce moment au top pour le confort du cheval ? 

    “On a tous nos affinités c’est certain. La plupart des marques avec lesquelles on travaille, ça va être des marques anglaises, allemandes, italiennes : c’est eux qui ont le plus d’offres sur les selles adaptables de qualité. Après je vais pas citer de noms parce que c’est évolutif, que c’est mes affinités du moment et que ça peut évoluer. Personnellement je vais piocher deux trois modèles chez chaque fabriquant mais pas tout leur panel parce que je vais vraiment aller cibler des modèles qui me paraissent cohérents par rapport aux chevaux que je vois ici et aux cavaliers. Il y a des très bonnes marques, malheureusement pour l’instant toutes étrangères. Il y a quelques français qui commencent à travailler sur le développement de modèles adaptables mais pour l’instant on n’a pas pu les voir, les tester, on attend ça avec impatience.

    Selle randonnée cheval : le métier de saddle fitter

    ça se démocratise en France. Où est-ce que ce métier est apparu ? Peux-tu synthétiser la mission du saddle fitter ? 

    “Je pense que ça a été assez commun dans tous les pays qui avaient une cavalerie importante mais que nous on l’a perdu. D’autres pays européens ne l’ont pas perdu. Angleterre, Allemagne, Pays-Bas. Nous ça revient petit à petit. Je sais pas combien on est en France actuellement mais on est déjà une trentaine d’adhérents à l’association des saddle fitters indépendants : l’ASFI. Il y a aussi ceux qui n’ont pas adhéré à l’association, ceux qui ne sont pas indépendants parce qu’ils représentent une marque (et qui peuvent le faire avec éthique). Il y a quelques années on se comptait sur les doigts de la main.

    Peux-tu m’en dire plus sur l’association des saddle fitters indépendants ?

    L’ ASFI : l’association des saddle fitters indépendants permet un échange d’expérience au niveau des informations qu’on va avoir sur le terrain ou auprès des fabricants (infos techniques sur le matériel). Il y a une charte éthique : on est là pour conseiller, on n’est pas là pour vendre à tout prix (on n’est pas des commerciaux), on a une indépendance, on peut conseiller suivant le besoin du cavalier, pas en suivant selon ce qu’une marque va proposer.”

    Comment as-tu choisi ce métier ?

    “ça a d’abord été un intérêt. Je suis technicienne de formation, j’aime réfléchir à ce qui va, ce qui va pas, comment améliorer les choses. j’ai fait cette formation là à titre personnel au départ et ensuite ça a été une reconversion professionnelle parce que je me suis passionnée pour cet aspect là du matériel d’équitation. C’était au début un intérêt personnel pour mon propre cheval.”

    Existe-t-il des formations en France ? 

    “Actuellement il y en a 3 en France, au moins autant à l’étranger, intéressantes si on est anglophone.” 

    Quels sont les principaux problèmes qu’engendre une selle inadaptée pour le cheval ? 

    “Les principaux problèmes qu’on va avoir ça va être déjà une expression de gêne ou de douleur (un cheval qui va être rétif, mordre au sanglage, coucher les oreilles : tout ça c’est pas des signes de « j’ai pas envie » mais de « j’ai mal »). Dégradation de la locomotion, de l’état général musculaire. »

    Selle randonnée cheval : focus sur les accessoires autour de la selle

    Quels sont tes conseils pour choisir un bon tapis ?

    Quand on choisit un tapis idéalement il faut qu’il ait la même épaisseur partout. Si on a des surépaisseurs on va avoir des zones de pression sous la selle donc ça c’est pas correct. La ligne de dos du tapis quand il est plié doit ressembler à la ligne de dos du cheval : 

    • si on a un cheval qui a peu de garrot une ligne de dos de tapis droite c’est pas un problème
    • avec un cheval qui a du garrot il faut un tapis très dégarroté et ça c’est hyper important.

    Quand on a des cordelettes, c’est important qu’elles soient interrompues au niveau du passage de sangle puisque là on va appliquer une pression par la sangle. Si on a une cordelette en dessous ça va être très inconfortable pour le cheval. au niveau des cotes qui sont des zones qui sont peu charnues.”

    tapis selle randonnee a cheval

    Cordelette c’est les éléments de déco tressés sur le tapis c’est bien ça ?

    « Oui c’est ça, et ça va faire une surépaisseur donc donner des zones de pression inconfortables. 

    Une fois qu’on a la même épaisseur, la bonne ligne de dos choisie et pas de surépaisseur au passage de sangle normalement on a déjà fait un bon choix au niveau du tapis. »

    Selle randonnée cheval : le tapis à poches, bonne ou mauvaise idée ? 

     “Le tapis à poche se plaque sur la colonne vertébrale, fatalement. Donc mauvaise idée pour la répartition du poids, le confort du cheval (épargner les zones sensibles comme la colonne vertébrale). Mauvaise idée de manière générale.
    La meilleure idée ce serait de prendre des sacoches attachées sur la selle. Après si on a vraiment juste une petite bricole à mettre dans ses poches ça peut être une possibilité si on a des anneaux qui vont permettre de suspendre le tapis et la poche à l’arçon de la selle. Donc pareil dans ce cas là on a des tapis qui ont des poches mais qui ont des anneaux au niveau de la poche et dans ce cas là on attache la poche à la selle pour que ce soit la selle qui porte le poids et pas la colonne vertébrale du cheval. 

    Autre accessoire : l’amortisseur. Bonne idée ou pas ?

    “ça peut être une nécessité pour pallier une selle pas adaptée. ça peut être aussi très intéressant pour un cheval qui a une sensibilité particulière auquel il va falloir rajouter du confort. ça peut être intéressant sur une selle qui a des matelassures fatiguées.
    Maintenant il y a aussi de nombreux cas où on peut s’en passer si on a une selle bien adaptée, confortable, un cheval qui supporte bien sa selle.

    Et il y a aussi des cas où c’est délétère.
    Donc vraiment l’amortisseur c’est au cas par cas et c’est vraiment choisi avec beaucoup de critères : des chevaux préfèrent avoir des amortisseurs en mouton, d’autres non, des amortisseurs qui vont nous donner plus d’épaisseur devant ou derrière pour rééquilibrer une selle. C’est vraiment du cas par cas, quelque chose qui doit être choisi en se faisant accompagner par un professionnel. ça peut être très compliqué à choisir et aussi contre-productif. Des amortisseurs à cale ont des cales différentes en terme de matière, de densité, de confort du cheval : certains aiment les cales en feutre, d’autres en mousse et ça tant qu’on n’a pas essayé on ne le sait pas. »

    selle tapis amortisseur

    Et ça on s’en rend compte assez vite, est-ce qu’au bout de 5 minutes de test on le voit ?

    “Oui, on le sent immédiatement, comme quand on fait des essais de selle, rien que sur la locomotion du cheval on voit très vite où est son confort et ce qui peut lui convenir ou pas. »

    Selle randonnée cheval : comment savoir si sa sangle est adaptée à son cheval ?

    Fatalement si on a des blessures ou des poils frottés c’est qu’on a un vrai problème. De manière générale on va chercher d’abord à avoir une selle adaptée, un tapis adapté et la sangle va être un petit peu l’accessoire qui finit tout ça. 

    Le choix de la sangle va dépendre de la longueur des contre-sanglons de la selle, du positionnement du passage de sangle du cheval et aussi du mouvement du cheval et de sa préférence à lui.

    On a des chevaux qui vont être très bien avec des sangles en néoprène et c’est assez souvent finalement, avec des sangles droites, d’autres qui vont préférer des sangles anatomiques, parfois en synthétique, parfois en cuir, de manière générale on essaie de faire des essais. 

    On ne peut pas faire tous les essais le même jour : souvent on choisit d’abord une selle, un tapis. La fois d’après on va aller plus dans le détail sur la sangle, c’est assez compliqué de toute faire en une fois.

    Les boucles doivent être assez hauts pour être au dessus des veines abdominales.
    Souvent on préconise des sangles sans élastiques pour avoir une bonne stabilité du matériel.

    Et un point très important qui n’est pas lié au matériel lui-même, qui est directement lié à l’utilisateur : le matériel doit être sanglé. C’est important de sangler son cheval, progressivement, mais en selle, tout doit être bien sanglé pour la stabilité et donc pour le confort du cheval. »

    Donc ce que tu veux dire, c’est que si on sangle pas assez ça va être problématique pour le dos du cheval.

    La selle va bouger, ça va faire des frottements. ça peut être inconfortable au niveau vraiment du contact sur la peau, le poil. ça va être aussi inconfortable parce que ça va être instable et du coup le cheval va devoir en permanence gérer une instabilité et également on perd en précision au niveau des aides et de la communication.”

    Selle randonnée cheval : les étriers peuvent-ils avoir un impact sur le bien-être du cheval ?

    “Oui, complètement, ils vont avoir un impact indirect. Ils ont un impact sur le confort du cavalier (moins de douleurs avec certains étriers, plus de stabilité) et si le cavalier est mieux le cheval sera mieux. Le cavalier va mieux absorber les mouvements, va être plus léger en selle, plus stable et le cheval y gagner aussi.”

    As-tu un conseil à donner sur les fameuses sacoches qu’on emmène en rando ?

    “Idéalement, il faut des sacoches avec suffisamment de points d’attaches pour bien les attacher à l’arçon, que ce soit l’arçon qui porte le poids et surtout que la partie centrale ne viennent pas poser sur la colonne vertébrale, qu’on puisse la suspendre, la surélever sur l’arçon, sur le troussequin de la selle.

    Ensuite, niveau confort du cheval il faut que le tapis soit suffisamment grand pour qu’il couvre toute la surface sous la sacoche pour protéger les flancs du cheval.
    Un petit plus aussi en terme de confort : la partie contre le cheval, si elle est moelleuse, renforcée ou rigide c’est mieux dans le sens où si on met quelque chose d’un petit peu pointu il faut que ce soit amorti par cette partie là, donc soit un cuir rigide où le cheval va pas sentir qu’il y a une pointe dans la sacoche, soit quelque chose en mousse sur les sacoches synthétiques mais un peu épais. Si on a un cure-pied, qu’on n’ait pas la pointe du cure-pied qui vienne dans le flanc du cheval.”

     

    Un grand merci à Sonia pour ses réponses complètes, simples et claires sur le sujet des selles (selle randonnée cheval, selle dressage, selle obstacle, etc.).

  • Cheval chiens en balade : 17 astuces pour rassurer son cheval

    Cheval chiens en balade : 17 astuces pour rassurer son cheval

    Bonjour !
    Chiens, vélos, tracteurs, voitures, animaux sauvages… Les imprévus en balade sont nombreux et peuvent être source de stress. Recevez gratuitement le guide des 16 astuces pour rester serein et confiant en balade. 🙂

    Une balade tranquille sur un joli chemin, tout est calme, on est au pas.
    Et d’un coup cheval et cavalier sursautent en même temps : sorti de nulle part, sans crier gare, un chien se jette contre un portail ajouré en aboyant. Il est le gardien de la maison et il prend son travail un peu trop à cœur. Combien de fois cela m’est arrivé ? Je ne les compte plus et cette sensation avec Oural, à chaque fois que cela nous arrive : je sursaute de surprise et il sursaute en même temps que moi. On est surpris tous les deux.
    C’est le plus compliqué avec les chiens je trouve : cette imprévisibilité, ce surgissement totalement inattendu.

    De façon plus générale, il n’est pas rare qu’un cheval ait peur des chiens dans d’autres circonstances. 

    Pourtant, il va être important pour nous, les cavaliers de balade, d’habituer un maximum nos chevaux aux chiens tant on en croise en promenade vu que les chiens et leurs maitres aiment aussi beaucoup se promener.
    La plupart du temps heureusement, les maîtres ressortent la laisse ou prennent leur chien à côté d’eux pendant qu’on se croise mais ce n’est pas toujours le cas.

    Dans cet article, l’objectif est de lister des astuces pour habituer son cheval, sa jument, son poney à la présence des chiens en extérieur.

    Quelques pistes de réflexion

    Garder en tête cette imprévisibilité des chiens et des chevaux et la subjectivité des maitres (et des cavaliers !)

    S’en souvenir peut éviter certaines surprises. 

    Les chiens sont imprévisibles, ce sont des animaux. 

    Les maîtres vont aussi réagir différemment : certains feront très attention et reprendront leur chien en laisse ou les garderont à côté d’eux mais ce n’est pas le cas de tous. Nous aussi les cavaliers, nos réactions ont une part de subjectivité. 

    Les chevaux aussi peuvent être imprévisibles eux aussi. 

    Bref, quand on voit un chien au loin, on doit donc être sur ses gardes. Prévenir son cheval calmement est une bonne idée. Et être prêt à réagir rapidement et tranquillement si besoin pour assurer sa sécurité, celle de son cheval et celle du promeneur et de son chien. 

    Être conscient de tout ça permet d’être mieux préparé à des situations qui peuvent être un peu stressantes. 

    Le cheval est une proie

    C’est sans doute l’une des phrases dont il faut le plus tenir compte quand on se balade à cheval. Le cheval est une proie dans la nature. Il n’a pas la même perception que nous. Ses sens sont là pour observer attentivement autour de lui et si besoin fuir car la fuite est sa principale défense. La fuite, instinctive, lui a permis de survivre. Pour plus d’infos, vous pouvez aussi consulter mon article sur le résumé du livre Les Chevaux ne mentent jamais

    De l’autre côté, on a le chien, qui est en fait un descendant du loup (pour plus d’infos, le CNRS a publié un article très intéressant ici). Le chien peut donc être perçu par les chevaux comme une menace potentielle. À garder en tête donc quand on est cavalier ou qu’on possède un chien et qu’on croise des chevaux.

    Du coup, le mieux est de repérer d’assez loin le chien qui arrive (pas toujours possible) pour être alors attentif aux réactions de son cheval et réduire son stress et son anxiété en lui montrant qu’il n’est pas en danger et qu’on le protège.

    Les signaux d’un cheval stressé ou anxieux : 

    • oreilles en arrière
    • corps qui se tend
    • arrêt ou pas précipité et fébrile
    • fuite.

    Dans ce genre de cas, on en reparlera plus bas mais la voix est vraiment un allié pour rassurer son cheval.

    Faire disparaître la peur est quelque chose de complexe : peut-on vraiment supprimer une émotion innée comme celle-là ? Je ne crois pas. Ce qu’on peut faire c’est apprendre à gérer cette peur, y apporter une réponse mesurée pour ne pas se mettre en danger. Dans le cas du cheval : ne pas fuir au triple galop par exemple (réaction vraiment dangereuse) mais réussir à ce que le cheval reste connecté à son cavalier et à l’écoute. 

    instinct proie cheval

    Mener l’enquête

    Outre le fait que le chien descend du loup, pourquoi est-ce que mon cheval a peur des chiens ? 

    Si vous arrivez à trouver à partir de quel moment cette peur est survenue, si vous mettez le doigt sur l’expérience qui a mal tourné et a été stressante, vous pourrez régler le problème plus vite. C’est plus difficile quand on a un cheval dont on ne connaît pas les premières années, forcément. Mais le propriétaire précédent peut peut-être vous aider en vous donnant des informations importantes. 

    La peur peut venir de plusieurs choses : 

    • les aboiements 
    • l’imprévisibilité du chien 
    • l’apparition du chien, ses mouvements
    • peut-être même son odeur ?
    • le cheval considère le chien comme un prédateur.

    Comprendre cette peur devrait vous aider à l’apaiser chez votre cheval. 

    Et la réglementation pour les chiens en extérieur ? 

    Même si l’on n’a pas de chien, en tant que cavalier, il peut être intéressant de connaître les règles qui s’appliquent aux chiens dans les différents espaces où on peut les croiser. 

    Cet article récapitule les différentes possibilités. Celui-là est plus spécifique puisqu’il concerne les balades en forêt. 

    Par exemple, en forêt, il y a une distinction entre 

    • la période du 15 avril au 30 juin : le chien doit être tenu en laisse en dehors des allées forestières, routes et chemins
    • le reste de l’année le chien doit être sous la surveillance de son maître et ne pas se trouver à plus de 100 mètres de lui quel que soit l’endroit dans la forêt : chemin ou pas chemin. 

    La réglementation est donc plus stricte au printemps pour favoriser le repeuplement de la faune sauvage et éviter que des chiens n’attaquent d’autres espèces d’animaux à un moment crucial.

    Un autre point intéressant c’est le principe de divagation : sont divaguants :

    • des chiens sans surveillance dont le maître est hors de portée (il ne peut pas les rappeler)
    • des chiens éloignés de leur propriétaire de plus de 100 mètres.

    Il est notamment interdit de laisser divaguer son chien dans les terres cultivées ou non, les prés, les vignes, les vergers, les bois, les marais et sur le bord des cours d’eau, étangs et lacs.

    Et enfin, le propriétaire du chien est responsable des dommages que le chien peut causer à d’autres personnes ou à d’autres animaux domestiques.

    Si on devait conclure là dessus, 100 mètres ça fait une sacrée distance donc la réglementation n’est pas forcément terrible pour les cavaliers qui peuvent se retrouver à gérer un chien dont le propriétaire est quand même 100 mètres plus loin.

    Cheval chiens : dans le cocon de l’écurie

    Le chien de l’écurie

    Il y en a souvent un : c’est le chien du propriétaire du club ou du centre équestre, il est là pour monter la garde. Il connaît les chevaux par cœur, il est dressé pour justement ne pas les mettre dans des situations de stress ou de peur. Il a appris à vivre entouré de chevaux et il est donc le chien idéal pour commencer à habituer votre cheval aux chiens sans rien faire puisque vous le croisez dans l’écurie avec votre cheval de temps en temps et que votre cheval le voit sans doute aussi quand vous n’êtes pas là. 

    Ce chien habitue donc votre cheval à la présence canine quand vous êtes là mais aussi quand vous êtes en train de regarder un film sur votre canapé ou de faire les devoirs avec vos enfants. Il fait une partie du travail pour nous ! 

    L’idée est d’amener le chien dans l’environnement du cheval quotidiennement et le chien de l’écurie y participe activement.

    Faire vivre son cheval en extérieur

    Ce point va être assez court mais le fait d’avoir son cheval au pré ou dans de grands paddocks va lui permettre de se familiariser avec de nombreux animaux : il va voir passer des oiseaux, des chiens, des faisans, des biches, etc. 

    Ce bestiaire fait partie de sa vie, et en balade, s’il se retrouve nez à nez avec l’un de ces animaux il sera beaucoup plus calme.

    Là encore, on n’a pas besoin d’être là pour que son cheval découvre d’autres animaux.

    Le chien de la famille ou d’un ami 

    Il est bien dressé et vous le connaissez. Il va pouvoir aider votre cheval à être détendu en présence d’un chien.

    Selon le niveau de peur de votre cheval, il faudra peut-être juste d’abord balader le chien en laisse à côté de son paddock ou son pré : à bonne distance donc.

    Comment savoir si on peut passer à un autre exercice un peu plus proche ? Tout va dépendre de la réaction du cheval : s’il est calme, c’est bien, un second exercice plus proche peut être tenté la prochaine fois. Et bien sûr on félicite son cheval.

    Si le cheval admet d’avoir le chien assez proche, on peut tenter des situations apaisantes, quotidiennes et plaisantes en présence du chien. Quelques idées : 

    • brosser son cheval dans la zone de pansage avec le chien à côté (voir les règlements des différentes écuries en matière d’autorisation des chiens)
    • faire brouter son cheval.

    Bref, vous l’avez compris, on amène le chien dans des zones de confiance du cheval : l’écurie, le pré, et dans des moments agréables pour le cheval. Et on félicite, on récompense si le cheval garde son calme et accepte la présence du chien.

    Cheval, chiens : comment faire en balade !

    La balade en main

    C’est un moment idéal pour tranquilliser, rassurer son cheval et développer une complicité. Croiser un chien est un bon exercice et le mieux au début est de choisir des chemins assez larges pour qu’il soit possible de passer relativement loin du chien et de son maître. Cela permet une première approche moins stressante. 

    On peut essayer aussi de partir en balade en main avec le chien de la famille ou d’un ami. ça joint l’utile à l’agréable : tout le monde se promène ensemble.

    L’idée est de choisir un chien zen et qui est bien à l’écoute, forcément.

    Cheval, chiens : l’importance des rênes détendues

    L’un des gros pièges à cheval en balade est de vouloir diriger, stopper, gérer son cheval avec des rênes courtes : 

    • les rênes courtes transmettent la tension du cavalier au cheval
    • les rênes courtes sont une contrainte qui peuvent tendre le cheval
    • le cheval est gêné : il ne peut pas regarder comme il aimerait autour de lui alors que sa place de proie dans la nature lui rappelle sans cesse qu’il doit être aux aguets et observer attentivement son environnement. 

    Avec des rênes longues : 

    • le cheval voit que le cavalier est détendu : c’est donc qu’il n’y a rien à craindre
    • il a plus de liberté pour balancer son encolure et avoir un bon pas
    • il peut tourner la tête si besoin et donc se rassurer seul sur son environnement.

    Le cavalier et le cheval plus expérimenté 

    Peut-être que vous avez de la chance et que dans votre écurie il y a un cavalier qui sort régulièrement avec son cheval qui ne craint pas du tout les chiens. 

    Si c’est le cas, partir avec ce binôme fera un bien fou au votre : le cheval verra que croiser un chien ne cause pas de stress ou de peur pour ce cheval. Voilà de quoi être rassuré et emmagasiner de la confiance : en fait, croiser un chien avec son maître n’est pas une situation forcément dangereuse. 

    Cheval, chiens : y aller petit à petit 

    Pas forcément évident dans le cas du chien car on ne peut pas préparer sa balade en se disant : ok, aujourd’hui je vais croiser deux gentils chiens qui seront tenus en laisse pendant ma balade et c’est tout et la semaine prochaine j’en croiserai un tenu en laisse et un qui évoluera en liberté et les deux écouteront bien leur maître . 

    C’est plus facile d’étaler les difficultés pour d’autres sources de stress du cheval (le vent, les voitures). Mais on peut quand même essayer certaines choses : 

    • une balade plus courte qui permettra de croiser normalement moins de chiens
    • éviter les zones où on s’est rendu compte qu’on pouvait croiser de nombreux chiens
    • essayer de décaler ses balades : ne pas monter le week-end mais en semaine, quand moins de propriétaires de chiens sont présents sur les chemins
    • manoeuvrer pour ne pas avoir à trop s’approcher du chien qu’on croise (parfois c’est possible avec des chemins larges ou en se mettant dans les herbes sur le côté, on commence par croiser le chien d’un peu loin et c’est un bon début)

    Comme à chaque fois, il faut vraiment accepter d’être patient (y aller petit à petit, avec une graduation précise des exercices), travailler régulièrement et être persévérant. 

    Être le roc de son cheval

    La complicité entre un cheval et un cavalier évolue sans cesse, à chaque balade. 

    La bonne nouvelle c’est que si la peur est contagieuse, le calme l’est aussi ! 

    L’objectif du cavalier va donc être de montrer qu’il maîtrise les situations. Être rassurant et calmer pour donner au cheval confiance et sécurité même lors de situations qui pourraient être perçues comme inquiétantes.

    La voix me semble être l’un des éléments essentiels ici : parler calmement et avec autorité permet de rassurer le cheval de l’encourager aussi. Continuer à monter aussi comme d’habitude, pour lui montrer que tout va bien, que croiser un chien est une situation anodine.

    Oui mais comment réussir à garder son calme et rester le roc de son cheval en toutes circonstances pour gérer chaque situation de manière optimale et faire les bons choix ? Ce n’est pas simple mais plein de choses peuvent aider et c’est au fur et à mesure des années que notre liste va s’étoffer.

    Cheval, chiens : récompenser les passages qui se passent bien

    C’est ce qu’on appelle le renforcement positif : donner au cheval quelque chose d’agréable à chaque fois qu’il gère bien le croisement avec un chien par exemple. ça peut être une caresse, des félicitations orales ou même une carotte. Peu à peu, il va assimiler le croisement avec un chien à quelque chose de positif.

    Garder une distance de sécurité entre le chien et son cheval

    Ne pas hésiter à communiquer avec le propriétaire du chien : expliquer que le cheval est en train d’apprendre à cotoyer des chiens, qu’il faut donc qu’il contrôle bien son chien.

    S’écarter. Mais ne surtout pas faire demi tour : mauvais signal.

    Avec Oural, il m’est arrivé deux trois fois qu’on soit surpris tous les deux en même temps par un chien qui surgit de nulle part et se jette sur le grillage en aboyant férocement. On sursaute tous les deux et certaines fois il me fait un demi tour de peur. Dans ce cas je le rassure directement à la voix avec une caresse et je lui demande tout de suite de se remettre dans le bon sens. On passe d’un bon pas et le mouvement lui fait du bien : on s’écarte de l’endroit où est positionné le chien et il voit qu’on va réussir à partir sans qu’il ne se passe rien de dangereux.

    Cheval, chiens : que faire en présence d’un chien qui ne respecte pas les distances et/ou semble menaçant ?

    La badine / la cravache : bonne ou mauvaise idée ?

    J’ai vu passer à plusieurs reprises des récits de cavaliers et cavalières qui conseillent l’utilisation de la badine ou la cravache dans le cas (heureusement c’est rare) d’un chien menaçant. Faire tournoyer la badine en l’associant à une voix ferme qui demande au chien de déguerpir semble avoir parfois de bons résultats mais : 

    • attention car faire tournoyer la cravache en l’air peut être un élément de stress pour le cheval s’il n’a pas été habitué
    • cela peut exciter à mon avis certains chiens…

    Charger vers le chien 

    Là encore, de nombreux commentaires dans des groupes de balade à cheval vont dans le même sens : charger le chien dans les cas les plus problématiques permet normalement de faire peur au chien. Heureusement c’est un cas très rare car dans la plupart des cas, en ignorant simplement le chien tout se passe bien.

    Il y a deux mois par exemple, un chien de garde nous a rejoint sur un chemin et nous a suivi Oural et moi pendant bien 500 mètres. Que faire dans ce cas car le chien faisait clairement partie du genre de chiens qui me fait un peu peur (mais heureusement il ne montrait aucun signe d’agressivité). J’ai parié sur l’ignorance et tout s’est passé nickel. Le gros chien a finalement rebroussé chemin voyant qu’on n’avait strictement aucun intérêt pour lui. Bref, j’avais activé le mode fantôme. Je vous avoue que ce n’était clairement pas la meilleure partie de ma balade : ce genre de rencontre est quand même un peu stressante.

    Charger vers le chien c’est une autre possibilité. L’idée est d’avancer au pas ou au trot toujours face au chien (pour que le cheval puisse le voir et ne passe pas en mode proie en faisant demi-tour) pour le faire déguerpir quand il voit arriver un cheval de 500 kilos vers lui.

    Partir en avant

    Il y a deux ans, Oural et moi sommes tombés sur un chien assez menaçant qui est arrivé par derrière. Je l’ai vu arriver de loin en trottinant vers vous, il a commencé à grogner et s’est vraiment mis dans les pattes d’Oural en menaçant de le mordre.

    Je n’avais jamais réfléchi à quoi faire dans ce genre de situation puisque ça ne m’était tout simplement jamais arrivé. 

    Les propriétaires étaient très loin, mais vraiment loin. 

    J’ai crié au chien d’arrêter tout de suite. J’ai hurlé aux propriétaires de rappeler leur chien mais ils étaient tellement loin qu’ils ne m’ont pas entendu je pense.

    J’ai aussi fait signe au chien avec mes bras de partir. 

    Mais tout ça n’a rien changé. Il continuait de se caler dans nos pattes et j’avais peur qu’il blesse Oural.
    Finalement j’ai demandé à Oural de partir au trot. On est parti à un bon rythme et le chien n’a pas suivi. ça le faisait aller peut-être trop loin de ses maîtres qui étaient déjà très loin derrière ? En tout cas j’ai fait le choix de lui demander de partir en avant et ça c’est bien terminé (attention, ce n’est pas Oural qui a fui, la distinction est importante).

    Faire comme si de rien était

    C’est une autre solution possible dont j’ai déjà un peu parlé plus haut. Je vous montre un exemple de ce que ça peut donner ci-dessous où ça avait bien fonctionné : les chiens étaient curieux et étaient donc venus nous voir en gambadant. Heureusement c’était plutôt de la curiosité que de l’excitation ou un caractère menaçant du coup, continuer tout droit en rassurant simplement Oural avait très bien marché.


    Bref, selon la situation, l’une ou l’autre des possibilités sera la meilleure, mais c’est difficile de savoir laquelle : ça va dépendre de tellement de critères… Le lieu, le chien, le cheval, le cavalier, les maîtres, le contexte…

    Conclusion : cheval chiens, gérer sereinement quand on se croise en balade

    Comme à chaque fois (et c’est ça aussi qui fait la beauté de l’équitation d’extérieur), on se retrouve à devoir gérer de l’imprévisibilité et des émotions : 

    • nos émotions
    • celles de notre cheval
    • les émotions du chien
    • les émotions du maître.

    Et ça fait beaucoup. L’une des missions du cavalier, c’est donc d’être très observateur pour être prêt à analyser rapidement l’arrivée d’un chien comme un véritable enquêteur

    • quelle est son humeur ? 
    • quel est son niveau de dressage ?
    • le maître est-il dans les parages et a-t-il l’air de gérer ?
    • quelles sont les réactions de mon cheval (est-ce qu’il reste calme, est-ce qu’il commence à stresser ?)

    Toutes les réponses à ces questions vont dicter la réponse la plus appropriée à la situation. Et on a vu qu’il y avait énormément de possibilités.

    Si vous avez besoin d’aide et de planifier des séances de travail avec quelqu’un pour ne pas être seul, n’hésitez pas à vous rapprocher d’un moniteur ou d’un professionnel pour essayer de régler ce problème avec lui.

     

    À vos commentaires : avez-vous déjà vécu des situations stressantes avec des chiens en balade ? Et surtout comment vous vous en êtes sorti ?

  • Cheval stressé en balade : et si c’était le vent ?

    Cheval stressé en balade : et si c’était le vent ?

    Bonjour !
    Le vent peut tout changer en balade… mais ce n’est pas la seule source de stress. Ce guide gratuit vous propose 16 astuces concrètes pour rester zen, même quand les conditions se compliquent. 🙂

    Le vent et le cheval : expérience

    Quelques semaines après avoir choisi Oural comme compagnon de balade, on est parti en balade avec mon chéri un jour de météo pas terrible comme ça peut arriver à Rambouillet. Ciel gris, quelques averses et surtout quelques rafales de vent. C’était la fin de l’hiver. C’est ce jour-là que je me suis rendue compte assez vite que le vent rendait nerveux Oural. Il chauffait, il avait les oreilles dressées comme des i, attentif au moindre bruit. Sa sensibilité était exacerbée.
    Chaque cheval va avoir ses zones de crainte et de nervosité, il peut y avoir par exemple la peur des voitures ou encore la peur des chiens.
    On a travaillé ensemble là-dessus, et ça s’est réglé en quelques semaines.
    Trois ans après, nous voilà en Provence avec le mistral (qu’on appelle aussi le vent fou)  qui aime s’inviter dans nos balades et tout va bien depuis des années.

    L’objectif de cet article est double : 

    • j’avais envie de m’interroger sur le pourquoi de cette sensibilité au vent chez beaucoup de chevaux
    • et de vous partager comment avec Oural on a apprivoisé les facéties du vent.

    Comprendre son cheval

    Le cheval est une proie dans la nature.

    On regarde souvent le comportement du cheval avec notre prisme d’être humain. On n’y peut rien et je le fais aussi. Mais pourtant le cheval n’a pas la même perception des choses que nous. 

    Le cheval est une proie et ses sens sont différents des nôtres, adaptés à sa place de proie dans la nature.

    Sa principale défense est la fuite, une fuite rapide devant le danger (décidée rapidement grâce à ses sens très développés et rapide grâce à la vitesse de son galop). Et : 

    • pendant notre balade nous lui demandons pourtant de continuer à avancer,
    • se pose la question de comment fuir le vent : ce souffle invisible, ce possible ennemi fantomatique ?

    Les sens du cheval

    Le cheval scrute les alentours et engrange des informations grâce à : 

    • ses oreilles qui perçoivent des fréquences plus élevées que les nôtres (les jours de grand vent on peut d’ailleurs observer et voir qu’elles bougent beaucoup plus souvent que des jours sans vent)
    • ses yeux mais il faut se souvenir qu’il ne voit pas derrière lui et juste devant lui
    • ses narines avec un odorat fin et sensible.

    vent et balade à cheval

    Cheval stressé en balade : les effets du vent 

    Le vent va agir comme un amplificateur et un transformateur de bruits et d’odeurs.

    Le vent modifie la nature

    • il a le don de donner vie à un champ d’herbes hautes, aux feuilles sur les branches qui se mettent à bouger au rythme de ses rafales
    • il peut faire s’envoler des feuilles mortes ou (triste) des sacs plastiques

    Le vent crée différents bruits (et certains peuvent d’ailleurs nous surprendre nous aussi) : 

    • le bruit du vent lui-même (un murmure doux, un rugissement profond presque animal, un sifflement aigu ou une lamentation déchirante) qui peut masquer d’autres bruits que le cheval aimerait pourtant entendre pour comprendre son environnement
    • il fait craquer une branche ou battre les herbes entre elles 
    • des bruits que nous n’entendons pas mais que le cheval entend.

    Petit exemple en vidéo où je vous ai capturé le bruit des rafales de vent.

    Le vent est aussi un amplificateur et/ou un perturbateur d’odeurs pour le cheval : il lui apporte sans doute beaucoup d’odeurs à traiter en même temps, qui même si elles sont lointaines peuvent le rendre nerveux.

    Bref, un jour de vent, c’est la nature toute entière qui s’anime et peut brouiller les sens.

    On comprend mieux pourquoi un cheval peut se sentir vulnérable en temps venteux.
    Alors, comment le rassurer ?

    Apaiser un cheval nerveux par temps venteux 

    Donner à son cheval la possibilité de vivre en extérieur

    Un cheval est un animal, il est né pour vivre dehors. Quand on monte en extérieur (mais je pense dans toutes les disciplines), avoir son cheval au pré ou dans un grand paddock est une solution à énormément de problèmes.
    C’est vrai pour la question du vent et des chevaux et c’est logique.
    Un cheval au pré ou en paddock va être plus habitué au vent : à le sentir, à voir des branches bouger, à la différence d’un cheval en boxe qui aura peut-être la chance de voir des feuilles bouger de son boxe mais pas sûr.
    Avoir son cheval dehors va permettre de l’habituer au vent sans qu’on ait rien à faire. C’est une affaire entre le vent et le cheval.

    Cheval stressé en balade : le travail en main pour progresser

    Partir avec son cheval faire une petite balade à pied, juste en licol est je trouve toujours une bonne idée. Pourquoi ne pas essayer un jour où le vent souffle un peu pour commencer à travailler pendant un court moment la relation au vent ?
    On pense à réconforter, à féliciter, à rassurer, à caresser et à récompenser aussi avec quelques carottes. 

    Cheval stressé en balade : le lâcher en liberté avant de partir

    Dans un rond de longe ou une carrière, on laisse le cheval se défouler et s’habituer à l’extérieur et au vent avant de partir en balade.

    Cheval stressé en balade : associer au vent un petit bonheur

    Emmener son cheval brouter un jour de vent est une autre option à envisager : 

    • on travaille le relation entre le cheval et le cavalier dans un moment simple
    • le cheval pense à autre chose en broutant et se régale.

    Cheval stressé en balade : prendre l’habitude de sortir par temps venteux

    Pour réussir à apprivoiser le vent à cheval, il n’y a pas 36 solutions, il va falloir partir en promenade quand il y a du vent.
    Au départ, on se choisit un objectif assez simple, qu’on peut augmenter au fur et à mesure. Quelques exemples d’étapes : 

    • une balade courte de 45 minutes en terrain connu un jour où il n’y a pas trop de vent (des chemins qu’on connait par coeur)
    • refaire la même balade un jour de plus grand vent 
    • partir 1h30 un jour où il n’y a pas trop de vent et en terrain connu
    • partir 1h30 un jour où il n’y a pas trop de vent sur des chemins qu’on connaît moins.

    C’est ce que j’ai fait avec Oural et ça a bien fonctionné pour nous deux. On y est allé progressivement en prenant notre temps.

    En gros on peut jouer sur trois critères pour varier

    • notre connaissance des chemins (connaissance extrême ou connaissance moyenne ou moindre)
    • le temps passé
    • le degré de vent.

    Occuper l’esprit du cheval 

    Il y a un quatrième critère dont on pourrait parler c’est l’allure. À quelle allure faire ces balades ? Faut-il rester toujours au pas ? Le trotting est-il une bonne idée ? Et le galop ?

    Au début, le pas est une bonne allure. Elle permet de prendre son temps, de se détendre tout en étant attentif à l’environnement. Mais vouloir rester au pas coûte que coûte peut être aussi une mauvaise idée. Cela va vraiment dépendre du cheval et de son mood du moment. 

    Le trotting est une solution géniale pour mettre le cheval au travail et lui faire un peu oublier qu’il est regardant sur le vent. Un cheval nerveux, fébrile, peut s’apaiser après un trot de plusieurs minutes qui va lui permettre de se dépenser et de penser à autre chose.
    Pour le galop les jours de vent quand on a un cheval qui n’est pas serein avec le vent, mieux vaut reporter et en rester au pas et au trot. On travaillera au galop plus tard, quand le pas et le trot au calme un jour de vent sera acquis.

    trotting un jour de vent

    Cheval stressé en balade : le pouvoir des rênes longues

    Dans une situation un peu stressante, en tant que cavalier, on a souvent le réflexe de reprendre les rênes comme pour essayer de reprendre le contrôle en quelque sorte. Et c’est souvent contre-productif. Si le vent stresse notre cheval et qu’on reprend les rênes, on le prive de son mouvement de tête et d’encolure qu’il a rênes longues (possibilité de regarder un peu à droite, à gauche pour se rassurer seul) et on lui envoie un message qui peut être stressant : il est en train de se passer quelque chose, c’est le moment d’être sur ses gardes et c’est peut-être dangereux.

    Le graal du second cavalier dont le cheval n’est pas embêté par le vent

    Pour calmer et habituer un cheval un peu sur l’œil les jours de vent, c’est top aussi. On sort à deux ou trois et les chevaux des autres cavaliers n’ont pas ou plus (ou savent en tout cas gérer) cette sensibilité au vent.
    Le groupe peut vraiment rassurer le cheval qui est avant tout un animal grégaire. Encore faut-il que ce soit un groupe avec des chevaux calmes. Si les chevaux sont tous énervés, ça peut être totalement contre-productif donc il faut bien choisir avec qui on part.
    On pourrait dire : mieux vaut partir seul que mal accompagné si vous voyez ce que je veux dire.

    Cheval stressé en balade : être un cavalier rassurant et détendu

    C’est l’élément le plus important avec le lieu de vie du cheval (pré, paddock : en extérieur) à mon avis.

    Même si le vent ne nous enchante pas et peut nous énerver ou nous stresser nous aussi, il va falloir garder ses sentiments pour soi pour ne pas les communiquer à son cheval (sinon c’est un cercle vicieux qui démarre : tu es tendu, je suis tendu, on est tendu). Les chevaux ressentent les émotions de leur cavalier.
    On est un peu comme un capitaine de bateau ou le gardien d’un phare. On est là pour naviguer, diriger, éclairer.

    L’idée est donc : 

    • d’être attentif à son environnement et aux réactions de son cheval
    • d’être calme et confiant
    • de respirer tranquillement, calmement
    • de caresser pour rassurer et féliciter
    • de parler pour rassurer et féliciter avec un ton calme et rassurant (oui je sais j’insiste sur certains mots mais ils sont tellement importants)
    • de mettre en sourdine son stress ou sa tension pour ne pas la communiquer à son cheval.

    L’objectif étant le suivant : montrer au cheval qu’avec nous il est en sécurité. 

    Être cavalier c’est savoir se remettre en question et accomplir un vrai travail sur soi-même, le graal étant d’essayer de trouver cet équilibre entre calme, sérénité et une réelle attention pour savoir être réactif si besoin et décider si à cet endroit précis il y a un potentiel danger.

    Cela veut parfois dire rebrousser chemin… Il n’y a pas trop de rapport avec le vent, mais il y a quelques semaines, on explorait avec Oural de l’autre côté de la rivière et à un moment donné, au milieu du chemin je vois un pont avec des cylindres au sol. Première fois que je vois ça en balade, on s’approche avec Oural pour regarder et voir si on peut passer ou pas. Et franchement ce que j’ai vu ne m’a pas plu. ça m’a paru dangereux et j’ai su qu’il fallait rebrousser chemin. Autant dire qu’Oural a senti direct que quelque chose n’allait pas : est-ce que c’était à cause de moi ? Est-ce que c’était lui ? Sans doute un mélange des deux. Bref, on a rebroussé chemin et en rentrant j’ai cherché le nom de ce machin. C’était un passage canadien pour éviter aux gros animaux de passer.

    Je ne vais pas faire passer à mon cheval un endroit qui me semble dangereux. Je veux le tenir éloigné du danger alors là je ne passe pas. Donc il y a cet équilibre aussi à trouver : quelle est notre limite, quelle est notre définition du danger ? Et là on voit que monter à cheval devient vraiment philosophique.

    Choisir de rebrousser chemin à certains moments montre aussi à son cheval qu’on est là pour assurer sa sécurité et ne pas prendre des risques inconsidérés. Je ne sais pas ce que vous en pensez ?

    Il faut se faire confiance et cette confiance elle s’acquiert au fur et à mesure, et elle peut se fissurer à n’importe quel moment, à nous de la consolider la fois suivante, et encore la fois d’après, et encore, et encore.
    Et c’est en se faisant confiance que notre cheval va apprendre à nous faire confiance et à se sentir en sécurité avec nous. C’est un travail sur le long terme. Des semaines. Des mois. Des années. 

    Savoir rester en sécurité 

    Ce n’est pas parce qu’on travaille l’acceptation du vent en balade avec son cheval qu’il faut sortir par tous les temps : on a vu plus haut qu’il fallait proposer au cheval des choses d’abord assez simples pour qu’il se sente en confiance donc l’idée n’est pas de sortir explorer un nouvel endroit pendant une demi-journée avec des rafales à 50 kilomètres par heure dès la première fois. On sort quand il y a un peu moins de vent et on adapte son itinéraire avec des chemins connus et un peu moins exposés aux vents pour commencer.

    Regarder la météo avant de partir est une bonne habitude à prendre : s’il y a des alertes en cours, on remet sa balade à un autre jour. Même si le vent est invisible il a de sacrés pouvoirs : 

    • il peut être très désagréable pour le cavalier (vous sentez cette rafale qu’on se prend parfois en plein visage comme une claque et qui l’espace d’une seconde nous empêche de respirer ?) comme pour le cheval
    • il peut faire tomber des branches d’arbre, en forêt comme en plaine et mieux vaut ne pas être dessous.

    À nous de trouver le point d’équilibre entre sécurité et potentiel danger pour savoir remettre notre promenade à plus tard quand c’est nécessaire.

    En conclusion sur le cheval stressé en balade à cause du vent

    En enquêtant sur le vent, je suis tombée sur un mot que je ne connaissais pas : la météoropathie.
    Voici la définition : étude des rapports entre les conditions et phénomènes météorologiques et la pathologie humaine ou animale.
    Je suis tombée sur le sujet via cet article vraiment intéressant sur le vent. Le vent peut jouer un rôle sur notre état mental, sans forcément qu’on s’en aperçoive.
    Nous aussi on a donc une certaine sensibilité au vent, qui va varier selon les personnes.

    Et en même temps, n’oublions pas la poésie du vent. De cette petite brise qui caresse doucement un champ de blé qui devient mer. De ce petit vent chaud qui nous amène des odeurs de plantes aromatiques. Le vent c’est aussi ça.

    vent champ

    N’hésitez pas à partager les expériences de vos balades ventées ci-dessous.

  • Tapis randonnée cheval : 6 questions/réponses pour bien le choisir

    Tapis randonnée cheval : 6 questions/réponses pour bien le choisir

    Bonjour !
    Si vous aimez l’équitation d’extérieur, vous voudrez sans doute lire le guide des 16 astuces simples pour réussir ses balades à cheval. Cliquez ici pour télécharger le guide gratuitement ! 🙂

    Quand on pense aux choix du tapis de balade, de nombreux critères peuvent entrer en compte : critères morphologiques, pratique (balade/rando, dressage, obstacle, etc.) esthétiques ou encore financier.
    Dans cet article, on va s’intéresser surtout au choix du tapis en fonction des critères morphologiques du cheval et de notre discipline préférée :  les sorties en extérieur

    Haut garrot ou petit garrot ? 

    C’est la première question à se poser pour trouver le bon tapis. 

    La première chose à faire est de regarder le dos de son cheval. A-t-il un garrot proéminent, haut ? Ou au contraire un garrot assez bas ? En observant cela vous saurez quel tapis sera adapté à votre cheval

    • un tapis très dégarroté à l’avant pour les chevaux à haut garrot
    • un tapis avec une coupe plus droite pour les chevaux au garrot plus bas.

    Je vous montre ci-dessous l’exemple avec Oural : le tapis noir n’est pas adapté à sa morphologie et le tapis bleu est adapté parce qu’il suit la courbe de son dos.
    Vous pouvez faire l’exercice avec votre cheval pour voir si le tapis ou les tapis que vous utilisez correspondent à la courbe de son dos.
    C’est simple mais on en parle assez peu et on y pense pas forcément.

    tapis rando garrot hauttapis garrot bas

    Bon à savoir : il est important aussi que le tapis soit un peu dégarrotté à l’arrière pour éviter des points de pression à l’arrière de la selle et laisser la colonne vertébrale dégagée.
    On le voit dans la forme du tapis bleu : à l’arrière il remonte un tout petit peu.

    Tapis randonnée cheval : chabraque ou tapis qui suit la forme de la selle ?

    Il y a deux grandes formes de tapis : 

    • le chabraque, rectangulaire qui est le plus classiquement utilisé
    • et le tapis aux contours de la selle.

    Pour les balades et les randos, on choisit le chabraque : plus grand il protège le dos du cheval et permet de ne pas faire frotter la bagagerie (sacoches).

    Le tapis à poches, est-ce une bonne idée ?

    C’est une bonne idée pour mettre des choses légères dedans : un peu de corde, un cure-pied, un licol léger, une petite bouteille d’eau.
    Il faut faire attention à deux choses : 

    • ne pas trop remplir les poches
    • mettre un poids équilibré sur chacune des poches.

    Avec le tapis à poches, c’est le cheval qui porte en direct le poids des poches à l’arrière tandis qu’utiliser des sacoches fixées à la selle permet de mieux répartir le poids et d’éviter l’effet brinquebalant qu’il peut y avoir avec des tapis à poches lors des allures.
    Pour en savoir plus sur les marques de tapis à poches, c’est par ici.

    Bref, pour résumer : si vous partez sans besoin de grand chose pour quelques heures, le tapis à poches suffit. Si vous souhaitez partir avec votre pique-nique, de l’anti moustique, la crème solaire, deux bouteilles d’eau, un cure-pied, une brosse et des hipposandales au cas où, il faudra se tourner vers les sacoches à fixer sur la selle.

    Tapis randonnée cheval : La taille du tapis

    Il y a généralement 3 tailles de tapis : 

    • taille poney
    • taille cheval 
    • taille grand cheval.

    Le tapis à la bonne taille c’est celui qui ne couvre pas les reins et qui en même temps est assez grand pour éviter des points de pression ou des frottements pour le dos du cheval. 

    Pour Oural, la taille du milieu : taille cheval, fonctionne bien.
    Exemple chez Ronzon Legend : 

    • tapis cheval classique : 52cm hauteur x 60cm longueur de dos 
    • tapis pour grand cheval : 57cm hauteur x 70cm longueur de dos.

    Pour la question de l’épaisseur, il est conseillé d’utiliser des tapis fins pour ne pas risquer de compromettre la bonne taille de la selle.
    L’idée c’est qu’on a une paire de chaussures à sa taille (la selle) et qu’on cherche donc des chaussettes pas trop épaisses (le tapis) pour ne pas se retrouver trop serré (désagréable sensation qu’on a tous déjà vécu au moins une fois non ?).

    Tapis randonnée cheval : quelle matière privilégier pour des balades à cheval ?

    Plusieurs matières sont utilisées pour les tapis d’équitation : 

    • le coton
    • la laine
    • les matières synthétiques comme le polyester 
    • la peau de mouton.

    Les tapis de selle en coton

    Le coton est facile d’entretien : il se nettoie à la machine.
    Il est aussi intéressant parce que c’est une matière naturelle, respirante et hypoallergénique.

    Son seul défaut : il se mouille très vite au contact de la sueur du cheval et met du temps à sécher.
    Pour les balades ou randos à cheval cela peut être gênant : 

    • imaginons une forte transpiration du cheval ou la pluie, alors le tapis mettra du temps à sécher et cela peut être embêtant si vous devez repartir par exemple après une pause déjeuner 
    • si vous êtes partis pour une balade de 4 heures et que votre cheval transpire assez vite, cela peut devenir inconfortable pour lui les trois heures suivantes et peut risquer de le blesser (risque de frottement avec l’humidité)
    • de manière générale, votre selle a plus de risques de s’imprégner de la sueur de votre cheval. 

    Pour éviter ça, vous pouvez opter pour le tapis de selle en coton nid d’abeille : ses alvéoles permettent d’être plus respirant, d’évacuer la transpiration. Il sèche aussi plus vite. Ce sont des tapis sur lesquels on voit un motif en relief : ces fameuses alvéoles. Pour l’extérieur c’est donc une bonne idée mais votre tapis sera quand même mouillé.

    Les tapis de selle en laine 

    Ils sont un choix intéressant pour l’extérieur : 

    • la laine absorbe plus facilement l’humidité (sueur du cheval, pluie)
    • c’est un isolant qui protège du chaud et du froid
    • ce sont des tapis solides
    • matière naturelle, la laine est hypoallergénique 
    • un peu plus épais, ils amortissent mieux les chocs et offrent un confort au cheval et au cavalier.

    Par contre, la laine et les machines à laver le linge ne font pas bon ménage (je pense à ma belle robe en laine qui m’arrive maintenant aux fesses et à un pull que j’adorais qui a rapetissé en taille 10 ans après une malencontreuse machine) alors il est préférable de nettoyer soi-même son tapis (brosse pour enlever la poussière, les poils, jet d’eau ou lessive laine à la main dans un deuxième temps).
    Autre inconvénient : le prix élevé.

    C’est la laine que je teste en ce moment avec le tapis Ronzon Legend Woolrider. A la première balade j’ai été tout simplement impressionnée de la différence : le tapis était sec après 2h30 d’extérieur alors que précédemment avec des tapis en coton ou synthétiques, j’étais habituée à des tapis un peu mouillés.

    Les matières synthétiques comme le polyester pour les tapis d’équitation

    Ce sont des tapis solides, légers, peu chers et faciles d’entretien (ils passent à la machine sans souci).
    L’inconvénient principal : ces tapis ont une absorption limitée de l’humidité. Pour des longues balades ou des balades par temps chaud ce n’est pas le mieux.

    Un exemple de tapis : le Décathlon tapis de selle équitation randonnée cheval. Actuellement en rupture de stock, je m’en suis servie plusieurs années quand j’étais à Rambouillet. Composé à 65% de polyester et 35 de coton, il m’a été bien utile. C’est un tapis à poches donc on met des choses légères dedans pour ne pas gêner le cheval. Comme il est bien dégarrotté, il correspond bien à Oural. S’il était de nouveau en stock, je pense que j’en rachèterais un pour avoir un tapis de secours par rapport au Ronzon legend. Mais je ne pourrais pas l’utiliser pendant les mois les plus chauds je pense, même en montant tôt le matin ou tard le soir (trop de transpiration).

    La peau de mouton pour son tapis de selle

    Ce sont des tapis confortables, hypoallergéniques,  qui réduisent les points de pression et les frottements et amortissent les chocs.
    Ils sont respirants ce qui permet une bonne circulation de l’air sous la selle et absorbent bien l’humidité gardant le dos du cheval sec. Ce sont des tapis qu’on garde longtemps.

    Les deux inconvénients, comme pour les tapis en laine, sont le prix élevé et l’entretien qui nécessite du temps (brossage pour éliminer les poils et la saleté incrustée, nettoyage à la main). Je n’ai jamais testé encore mais ça paraît être un bon choix de matière pour l’extérieur.

    Tapis randonnée cheval : quelle couleur pour mon tapis de balade ?

    Une couleur voyante c’est pas mal ! Idéale pour la saison de la chasse qui dure presque la moitié de l’année. Quand on peut choisir, des couleurs comme le rouge, le bleu, le violet, le jaune permettent d’être bien visibles en extérieur.
    Les goûts jouent un rôle aussi, on ne va pas se le cacher : on est plus attiré par telle ou telle couleur alors autant se faire plaisir. D’ailleurs, vous n’avez qu’à regarder la couleur de mon nouveau tapis pour connaitre ma couleur préférée !

    Tapis randonnée cheval : conclusion

    Le choix d’un tapis n’est pas si anodin que ça. On pense souvent à la selle, mais le tapis a un grand rôle à jouer aussi : après tout c’est lui qui se retrouve en direct avec le dos de notre cheval.
    Inconfortable, il risque de blesser ou de provoquer des gênes et de l’énervement.

    C’est ça qui est intéressant aussi quand on monte à cheval : se poser des questions sur le matériel qu’on utilise et essayer de trouver ce qui va être le plus adapté à son cheval et à sa pratique de l’équitation, tout en suivant son porte-monnaie. Assez souvent, on manque de temps et c’est difficile de se renseigner sur l’ensemble du matériel sans y passer des heures, j’espère avec ce blog vous faire gagner un peu de temps.

    Un matériel qui correspond à son cheval c’est un cheval plus détendu. Et idem pour nous d’ailleurs : trouvons des affaires dans lesquelles on est confortable pour se sentir bien et au maximum de nos capacités quand on part en balade à cheval, que ce soit à pied ou à cheval.
    C’est un peu comme une recette de cuisine : est-ce qu’on met un peu plus de sel ? Est-ce qu’on ajoute du gingembre ? Est-ce qu’on choisit plutôt des pommes de terre ou des pâtes ? De la viande ou du poisson ? Une cuisson au four ou dans une marmite ? On cherche sa recette idéale. Celle qui va nous plaire à nous et à notre famille. On cherche notre promenade à cheval idéale, celle pendant laquelle on est heureux et notre cheval aussi. Et le choix du matériel fait définitivement partie des ingrédients de la recette.

  • Selles équitation : comment se passe un rendez-vous avec une saddle fitter ?

    Selles équitation : comment se passe un rendez-vous avec une saddle fitter ?

    Bonjour !
    Si vous aimez l’équitation d’extérieur, vous voudrez sans doute lire le guide des 16 astuces simples pour réussir ses balades à cheval. Cliquez ici pour télécharger le guide gratuitement ! 🙂

    Avec Oural, on a la même selle depuis plus de 10 ans. À l’époque, j’avais fait plusieurs essais de selle, auparavant on avait mesuré le dos d’Oural.
    Après 4-5 essais de différentes selles sur un mois ou deux, c’est une selle Trec de Forestier qu’on a choisi (j’avais testé aussi Wintec, Gaston Mercier et JMS).

    À l’époque, on entendait encore très peu parler des saddle fitters. Aujourd’hui on connaît un peu plus en France ces professionnels du monde du cheval dont l’objectif est de trouver pour chaque cheval une selle qui corresponde à sa morphologie et qui soit aussi confortable pour le cavalier et en adéquation avec les disciplines que le couple pratique.

    Le saddle fitter a donc une connaissance approfondie de l’anatomie des chevaux, de la biomécanique et des multiples types de selles qui existent.

    Une selle inadaptée au cheval peut causer de nombreux problèmes : 

    • inconfort du cheval 
    • douleurs, blessures
    • compromettre la sécurité du cavalier
    • et la santé du cheval.

    L’objectif de cet article : vous raconter les étapes d’un premier rendez-vous avec un saddle fitter.

    Mais d’abord, à quel moment peut-on avoir besoin d’un ou d’une saddle fitter ? 

    Quelques éléments de réponse :

    • au moment de l’achat d’un cheval, pour être sûr de lui trouver une selle adaptée à sa morphologie 
    • pour faire une visite de contrôle de sa selle (plusieurs années avec sa selle, morphologie du cheval qui a un peu changé avec les années, doutes, etc.)
    • lors des changements de rythme de travail (débourrage, reprise du travail après une convalescence, etc.)
    • lors d’un changement de mode de vie.

    Au niveau du prix, prévoir entre 70 et 120 euros pour une séance avec un saddle fitter.

    Qu’est-ce qu’une selle idéale pour son cheval ?

    C’est une selle qui va être confortable pour le cheval, adaptée à sa morphologie, 

    • en répartissant le poids du cavalier sur une surface large sans point de pression
    • en dégageant la colonne vertébrale du cheval et son garrot
    • en veillant à ce que les reins (la partie lombaire du dos) soient dégagés 
    • en laissant la mobilité à la scapula (l’os de l’épaule), cela veut donc dire qu’il faut faire attention à ne pas mettre la selle trop en avant).

    Selles équitation et rdv saddle fitter : discuter de son cheval 

    Dans un premier temps, le ou la saddle fitter va avoir besoin d’informations sur le cheval et le cavalier : 

    • âge, 
    • histoire, 
    • mode de vie (boxe, paddock, pré)
    • alimentation
    • santé générale et blessures qu’il a pu avoir, santé générale,
    • pieds (fer, pieds nus, soucis aux pieds)
    •  discipline pratiquée et à quel rythme
    • suivi vétérinaire/dentaire/ostéo

    Ces informations vont lui permettre d’avoir une première idée générale des deux concernés dans l’affaire : le cheval et le cavalier.
    Toutes ces données ont une influence sur la locomotion ou la posture du cheval, elles sont donc intéressantes à connaître pour le ou la saddle fitter.

    Selles équitation et rdv saddle fitter : prendre les mesures

    Le saddle fitter vient avec ce qu’on appelle un flexicurve (ou autre outil de mesure). Cet outil permet de réaliser des mesures techniques du dos pour construire ensuite un schéma de sa topographie.

    mesurer le dos du cheval avec un flexicurve

    On mesure : 

    • la longueur maximale dont on dispose sur le dos du cheval pour connaître la longueur maximum de selle possible 
    • la forme du  garrot : espace pour bouger sur les côtés et en hauteur.
    • La forme du dos plus loin sous le siège
    • La ligne de dos.

    Grâce à ces mesures, on peut donc savoir par exemple quelle va être la longueur maximale d’une selle adaptée (là elle est dessinée sur le dos d’Oural).

    saddle fitter taille selle dos cheval

    Ces mesures vont donner des croquis comme celui ci-dessous. Sur l’exemple, on voit deux mesures à trois mois d’intervalle avec un changement de morphologie. 

    flexicurve mesure cheval

    En parallèle, ce contrôle physique permet de voir s’il existe des signaux d’inconfort, des tensions, des sensibilités sur le corps du cheval. Exemple : poser sa main le long du passage de sangle pour voir la réaction du cheval. 

    Selles équitation et rdv saddle fitter : essai du matériel du cavalier 

    Essai de la selle en statique

    On essaie donc en statique le ou les tapis, la selle, la sangle, l’amortisseur s’il y en a un. Le ou la saddle fitter donne son avis sur le matériel en expliquant ses propos.

    Quelques points importants que vous pouvez observer quand vous préparez votre cheval : 

    • la scapula doit être laissée libre par la selle sinon elle est trop en avant et va gêner le cheval
    • la ligne du tapis doit ressembler à la ligne du dos du cheval ( un cheval avec un garrot haut aura donc besoin d’un tapis très dégarroté et non d’un tapis droit)
    • sur le tapis, bien vérifier aussi que le liseré (ou cordelette) du tapis cesse au niveau du passage de sangle pour éviter qu’il crée un point de pression
    • privilégier les tapis sans poches et prendre à la place des sacoches fixées à la selle : c’est la selle qui portera et uniformisera le poids plutôt que le cheval qui porte le poids des sacoches.
    • quand on a mis la selle, regarder s’il y a au moins 4 doigts entre le garrot et la selle, c’est le bon espace minimum à avoir (pensez y quand vous essayer une selle).

    Les signes d’une selle pas adaptée

    Il existe de nombreux signes qui peuvent laisser penser que la selle n’est pas adaptée : 

    • des poils blancs sur le dos, sur une surface qui évolue
    • une atrophie du trapèze qui marque une posture de compensation (vu sur Oural malheureusement)
    • des creux ou bosses
    • une morphologie peu harmonieuse
    • le bas de l’encolure plus musclé que le haut de l’encolure
    • un cheval souvent tête haute
    • un ventre distendu bien que le cheval ne soit pas gros
    • un cheval qui s’énerve, couche les oreilles quand on pose la selle sur son dos 
    • au retour de balade une transpiration qui n’est pas uniforme sous le tapis et la selle 
    • un cheval qui se défend (coups de cul,  fouaille, ouvre la bouche, claque des dents)
    • un cheval stressé, craintif, etc. 

    La question de la sangle 

    On a parlé du tapis qui doit être adapté à la morphologie du cheval.
    On peut aussi aborder la question de la sangle : les sangles à élastiques n’étaient pas recommandées par la professionnelle car cela rend instable le matériel (selle, étriers). Elle conseillait donc plutôt une sangle sans élastique. 

    Selles équitation et rdv saddle fitter : proposition d’essai d’un matériel plus adapté

    Si le matériel peut être optimisé, le ou la saddle fitter va vous proposer de régler votre selle (arcade, matelassure quand la selle le permet), sinon d’essayer une selle et un tapis différents. Pas de chance, ma selle Forestier n’est pas réglable, je vais donc essayer une autre selle.

    Pour un cheval à haut garrot et du loisir, de la balade à cheval, quelques marques intéressantes dont j’ai retenu les noms : 

    • Thorowgood avec la possibilité d’ajouter ou de supprimer de la laine pour modeler la selle et des arcades modifiables
    • Loxley.

    J’ai essayé une selle Thorowgood lors de la séance, au pas et au trot. Je ne connaissais pas du tout cette marque, connaissant plutôt les marques françaises : Forestier, Gaston Mercier et JMS.
    La bonne surprise c’est qu’en synthétique elle coûte un peu moins de 1000 euros. En cuir elle est plus chère, forcément. Il reste à voir les contraintes budgétaires de chacun car cela reste un gros budget.

    selles equitation

    Les préconisations du saddle fitter

    Il s’agit de la conclusion du rendez-vous. Le saddle fitter va vous proposer une ou plusieurs préconisations par rapport à votre matériel. 

    Dans mon cas il y a eu deux propositions : 

    • changement de selle pour avoir une selle parfaitement adaptée à Oural (et changement du tapis)
    • la proposition compromis avec le changement de tapis et la fin des tapis à poches (choix d’un tapis très dégarrotté sans sacoche et achat de sacoches qui se fixent à la selle). 

    J’ai privilégié le second choix pour plusieurs raisons : question de budget, âge d’Oural (22 ans), notre emploi du temps avec au final assez peu de sorties en selle (3 ou 4 par mois de deux ou trois heures). Ce choix n’a pas été évident et je me suis posée pas mal de questions. Je savais qu’il fallait que je fasse des changements suite au rendez-vous, mais sur quels changements me décider c’était plus compliqué. J’en ai discuté avec le vétérinaire d’Oural aussi, j’ai réfléchi et pris une décision.

    J’ai donc investi dans l’achat d’un tapis Ronzon bien dégarrotté.
    Et de sacoches qui seront fixées à la selle.

    Selles équitation et rdv saddle fitter : conclusion

    Ce rendez-vous avec une saddle fitter m’a appris plein de choses sur la morphologie de mon cheval et les différents types de selles d’équitation et de tapis

    Je ne le savais pas mais on parle aussi des bit fitters : les professionnels spécialisés dans l’ajustement et le choix du mors et du filet pour le cheval.

    Depuis quelques années, on pense davantage au confort du cheval et si c’est une bonne chose pour le cheval, c’est aussi une bonne chose pour le cavalier. Un cheval confortable, c’est un cheval forcément plus à l’écoute et plus zen.
    Je prends un exemple très humain mais je le trouve parlant : notre humeur et nos capacités physiques ne seront pas les mêmes si on passe la journée avec des chaussures dans lesquelles on est bien ou des chaussures qui nous font mal au pied. Un pull tout doux ou un pull qui nous gratte et nous fait des plaques rouges.

    L’idée va être donc, selon ses moyens financiers et ses possibilités, d’essayer de trouver les accessoires les mieux adaptés à son cheval (et qui vont donc varier d’un cheval à l’autre) sans oublier de penser aux autres éléments de confort du cheval comme par exemple un environnement qui correspond au mieux à ses besoins

    Merci à Sonia Platon pour le temps pris à observer Oural et à m’expliquer avec des mots très simples le métier de saddle fitter.

  • Pourquoi je monte rênes longues en balade

    Pourquoi je monte rênes longues en balade

    Bonjour !
    Si vous aimez l’équitation d’extérieur, vous voudrez sans doute lire mon guide des 16 astuces simples pour réussir ses balades à cheval. Cliquez ici pour télécharger le guide gratuitement ! 🙂

    On connait tous l’expression  “les bricoleurs du dimanche”,  ce “du dimanche” qui renvoie à un profil plutôt amateuriste, à une sorte d’inexpérience. Si maintenant on posait la question : le cavalier de balade est-il un cavalier du dimanche ?
    Vous imaginez bien que je ne vais pas répondre oui à la question mais regardons d’abord les apparences avec deux photos ci-dessous : une photo quand je montais en carrière et en manège et que je faisais du dressage, de la mise en selle et du saut (la photo date d’il y a 15 ans), et une photo d’il y a quelques mois où je suis rênes longues et je tiens mes rênes à une main. On ne voit pas mon autre main mais elle est posée tranquillou sur ma cuisse droite.

    renes ajustees au pasrenes longues en promenade

    Derrière les apparences

    En apparence, je suis complètement détente sur ma photo de balade (rênes longues, jambes qui n’agissent pas) et assez active sur ma photo en manège (rênes ajustées, on voit que j’ai les jambes au contact).
    L’idée aujourd’hui est d’aller au delà des apparences pour montrer que les cavaliers de balade ont pour eux un panel d’actions qui se révèlent très différentes des actions en carrière et en manège.
    Il s’agit de deux équitations différentes, il n’ y en a pas une meilleure que l’autre, il s’agit juste de s’adapter à sa discipline et à son cheval tout en le travaillant dans le sens de l’activité choisie.

    Comment je monte maintenant dehors

    Je monte maintenant rênes longues la plupart du temps (je dirais 90% du temps), avec les rênes dans une main. L’autre est tranquillou, libre. Très pratique pour boire de l’eau ou regarder les prochains chemins sur mon téléphone. C’est vrai que quand je quitte l’écurie, on pourrait se dire que je pars peinarde, à la cool et que mon Oural ne va pas travailler. C’est en parti vrai, mais pas complètement.
    Pour le trot, il m’arrive d’être les rênes assez détendues aussi, ou un peu plus au contact, cela dépend (trotter les rênes détendues, en pleine nature, sans pression, c’est une sensation géniale aussi).

    Assez souvent, quand je qualifie la façon dont je monte maintenant ce sont des mots en fait plutôt négatifs pour dire en réalité (je pense) quelque chose de positif. Il m’est souvent arrivée de dire que j’étais comme un fantôme sur Oural, ou alors assez flemmarde (je ne fais quasiment rien maintenant quand je monte à cheval, j’utilise très peu les aides classiques, notamment les mains et les jambes), cela pourrait aussi s’apparenter à de la nonchalance, à une certaine passivité.
    Ces mots négatifs, il viennent notamment du fait que je compare ma façon de monter de maintenant en extérieur aux bases classiques que j’ai appris en carrière et en manège.

    Mettez un cavalier en cours de dressage rênes longues pendant 90% de la séance, le moniteur lui demandera sûrement de se réveiller et d’ajuster ses rênes ou lui dira que ça y est les vacances sont terminées !
    Mettez un cavalier en promenade les rênes ajustées quasiment tout du long, le cheval et le cavalier risquent d’avoir un coup de chaud et d’expérimenter l’effet cocotte minute.
    Adapter son équitation au lieu où on la pratique et à la discipline choisie semble donc une première piste.

    Cet article est aussi une façon de chercher des mots positifs pour cette nouvelle façon de monter qui arrive en troisième position et que je compare donc inévitablement aux deux premières (classique et western).

    Par quoi remplacer flemmarde et passive ? Par énergie intérieure

    Par quoi remplacer nonchalance ? Par zénitude ? Sérénité ? Décontraction ? Tranquillité avisée

    En fait, je suis vraiment détendue pendant mes balades, mais j’ai toujours une oreille attentive à ce qui se passe dans les alentours et à ce que fait mon cheval. Il peut y avoir un écart par exemple, et si je suis comme un chamallow sur mon cheval, molle et endormie, je risque bien de me retrouver par terre. J’ai toujours un coin de pensée aux aguets, une attitude en apparence endormie mais en fait réveillée. Il y a les apparences, et derrière les apparences.

    Comment m’est venue cette façon de monter rênes longues ?

     

    Non, ce n’est pas Maximus dans Raiponce qui m’a donné l’idée de monter rênes longues mais j’adore le voir dans le film flairer le sol tout à fait librement !
    Les quelques semaines que j’ai passé dans un ranch au fin fond du Nevada sont un premier élément de réponse. Avec les cowboys, j’ai réappris à monter à cheval, j’ai découvert une autre sorte d’équitation. Je me rappelle très bien mon premier galop : j’étais ravie de galoper avec comme seule barrière l’horizon devant moi mais en fait, j’étais rêne longue et je ne savais pas du tout comment arrêter ce super galop.
    Cette sensation était grisante mais effrayante en même temps : on peut être galop 6 et pourtant être perdue du haut de sa monture. Belle leçon d’humilité. Il y a plusieurs façons de dresser un cheval, au cavalier de s’adapter et de faire ensuite évoluer sa monture s’il le souhaite, selon sa discipline.

    Le deuxième déclencheur a été de découvrir qu’en fait ma passion pour l’équitation changeait. Je n’avais plus envie de tourner en rond, j’avais envie d’aller tout droit !
    En parallèle, j’ai continué les cours en manège et le weekend, on allait dans la forêt de Rambouillet monter à cheval. Et puis un jour d’hiver, je ne suis pas allée à mon cours dans le centre équestre. La semaine suivante non plus. Mais je suis retournée à Rambouillet.

    cheval flaire une piste

    L’équitation et ses disciplines

    Un grand nombre de disciplines

    L’équitation est un sport en fait très général, avec de nombreuses disciplines

    • dressage
    • CSO
    • voltige
    • balade et randonnées à cheval
    • l’équitation western
    • cirque équestre 
    • tir à l’arc à cheval
    • l’attelage
    • les courses
    • l’endurance
    • le Trec (techniques de randonnée équestre de compétition)
    • le horseball
    • le travail à pied
    • le polo
    • les pony games
    • l’equifeel (exercices ludique à pied)
    • l’equifun (parcours ludique chronométré à cheval), etc.

    En plus de ça, vous pouvez avoir une attirance plutôt pour la compétition ou pour le loisir.
    Les envies changent souvent au fil des années : adolescente j’étais mordue de compétition de CSO. Maintenant, j’ai envie d’une équitation de loisirs, en extérieur, avec pourquoi pas quelques challenges, mais une chose est sûre, pas de compétition officielle.

    Et ce qui est génial c’est que selon que vous faites de l’équitation western ou du tir à l’arc à cheval, ou de la voltige ou de la randonnée, vous n’allez pas monter de la même façon.

    Monter à cheval c’est s’adapter : 

    • au lieu dans lequel on monte,
    • au type d’activité qu’on réalise avec son cheval,
    • au cheval qu’on monte.

    Ce que j’appelle ma nonchalance, ma flemmardise étaient en fait une façon de m’adapter à ma nouvelle pratique de l’équitation et à mon cheval.

    J’ai très vite compris qu’avec Oural, avoir les rênes ajustées était la meilleure façon de l’énerver, de le mettre mal à l’aise, de le faire trottiner, grincer des dents, etc.
    À l’inverse, rênes longues, il s’apaise tout de suite tout en gardant son  énergie avec un pas dynamique. Dès que j’ai compris ça, je suis montée rênes longues, en mode un peu fantomatique : très peu de main, très peu de jambes, mais une utilisation de l’assiette, du poids du corps (accompagnement du cheval, buste en arrière, en avant, en équilibre, etc.) et de mes doigts que je serre sur les rênes sans tirer.

    Pour ralentir, par exemple, je mets mon poids du corps un peu en arrière, je sers les doigts sur les rênes, je lève un peu les mains. 

    Il nous a fallu assez peu de temps pour nous comprendre tous les deux, une seule balade en fait, et c’est pour ça que très vite, j’ai compris que ce cheval était pour moi le meilleur cheval du monde. J’espère être pour lui la meilleure cavalière possible.

    L’équitation dite classique : un socle

    Assez souvent, l’équitation « classique » est ce qu’on va apprendre en premier et avoir les rênes ajustées est l’un des premiers apprentissages du cavalier. On apprend aussi à développer l’ensemble des aides : jambe au contact et pressions pour avancer, assiette qui suit de plus en plus le cheval, travail sur le poids du corps, apprentissage des rênes d’ouverture, des rênes d’appuis, trotter enlevé, arrêter le cheval, partir au galop, travail de la souplesse du cheval avec les déplacements de hanche, les sessions à la jambe, etc. L’équitation classique est très riche et j’ai adoré l’apprendre.

    Quand on passe à la balade à cheval, tout ce qu’on a appris en équitation classique est donc un vrai +, une base solide : on connait déjà l’univers du cheval et ses allures, les différentes aides, les réactions du cheval, on a une bonne assiette, un bon équilibre.

    Mais les années passées en manège et en carrière peuvent aussi se révéler être une difficulté : pas évident en effet de tenter les rênes longues quand on a appris à les avoir ajustées 90% du temps. Pas évident non plus de penser à l’option « descendre de cheval » pour faciliter certains passages en extérieur. Pour le second, je dois avouer que même encore aujourd’hui je n’ai pas toujours l’automatisme !
    Pourtant, ce sont deux actions qui constituent pour moi la base de l’équitation d’extérieur.

    Pratiquer plusieurs disciplines avec son cheval ou son poney ? 

    C’est bien sûr possible et un cheval, dans sa vie, va en général en pratiquer plus d’une.
    Oural est un trotteur, tout jeune il a donc fait des courses de trot. Avec lui je fais de la balade et de la randonnée exclusivement en ce moment, mais on a fait aussi du dressage, un peu d’obstacle et du travail à pied notamment en liberté.
    Un cheval d’extérieur ou une jument d’extérieur peut donc faire du dressage et de l’obstacle, tout comme un cheval d’obstacle peut faire de la balade ou un cheval de dressage tester le tir à l’arc avec son cavalier. C’est même enrichissant et relativement amusant pour les chevaux comme pour le cavalier d’essayer différentes disciplines.
    Selon le cheval et le cavalier, il va falloir plus ou moins d’entrainement et de nuances dans la façon de monter : certains chevaux habitués au manège se feront très vite à la monte rêne longue des balades et cela va les détendre, d’autres seront étonnés de ce changement abrupt qui pourrait les perturber, les stresser, l’idée est donc de tester, et de voir comment votre cheval réagit.

    cavaliere et cheval a pied
    Quand je montais à poney et à cheval en club, je faisais beaucoup d’obstacle et de dressage, mais j’ai testé aussi des stages de pony games, de polo et de horse ball, et c’était avec les mêmes chevaux et poneys.
    J’aime bien l’idée de tester différentes disciplines pour voir ce qui plait au cavalier et au cheval, et aussi quelles sont les prédispositions.
    C’est un peu comme avec les enfants : je trouve super de leur faire tester différents sports au départ pour les aider à trouver ce qui va leur plaire et le sport pour lequel ils auront peut-être plus de facilités.

    Selon les disciplines qu’on pratique, notre façon de monter change et s’adapte et avec un peu d’entrainement, le cheval peut comprendre et passer de l’un à l’autre sans problème : il s’adapte aussi. Pour cela il va suivre plusieurs indicateurs :

    • le lieu
    • le matériel (obstacles, licol, filet, ballon, sacoches, etc.)
    • le comportement du cavalier.

    Pourquoi les rênes longues en balade sont vraiment intéressantes

    Ma lecture des vacances était passionnante : j’ai découvert Le Cheval d’extérieur de Véronique de Saint Vaulry. Ce livre est une mine d’or, qui mettait des mots sur certaines sensations que j’avais, sur des actions instinctives que je réalisais sans jamais les analyser. Ce qui est sûr c’est que je vous reparlerai de ce livre dans plusieurs articles. 

    Après l’avoir lu, je peux vous lister plus précisément les avantages des rênes longues en balade : 

    • la tête dégagée, le cheval peut regarder partout, il est donc plus serein car il se sait libre de ses mouvements, il sait que sa vision n’est pas limitée par la main du cavalier
    • si besoin le cheval peut flairer quelque chose qui l’intrigue, une bonne façon d’apprivoiser la nouveauté et de travailler sur la curiosité
    • le cheval est plus confortable, son mouvement de balancier n’est pas gêné par la main du cavalier, il n’y a pas de tension
    • sa respiration est plus libre
    • s’il trébuche il ne subira pas d’à-coups de la main du cavalier et pourra de lui même se rattraper et donc travailler son équilibre
    • il peut chasser une mouche qui l’embête plus facilement en bougeant la tête
    • le cavalier peut faire d’autres choses comme il est rêne longue et tient le bout des rênes dans une main (jeter un oeil sur l’itinéraire par exemple). Attention, je ne dis pas de faire un picnic sur le dos de votre cheval ou de lire Harry Potter ;-).

    Pour connaitre la marque de mes rênes, vous pouvez consulter cet article. A l’époque, j’avais eu du mal à trouver des rênes vraiment longues. D’ailleurs, de nombreux cavaliers créent même leurs propres rênes.

    Petite vidéo maintenant pour vous montrer ce que ça donne en images, au pas, pendant une balade. Vous allez voir, l’ambiance est détendue, calme, sereine. Les rênes longues apaisent : pas de tension, pas de pression, et la possibilité pour le cheval de regarder autour de lui, de chasser les mouches si besoin.
    Attention, cela ne veut pas dire pour autant que je ne suis pas concentrée sur la route et sur les potentiels éléments dangereux auxquels on pourrait se retrouver confrontés.

    Le pas libre de Véronique de Saint Vaulry avec les rênes longues

    C’est l’allure de base de la promenade : “L’attitude apparaît d’elle-même, quand la liberté d’encolure se combine avec le balancement de l’allure. Il faut donc travailler à se faire oublier : les rênes tenues à la couture décrivent un bel arrondi et la main est posée à proximité du garrot. Les jambes sont relaxées et passives. L’assiette, détendue, balance de droite à gauche avec le mouvement des postérieurs… Autant le corps du cavalier est passif, autant son cerveau doit rester actif.” 

    Je préfère ici la citation plutôt que de reformuler car ces mots ont vraiment eu un écho en moi. “se faire oublier”, “passivité” : encore des termes à connotation négative pour parler en fait de libertés. Liberté d’allure du cheval, liberté du cavalier qui décide de faire confiance à son cheval, de lui donner le premier rôle, tout en étant prêt à le reprendre s’il le faut.

    L’équitation est un sport de nuances. Un sport avec tellement de disciplines. Tellement de cavaliers tous différents, tellement de chevaux tous différents. La solution qui va à l’un n’ira pas à l’autre, mais avec une petite nuance ajoutée ça pourra fonctionner. 
    Alors si on devait résumer quelle est la bonne façon de monter à cheval de manière très très très très générale, je dirais que c’est un cheval et un cavalier à l’aise et en sécurité qui s’adaptent l’un à l’autre tout en s’adaptant à leur discipline et au lieu dans lequel ils évoluent. Tout simplement.

    Et vous, êtes-vous adepte des rênes longues pendant vos balades ?

  • Le cheval qui a peur des voitures

    Le cheval qui a peur des voitures

    Bonjour !
    Un cheval qui réagit aux voitures, ce n’est pas rare… et ce n’est pas le seul défi en extérieur. Téléchargez gratuitement le guide des 16 conseils pour vivre des balades à cheval plus sereines. 🙂

    Une balade à cheval sans croiser de voitures c’est plutôt rare à notre époque. Que ce soit à Rambouillet, à Sausset les Pins ou à Ventabren qui sont les trois endroits où je me suis le plus baladée à cheval, je n’ai pas fait une seule balade sans croiser de voitures. Dans le Luberon on a aussi croisé des voitures, pareil en Camargue. Il est rare, en fait, de faire des promenades à cheval en pleine nature sans jamais croiser de véhicules à moteur.

    Là où cela peut poser problème, c’est si votre cheval, votre poney ou votre jument a peur des voitures. Vos randonnées équestres ou vos promenades à cheval peuvent alors devenir compliquées.

    On l’oublie parfois, mais chevaux et poneys, à l’état sauvage, sont du côté des proies et leur défense principale est la fuite pour se protéger. Un cheval qui a peur, c’est normal. Cela peut lui arriver comme cela nous arrive à nous. Et apeuré, le cheval va suivre son instinct premier : souvent la fuite.
    La peur des voitures peut venir à tout moment : cela peut arriver à un jeune cheval mais aussi à un cheval adulte après avoir vécu une mauvaise expérience.

    Dans cet article, j’ai compilé plusieurs conseils et astuces pour habituer le cheval aux voitures, aux motos, aux camions. L’objectif c’est que le cheval réussisse tout comme le cavalier à gérer cette peur, pour qu’elle s’atténue ou disparaisse.

    Vous pouvez consulter mon article sur le code de la route à cheval pour en savoir plus sur la signalisation concernant les chevaux sur les routes et les règles auxquelles cavaliers et chevaux sont soumis. C’est toujours rassurant de bien connaitre ces règles, et on va le voir, en tant que cavalier il va falloir qu’on soit confiant et rassuré pour rassurer à notre tour notre cheval.

    Quelques conseils pour les cavaliers 

    Un travail sur la durée

    Il va falloir travailler et cela va prendre du temps.
    Travailler souvent, lors de séances courtes car c’est en croisant des voitures que le cheval va peu à peu s’habituer et se détendre petit à petit.
    Calme et patience seront vos deux alliés et avant de faire des exercices à cheval, il y a de nombreuses idées d’exercices en liberté et à pied pour démarrer.

    Comprendre pourquoi mon cheval a peur des voitures

    C’est toujours mieux d’avoir une idée des raisons pour lesquelles votre cheval a peur. Est-ce qu’il a eu une mauvaise expérience avec les voitures ? Est-ce qu’il n’en a presque jamais vu et est donc surpris, apeuré à la vue de cette chose qu’il ne connaît pas ? Quel est son degré de peur : petite peur de temps en temps s’il est surpris, peur moyenne, peur totale ?
    Ensuite, on peut essayer de se demander qu’est-ce qui fait peur exactement au cheval :

    • l’objet en lui-même : la vue de la voiture
    • le bruit de la voiture
    • l’odeur de la voiture
    • les mouvements de la voiture (quand elle arrive par devant, quand elle arrive par derrière)
    • le package voiture dans sa globalité.

    Pour vos premiers exercices, commencez facile : une voiture à l’arrêt ça fera déjà très bien l’affaire. Les prochains jours vous pourrez la faire démarrer pour corser un peu l’exercice, puis la faire bouger grâce à un ami qui peut vous aider à habituer le cheval.

    Etre zen et détendu (même si ce n’est pas facile)

    C’est souvent plus facile à dire qu’à faire mais le cavalier doit être détendu, zen, tranquille pour rassurer son cheval au maximum. En d’autres termes, on ne peut pas avoir peur quand on monte à cheval, ou en tout cas, le cheval ne doit pas sentir notre peur.
    Si quand une voiture arrive le cavalier monte en tension et se contracte, le cheval va le sentir et risque de stresser et se crisper aussi.
    L’idée n’est pas de se voiler la face devant le potentiel danger mais de tenter de rassurer votre cheval au maximum pour que ce « potentiel danger » pour lui devienne « un truc normal ».

    L’idée est d’essayer de rester décontracté pour que le cheval comprenne qu’il s’agit d’une situation normale. Je parle beaucoup à mon cheval et dans ce genre de cas, je lui dis des choses de ce type “ Regarde Oural, on a une voiture qui arrive tu vois, comme la dernière fois, donc on reste bien sur le côté ».
    Au moindre signe de décontraction, je le félicite. L’idée est qu’il comprenne qu’en étant décontracté, tout va bien se passer. Pourquoi pas aussi lui donner des friandises pour le féliciter mais je dois avouer que je le fais très peu à cheval.

    Plus vous allez partir en extérieur avec votre cheval, plus vous allez créer un rapport de confiance avec lui. Cette confiance va être essentielle, parce qu’elle va vous rassurer vous et rassurer votre cheval en même temps.

    La voiture qui fait partie du paysage

    Le premier objectif ne va pas être de travailler à cheval, ni de travailler à pied. ça va plutôt être d’amener les voitures dans l’environnement du cheval pour l’habituer. L’idée c’est que la moto, la voiture ou le camion doit être un élément classique, un élément habituel dans le paysage de votre cheval, de votre jument ou de votre poney.

    habituer le cheval aux camions

    Quelques idées :

    • changer de pré quand c’est possible pour avoir un pré plus proche de la route : les voitures font partie intégrante de sa vie, de loin, et votre cheval sera plus vite serein s’il voit que les chevaux à côté ne réagissent pas quand les voitures passent
    • amener une voiture dans le pré de votre cheval, cela peut être l’occasion de l’habituer, plus près, à la forme des voitures, au fait qu’elle roule mais sans être dangereuse et pourquoi pas avoir mis dans le coffre la ration de nourriture du matin ou du soir : nourrir près des choses effrayantes va permettre de dédramatiser et la présence de la voiture sera associée à un bon moment
    • trouver un paddock  ou un box plus proche du parking de l’écurie comme ça le cheval va assister au ballet des voitures et motos qui arrivent, se garent, etc.

    Cela permet de commencer tout doucement à travailler et le cheval, comme il est en liberté, peut lui même doser sa réponse : si c’est trop d’émotion, si la voiture est trop proche, il peut s’écarter de lui-même.
    Observez : comment réagit le cheval quand il a peur ? Fuite au galop ? Demi-tour ? Ecart ?

    cheval au bord d'une route

    Le cheval qui a peur des voitures : quel travail à pied spécifique ? 

    Une autre possibilité que vous avez réside dans le travail à pied et là encore vous avez plein d’exercices possibles.

    L’idéal est de faire déjà pas mal d’exercices en terrain connu et en sécurité donc à l’écurie ou au centre équestre et au pas au début.

    Quelques idées :

    • aller visiter le parking des voitures avec votre cheval, y marcher, le laisser s’imprégner des odeurs, sentir les voitures (hum cette bonne odeur d’essence ou de diesel), le laisser voir la voiture arrêter, puis dans un second temps entendre la voiture démarrer, ouvrir et fermer une portière etc pour qu’il s’acclimate aux bruits des voitures
    • faire brouter votre cheval à côté d’une voiture, pour qu’il associe la voiture à un moment sympathique (manger)
    • se promener sur la route de l’écurie ou du centre équestre pour croiser de temps en temps des voitures, en rassurant son cheval, en le caressant, pourquoi pas même demander à un ami de conduire la voiture pour répéter l’exercice plusieurs fois et pourquoi pas féliciter votre cheval avec des pommes ou des carottes que le conducteur donnera tout en étant encore au volant
    • sur la route de l’écurie ou de votre ferme équestre, tester toutes les possibilités : la voiture qui arrive par devant, celle qui arrive par derrière, celle qui arrive par le côté, suivre une voiture pendant un moment, se croiser, faire un bout de la route côte à côte etc.

    Pour se sentir en confiance et en sécurité, le cheval a besoin de sentir qu’il peut bouger sans contrainte sa tête pour voir la situation à laquelle il doit faire face, du coup pensez à ne pas le tenir trop serré, la longe doit être assez lâche.

    Si tout se passe bien à l’écurie, c’est le moment de tester dehors lors d’une petite balade à pied. Vous pouvez aussi corser l’exercice en faisant l’exercice dans l’écurie mais cette fois-ci au trot.

    Pour en savoir plus sur le travail à pied (TAP), vous pouvez lire l’article sur la méthode PAD de Véronique de Saint Vaulry.

    travailler le cheval qui a peur des voitures

    Le cheval qui a peur des voitures : astuces pour vos balades 

    La première astuce, qui aide à tous les coups si les chevaux ont peur de quelque chose en particulier, c’est de partir avec un cheval qui n’a pas cette peur et va se mettre devant pour leader la balade.

    Ensuite, quand vous devez longer ou traverser une route, pensez toujours à demander aux automobilistes de ralentir en leur faisant signe.

    Pensez à chaque fois à prévenir le cheval qu’une voiture arrive, surtout si elle arrive par derrière. C’est une info à donner de façon neutre au cheval, pour qu’il ne soit pas surpris. Je n’hésite pas aussi à le caresser pour le rassurer tout en lui parlant. Et évidemment, le cavalier doit rester zen et détendu pour aider le cheval à être lui même zen et détendu.

    Se faire aider 

    Les livres spécialisés

    Je vous conseille les livres de Véronique de Saint Vaulry, une cavalière passionnée par la psychologie du cheval, qui a écrit notamment “Le cheval d’extérieur, l’éduquer, le dresser”. 

    Dans Cheval Magazine, en septembre 2001 elle a écrit un article sur le sujet : “Apprivoiser la circulation”. Dans cet article, elle donne une technique simple à suivre par le cavalier face à ce que le cheval considère comme un danger  :

    • trouver une aire spacieuse pour s’écarter de la chaussée (pas toujours facile mais parfois faisable, ça dépend de là où on est)
    • orienter sa monture face au danger pour qu’elle puisse voir le danger, détendre les rênes pour qu’elle se sente libre de regarder comme elle souhaite le véhicule en approche
    • faire pivoter le cheval pour qu’il reste face au danger quand la voiture passe, il doit continuer à la voir
    • ne pas hésiter à caresser et rassurer le cheval à chaque étape et garder son calme.

    La technique ci-dessus fonctionne pour des chevaux qui ont dit-elle “une peur modérée”.

    Se faire aider par un cavalier plus expérimenté 

    Parfois cela peut être intéressant aussi de donner la main à un autre cavalier. Il peut y avoir des cavaliers galops 6 ou 7 en demande de monter d’autres chevaux pour s’entraîner, qui pourraient donc essayer d’habituer votre cheval aux voitures.
    Confier son cheval à un autre cavalier n’est pas chose facile, à vrai dire je ne l’ai jamais fait… Et si je devais le faire, je prévoirais d’être là au moins les deux ou trois premières séances.

    Se faire aider par un professionnel

    Une autre solution, c’est de rencontrer un professionnel qui pourrait désensibiliser votre cheval pour qu’il n’ait plus peur des voitures, motos et camions.
    Les exercices qu’on a vus plus haut sont des exercices de désensibilisation, mais si vous manquez de temps ou d’expérience ou si votre cheval a vraiment très peur, il peut être intéressant et nécessaire de demander de l’aide à un professionnel.
    La désensibilisation, c’est l’action d’habituer le cheval à un stimulus répété. Dans notre cas ce stimulus c’est la présence des voitures. L’objectif est que lorsque la voiture passe, le cheval réussisse à contrôler ses émotions, à dépasser sa peur.
    L’idée est d’y aller vraiment progressivement mais souvent pour ne pas braquer le cheval et toujours finir la séance par un succès. 

    Si la peur est profonde, l’aide d’un professionnel est vraiment un grand atout parce qu’il a déjà utilisé la méthode plusieurs fois et peut donc savoir plus facilement à quel moment arrêter le stimuli pour ne pas braquer le cheval. En gros, il faut savoir doser, et respecter la capacité du cheval à affronter ses peurs.

     

    Est-ce que votre cheval a déjà eu peur des voitures ? Sinon, de quoi peut-il avoir peur en promenade ? Racontez-moi 🙂
    Avec Oural, c’est les chiens de temps en temps qui surgissent par surprise et nous font sursauter tous les deux en même temps.